
Ce n’est un secret pour personne, Hollywood et l’armée américaine entretiennent une solide relation depuis belle lurette. Au début des années 1940, nombre de films ont été produits afin d’amadouer une population réticente et des politiciens isolationnistes à supporter une participation à la Seconde guerre mondiale. Durant l’après-Vietnam, alors que l’uniforme militaire avait nettement perdu de son lustre, une série de films d’action chauvins ont permis de redorer l’image de l’armée. Après la sortie de Top Gun (1987), le recrutement militaire a connu un bond faramineux de 500 %.
L’armée faisant face à un nouveau cycle de désabusement ces temps-ci, il n’est pas surprenant qu’elle fasse appel à son allié de longue date dans l’industrie du divertissement. Ce qui nous amène à Act of Valor, un film qui pousse le concept de cinéma de propagande à un autre niveau. Le projet a initialement pris la forme d’une vidéo de recrutement pour la US Navy, et a ensuite donné lieu à un long métrage, le premier de Mike McCoy et Scott Waugh, une paire d’anciens cascadeurs qui oeuvrent dans la pub.
Act of Valor est présenté comme une expérience immersive de la réalité militaire. Les principaux acteurs sont de vrais Navy SEALS – la crème des soldats d’élite, spécialisés dans des missions secrètes à haut risque – dont les noms ne sont pas dévoilés au générique. Les armes et les munitions sont authentiques. Le récit (une mission de sauvetage d’un agent de la CIA kidnappé par des terroristes) est basé sur des faits réels.
En entrevue à Variety, Waugh a dressé un parallèle entre son éthique de travail et celle de ses héros. «Nous faisons les choses de manière très efficace et économique – comme une équipe de SEALS, nous aimons cette idée collective». Parmi leurs influences cinématographiques, les cinéastes mentionnent The Deer Hunter et, curieusement, le cinéma de Claude Lelouch…
Un lecteur du blog, Simon L., m’a demandé quelle est mon opinion par rapport à cette approche ultra-réaliste du sujet. Comme je l’ai souvent répété ici, je ne crois pas que le degré de réalisme d’une oeuvre soit nécessairement garant de sa qualité artistique. Et en regardant bande-annonce et le making-of ci-dessous, je dois admettre que je ressens un certain malaise. Cette idée de glorifier à grands coups d’élans patriotiques une machine à tuer n’est mon idée d’un bon temps au cinéma.
Le succès commercial de ce 24 boosté aux stéroïdes, qui prendra l’affiche le Jour des présidents, est cependant pratiquement assuré (un article sur les détails financiers à lire ici). Reste à voir à quel point les entrées en salle sauront se convertir en demandes d’admission dans l’armée, le véritable objectif d’Act of Valor…










