Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à lapresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Samedi 6 mars 2010 | Mise en ligne à 21h00 | Commenter Commentaires (14)

    Parlant d’Alice…

    Dans sa critique vidéo d’Alice in Wonderland, Marc-André Lussier parle d’une «communauté d’esprit évidente avec le film d’animation qu’avait tiré de ce conte le grand cinéaste tchèque Jan Švankmajer il y a une vingtaine d’années».

    Voilà une affirmation pour le moins surprenante. Et si c’est bien le cas, si Tim Burton réussit à répliquer l’atmosphère glauque, baroque et franchement cauchemardesque d’Alice (1988), on parle de la production Disney de loin la plus perturbante de l’histoire du studio. De grâce, cachez les enfants!


    • Je crois que votre collègue y est allé un peu fort. Il perd beaucoup de crédibilité lorsqu’il affirme avoir adoré Alice, mais détesté Avatar.

    • @ lavoieqc

      Ce n’est pas une question de «crédibilité», plutôt de goût.

    • Bien entendu, le film de Burton n’est pas aussi cauchemardesque que le chef d’œuvre de Svankmajer. Après tout, il s’agit là d’une superproduction visant à attirer le plus large public possible. Cela dit, on sent dans la démarche du réalisateur une volonté de ramener les contes de Carroll dans des zones plus sombres, beaucoup plus baroques que celles que visitent habituellement les films produits par Disney. D’où cette «communauté d’esprit». Alice qui marche sur des cadavres? Mais qu’en penserait l’oncle Walt? Aussi, je maintiens que les jeunes enfants ne devraient pas être exposés à ce film.

    • Je ne peux être d’accord avec cette affirmation. Sauf exception, depuis Ed Wood (sa dernière excellente réalisation) en 1994, Tim Burton vise l’esthétisme et pas l’histoire, et cela recommence avec son dernier long métrage, visuellement impeccable, mais assez vide et lisse.

      Contrairement à l’excellent film tchèque, la nouvelle version manque singulièrement d’âme, de personnalité, de vision et de magie. Comme si Burton (qui avait juré de ne plus travailler avec Disney) était sur le pilote automatique et qu’il n’osait plus prendre de risques… ou qu’on lui avait dit de ne pas le faire. Bien sûr, le passage mentionné (lorsque Alice marche sur des cadavres) est sombre et baroque, mais c’est à peu près le seul endroit du long métrage.

      Pour le reste, c’est un essai dynamique et sans temps mort, mais sans moment fort non plus. Et pour ce qui est de Johnny Depp, son interprétation ne change guère de film en film, son chapelier est aussi fou qu’une brebis éloignée de son troupeau. Du côté d’Alice, on n’en parle même pas tant elle est fade…

      Mais bon, ce qui est étrange, c’est que Burton est tellement le chouchou des critiques que de titres en titres, tout le monde continue à utiliser des adjectifs comme «génial», le comparant même à Lewis Carroll dans ce cas-ci (sauf un ou deux noms dans la presse anglophone). Désolé, mais Alice, tout comme Charlie et la chocolaterie, Sweeney Todd, etc., sont très loin d’un Ed Wood ou d’un Edward aux mains d’argent.

    • tim burton et johnny deppe sont un peu des one trick poney

    • ah non, alors là pas du tout. Je ne comprends ni ce qu’il y a de subversif, ni cette supposée communauté d’esprit avec Svankmajer. C’est carrément l’un des pires films de Burton (quoique je n’ai pas vu sa Planète des Singes), le seul intérêt est dans la direction artistique, mais pour ça il n’y a qu’à regarder les photos de production. Les enjeux du scénario sont tellement faibles: la mme Alice est supposée apprendre durant son périple à prendre sa vie en main, à devenir elle-même, etc., comme dans tout bon conte pour enfants où les sorties dans l’imaginaire amènent les protagonistes à grandir, à devenir adulte, etc. Déjà, la recette est connue, mais Burton n’arrive même pas à l’utiliser adéquatement: dès le départ, Alice est montrée comme une jeune fille frondeuse et indépendante, elle semble avoir dès l’abord toutes les qualités qu’elle est va “apprendre”. En ressortant de son trou, elle est pratiquement la même. Et là il n’y a pas de subversion des codes du conte pour enfant, comme Jonze les a utilisé dans son magnifique dernier film, seulement un mauvais scénario. Il y a plein de dialogues qui parlent du développement d’Alice, qui disent de contrôler son destin et sa vie, qui la questionne sur son identité, mais rien n’est développé, c’est rapidement mis de côté pour passer à l’action, elle-même banale. Les livres de Carroll sont vraiment plus subversifs, avec leurs déconstructions du langage et leurs jeux de logique, les éléments les plus importants de l’oeuvre de Carroll qui sont toujours laissés de côté, sauf chez Svankmajer justement, qui réussit à les mettre en scène sans dialogue. Et comme dit chihiro, même si la direction artistique est assez inventive, par moment sublime (des textures de fourrure ou de vêtements entre autres), il n’y a aucune personnalité, encore moins de vision. Je ne comprends pas où est l’intérêt de refaire encore Alice en en restant à une simple aventure sans conséquence qui présentent des péripéties n’ayant absolument rien à voir avec Carroll.

    • L’ai pas vu encore, mais j’ai lu les critiques montréalaises sur le film, les francophones de la Presse, journal de MTL,etc. ont apprécier, mais les anglos du Mirror ou The hour ont dit comme boff, ca m’a fait penser au film M.Brook avec Kevin Costner, a l’époque c’était les francohpones qui avaient trouver ca platte, mais les anglos avaient bien aimer,bizarre.

    • J’ai hâte de voir le nouveau Alice. C’est une histoire que j’ai toujours aimé.

      Par contre ma crainte c’est que ce soit trop Burton et pas assez Carroll. J’aime bien Tim Burton mais à la longue on dirait que ses films finissent par se ressembler. Mais bon, je vais attendre de le voir avant de critiquer.

      Pour Avatar et bien je fais parti de ceux qui ont été déçu.

      Quand les premières critiques ont sorties ont disait que le scénario était faible et je me disais que c’était probablement des critiques injustifiées de la part de journalistes snobs mais finalement ils avaient raison.

      Visuellement c’est assez spectaculaire mais après 45 minutes on sait exactement ou le film s’en va et on n’a aucune surprise par la suite. C’est un bon film mais disons que c’est loin d’accoter des films comme Star Wars, The Matrix ou même le dernier Star Trek.

    • J’ai lu 3 fois Alice in Wonderland;la première quand j’avais 9 ans , 2eme à 20 ans et la 3eme l’an dernier. Chaque fois j’ai eu froid à lire et je crois Burton a su bien remplir son mandat.

    • @lavoieqc

      Avatar; j’ai jamais vu un film aussi superficiel que ça.

    • @Marc-André Lussier: «Alice qui marche sur des cadavres? Mais qu’en penserait l’oncle Walt?»

      Il avait pourtant proposé une vision de l’enfer assez inquiétante dans Fantasia !

      À revoir : http://www.youtube.com/watch?v=V8Ca_edg6RE

    • @ pierre79

      En effet, tout est dans l’enveloppe.

    • Une très bonne adaptation de l’oeuvre par Tim Burton. Pas excellent mais très bon. Et j’ai amené mes enfants de 5, 7 et 11 ans et ils ont adorés. Allez-y, traitez moi de père indigne d’exposer mes enfants à cette oeuvre trop tordu pour leurs pauvres petits esprits. C’est beaucoup mieux de voir Histoire de Jouets, comme ça on est certain qu’ils ne réfléchiront pas trop! Et pour ce qui est des scènes qui “font peur”, c’est franchement moins pire que les Spiderman, 4 fantastiques et cie.

      Certains éléments de l’histoire d’Alice ont été amputés afin d’en faire un film quand même familial mais c’est bien réussi.

    • Tout ca me donne envie de fêter mon non anniversaire !

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