Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Cinéma québécois’

Le Mardi 2 février 2010 | Mise en ligne à 16h35 | Commenter Commentaires (106)

Navets de la décennie : en attendant les Aurore…

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Les Razzie Awards, cette cérémonie satirique qui récompense annuellement les pires films américains depuis 1980, décernera le 6 mars prochain (la veille des Oscars) le prix du plus grand navet de la décennie. Les candidats sont : Battlefield Earth, Freddy Got Fingered, Gigli, I Know Who Killed Me, et Swept Away.

Le pendant québécois des Razzie sont les prix Aurore, une délicieuse création de Jean-René Dufort et de l’équipe d’Infoman diffusée par Radio-Canada depuis 2007. (C’est Cruising Bar 2 qui a obtenu la distinction du «Meilleur pire film» l’année dernière). On ne sait pas encore si, pour leur prochaine édition, les Aurore étendront l’exercice à l’ensemble des années 2000. En attendant, rien ne nous empêche d’y aller avec nos suggestions.

Vous aurez compris que mon choix s’est arrêté sur Roméo et Juliette d’Yves Desgagnés, un véritable non-film; complètement dénué d’idées, de drame et d’esprit. Un concept qui aurait peut-être pu engendrer, et ce de manière le moindrement satisfaisante, un épisode télévisuel d’une demi-heure à Vrak TV…

J’ajouterais une mention déshonorable au Piège américain de Charles Binamé/Fabienne Larouche. L’envergure de ce fiasco n’a d’égal que l’ambition initiale de ses créateurs (mon analyse ici).

Mais sinon, je dois admettre que je ne suis pas la référence idéale en matière de navets québécois, me contentant des avertissements d’amis ayant subi d’apparents supplices tels Les Dangereux, Ma tante Aline, Camping sauvage, Mambo Italiano, Le survenant, Elvis Gratton XXX et autres Cadavres.

À votre tour maintenant. Bien hâte de voir si un titre saura se démarquer.

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Le Mardi 6 octobre 2009 | Mise en ligne à 13h40 | Commenter Commentaires (42)

Sortie en règle contre la «qualité québécoise»

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Le plus récent essai d’André Habib dans Hors Champ, Mortes tous les après-midis, aurait pu avoir pour surtitre Une certaine tendance du cinéma québécois tant il évoque (par sa manière, par son ton, par son intensité) le célèbre texte de François Truffaut paru en 1954 dans les Cahiers du Cinéma.

Dans Une certaine tendance du cinéma français – devenu par défaut le manifeste de la Nouvelle Vague – Truffaut dénonce avec un grand D ce qu’il considère avec sarcasme la «qualité française», ce cinéma encensé par les bien-pensants de l’époque qui mise sur des adaptations académiques de classiques littéraires et qui prétend au réalisme psychologique. «Ni réel, ni psychologique», ironise le futur réalisateur.

Truffaut ne fait pas que critiquer la valeur de ce type de films mais les accuse de carrément nuire à l’art du cinéma en général. En parlant des scénaristes porte-étendards de la «qualité» :

Aurenche et Bost sont essentiellement des littérateurs et je leur reprocherai ici de mépriser le cinéma en le sous-estimant. Ils se comportent vis-à-vis du scénario comme l’on croit rééduquer un délinquant en lui trouvant du travail, ils croient toujours avoir «fait le maximum» pour lui en le parant des subtilités, de cette science des nuances qui font le mince mérite des romans modernes.

Habib, qu’on peut voir comme un héritier spirituel des pionniers des Cahiers, dénonce à son tour ce qu’il nomme la «qualité québécoise», personnifiée ici par un film en particulier : Polytechnique de Denis Villeneuve. Plus qu’une entreprise de délégitimisation d’une oeuvre acclamée à la quasi-unanimité, son essai se veut aussi une rebuffade contre l’establishment médiatique qui, selon lui, a accordé trop facilement sa bénédiction à cet «événement cinématographique» :

Les médias étaient contents, soulagés (on tenait notre «auteur», notre enfant prodigue revenu des limbes de la pub, le film était de «bon goût»). Puis les médias se sont aussitôt tus : le «produit» avait été jugé digne, le «pari de Villeneuve» fut considéré esthétiquement et moralement «remporté».

Malgré la brûlante ferveur qui anime l’auteur (ce désir de protéger envers et contre tous une certaine vision «juste» du cinéma), malgré son mépris absolu du film mis à l’examen, son discours n’est pas doctrinaire pour autant. En fait, Habib fait preuve d’une démarche méthodique, élabore chacun de ses arguments; si ses attaques se montrent souvent très dures, elles sont rarement gratuites. On peut bien sûr être en désaccord avec sa thèse, mais on ne pourrait jamais l’accuser de mauvaise foi ou de paresse intellectuelle.

Enfin, même si vous êtes le plus grand admirateur de Polytechnique, je vous encourage quand même à lire l’essai. Parce que, au-delà de la critique, Habib offre simultanément un véritable cours sur le langage cinématographique. Il nous aide à devenir des spectateurs plus actifs, des cinéphiles plus engagés, en nous apprenant comment mieux lire un film.

Voici quelques extraits :
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Le Dimanche 29 mars 2009 | Mise en ligne à 22h00 | Commenter Commentaires (21)

Question dichotomique

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Cruising Bar 2 a remporté ce dimanche soir le Jutra du Billet d’Or, ce prix récompensant
le film québécois avec le plus d’entrées en salle au Québec.

Jeudi dernier, l’Aurore du pire film de l’année a été remis à… Cruising Bar 2.

Qui a raison, le public ou la critique?

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