
Chaque année, le Salon du meuble de Milan propose son lot de modèles réduits pour enfants. Ce sont des pièces dessinées par des designers réputés et fabriquées par des entreprises innovatrices. Bon. N’empêche, ces pièces me laissent perplexe.
Vous allez me dire que les parents fortunés et amateurs de design ont le droit de dépenser leur fric comme ils veulent.
Vous allez aussi me dire que la beauté n’est pas réservée qu’aux adultes.
Mais un enfant de moins de cinq ans qui ne s’assoit que sur du Lou Lou Ghost (la version mini du célèbre fauteuil en polycarbonate de Philippe Starck pour Kartell- voir photo plus bas) me donne la même impression qu’un bébé habillé en Baby Dior de la tête aux (petits) pieds.
Malgré tout, il est difficile de résister au côté hyper mignon de ces créations. C’est émotif et le département marketing des grandes entreprises (incluant IKEA) le sait trrrrès bien!
Confidence: je suis restée plantée pendant cinq grosses minutes – l’air gaga, j’imagine – devant la superbe maisonnette en carton rigide Villa Julia dessinée par le graphiste espagnol Javier Mariscal et dévoilée cette année au stand Magis. Wow! Jeune, j’ai longtemps rêvé d’une grosse maison de poupée…
Les minifauteuils Lou Lou Ghost, une version réduite des Louis Ghost de Philippe Starck pour Kartell.

Oiseaux à bascule présentés au stand de Magis, au Salon du meuble de Milan 2009.

Patère Paradise Tree de Magis.

Petit chien design Puppy, modèle fluorescent, dessiné par Eero Aarnio pour Magis.










simonon
1 mai 2009
11h10
les adultes assis sur les fauteuils Ghost n’ont pas l’air beaucoup plus intelligents… ce fauteuil est un bon exemple d’une tendance de ces dernières années en design qui va rapidement apparaître comme extrêmement froide, plutôt kitsch, et assez vulgaire… du clinquant plastifié qui ne pouvait pas durer… mais j’ignore évidemment si Starck voulait faire du durable avec cette série bling-bling, ou s’il voulait, justement, séduire les nouveaux riches de ces dernières années… quoi qu’il en soit, cette série est d’ores et déjà désuète…
Au contraire, les chiens Aarnio vont durer. Il y a quelque chose de plus organique et attachant dans leur conception, leur forme, leur texture, etc.
android
1 mai 2009
11h22
Comme vous, je craque totalement pour cette adorable petite maison. Je dirais qu’elle est un trait de génie. Rien de moins. J’adore aussi la rigolote petite paterre. Les enfants doivent adorer ces éléments de design qui sont à leur image.
martinboily
1 mai 2009
11h33
Le soi-disant design étant la plus formidable arnaque depuis l’invention de la sommellerie, tout le monde en est victime.
louisphilippep
1 mai 2009
11h53
Les enfants oui, mais toutes les jeunes femmes adultes enseignantes au primaire également ;)
misspepsi
1 mai 2009
12h09
Je suis inconditionnelle de Starck, même quand il dérape. Quant à la petite maison, elle est totalement craquante. Rien n’empêche toutefois les parents Toutlemonde de sortir les pinceaux et la peinture acrylique pour inviter les enfants à décorer la boîte de carton de la nouvelle laveuse ou frigo… Le design c’est sérieux, mais c’est aussi du jeu.
astyanax
1 mai 2009
12h48
Tout le monde s’entend sur l’importance d’offrir aux enfants des aliments variés et de qualité pour développer leur goût. Pourquoi en serait-il autrement pour leur goût visuel? Contrairement à ce qui est proposé ici, je crois qu’il est très important de stimuler l’intérêt des enfants pour la beauté et la qualité en le plaçant dans le plus «beau» des contextes possibles. Et cela ne veut pas nécessairement dire le contexte le plus luxueux…
Le malaise de voir un enfant assis sur une chaise signée Philippe Starck est un malaise d’adulte qui connaît le prix de l’objet. L’enfant, lui, ne s’intéresse pas du tout au prix de la chaise en question. Pour lui, c’est simplement… une chaise! Et tant mieux si cette chaise est belle!
simonon
2 mai 2009
09h15
Contrairement à ce que soutient Boily, pas plus que la sommellerie, le design ne constitue-t-il une “formidable arnaque”. Il était d’ailleurs plus facile de l’affirmer (gratuitement…) que de le démontrer.
Mais il est évident que le “design” et la sommellerie suscitent des engouements et des prétentions qui autorisent et catalysent des accès de futilité, d’imposture, de snobisme grotesque et d’un ridicule assez abouti.
Mais sous cet angle, le design et la sommellerie sont très semblables au hockey, au jardinage, à la pêche, à l’automobile, au tricot, au catéchisme, et à la taxidermie… La différence étant peut-être qu’on associe plus spontanément le design et la sommellerie aux classes sociales scolarisées et urbaines…