Lucie Lavigne

Lucie Lavigne - Auteur
  • Lucie Lavigne

    Mordue d'architecture contemporaine et de design d'objets, Lucie Lavigne observe et commente l'univers de l'habitation: des solutions architecturales à l'aménagement intérieur en passant par les meubles et les créations inusitées. Dans la foulée, elle porte (parfois) un regard sur les grands courants en matière de mode.
  • Lire la suite »

    Archive de la catégorie ‘Milan’

    Le Vendredi 9 octobre 2009 | Mise en ligne à 11h43 | Commenter Commentaires (28)

    Vieillir sexy

    J’en parlais hier avec ma mère, 73 ans.
    - Que penses-tu des femmes qui ont envie d’être sexy le plus longtemps possible?
    - Entièrement d’accord, je veux avoir l’air jeune et être dynamique le plus longtemps possible, m’a répondu sans hésiter Monique, qui fait de l’exercice dans un gym trois fois par semaine, qui marche beaucoup, qui danse et qui regarde mes magazines de mode sans être offusquée par le jeune âge des mannequins des défilés.

    Elle comprend que ces mannequins sont là pour «porter» des vêtements. Point.
    Certes, les designers font, de temps en temps, défiler des femmes d’âge mûr, comme Madonna, mais ces femmes ont un métier dans la vie qui n’est pas celui de mannequin.
    Il y a aussi des défilés qui mettent en vedette des rondes.

    Mais règle générale, ce sont encore des jeunes femmes morphologiquement (et génétiquement)grandes et minces qui présentent les nouveautés des créateurs.
    «En 20 ans de carrière, il m’est arrivé de voir arriver à deux reprises un mannequin visiblement anorexique. J’ai alors averti leur agent qu’il était hors de question que je les photographie», m’a confié un membre influent de l’industrie de la mode.
    En résumé, il est indéniable que les designers internationaux cherchent maintenant à séduire non pas les midinettes, mais bien les femmes d’âge mûr qui ont envie de se sentir attrayantes.

    C’est d’ailleurs les clientes de Dolce & Gabbana – qui n’ont sûrement plus 18 ans puisqu’elles ont les moyens de s’offrir leurs vêtements -qui leur ont réclamé de la mode sexy, pour l’été 2010, par le biais de YouTube.

    Résultat? Elles ont obtenu ce qu’elles voulaient! Vous n’avez qu’à jeter un oeil sur la photo qui apparaît à la une du cahier Vivre, d’aujourd’hui (voir la photo ci-dessous): on voit tous les top models (non bien sûr, elles n’ont pas 60 ans) en lingerie à la fois rétro et sexy, lors du dernier défilé de Dolce & Gabbana, collection printemps-été 2010, à Milan.
    Voyez aussi les photos de Sharon Stone et de Madonna, deux super glamazones de 51 ans, à la une de La Presse et en page 4 du cahier Vivre.
    Hyperlien

    dolce11-628.jpg
    Ce sont les clientes de Dolce & Gabbana – qui ont les moyens de s’offrir leurs vêtements – qui leur ont réclamé de la mode sexy, pour l’été 2010, par le biais de YouTube. Ici, une vue de la finale du défilé de Dolce & Gabbana, collection printemps-été 2010, à Milan

    Lire les commentaires (28)  |  Commenter cet article






    Le Mercredi 7 octobre 2009 | Mise en ligne à 15h37 | Commenter Commentaires (7)

    Rien à cacher!

    Transparence! LE mot à la mode. Je ne compte plus le nombre de politiciens qui l’utilisent exagérément.
    Du côté de la mode, du design et de l’architecture, la transparence est cotée depuis des décennies!
    En 1966, Yves Saint Laurent a été le premier couturier à faire défiler un mannequin seins nus sous un chemisier transparent. Encore, pour l’été prochain, l’effet «je n’ai rien à cacher» est branché. C’est ce que j’ai pu constater dernièrement au défilé de Prada, à Milan, où non seulement les robes mais aussi les sacs étaient clairs comme de l’eau.
    Et que dire de la une du Paris Match, du 6 août dernier? Sharon Stone, seins nus avec corset ajouré et sandales à plateau, clamait: «J’ai 50 ans, et alors!» But de l’opération marketing? On pouvait lire que la plus glamour des stars se mettait à nu pour l’écrivain Marc Levy.
    Du côté du design de meuble, Philippe Starck reste le maestro de l’objet transparent et fantomatique, avec notamment son plus grand succès commercial: le fauteuil Louis Ghost, édité par Kartell.
    En architecture, la maison transparente demeure un grand fantasme des modernistes. J’ai d’ailleurs eu la chance de visiter deux icônes en matière de maisons de verre: la résidence secondaire Farnsworth, à Plano, dans l’État de l’Illinois, conçue par Mies van der Rohe, ainsi que la Glass house, de Philip Johnson, située dans la ville de New Canaan, dans l’État du Connecticut, aux États-Unis.
    Comment se sent-on à l’intérieur de ces maisons de verre? L’absence de murs opaques me donnait l’étrange impression d’être nue…



    sharon-628.jpg
    Sharon Stone, 51 ans, n’a décidément rien à cacher. Elle s’est d’ailleurs mise à nu dans le magazine Paris Match du 6 août dernier. Photo The Huffington Post (http://www.huffingtonpost.com/2009/08/06/sharon-stone-topless-on-p_n_252960.html)

    prada-1-628.jpg
    Les designers de mode les plus influents qui ont présenté leur collection printemps-été 2010, à Milan, ont opté pour la transparence. Abondamment copié, Miuccia Prada a même présenté LE sac à main idéal pour les aéroports! Impossible d’y cacher la moindre pince à sourcil ou bouteille d’eau! Photo AP

    prada-2-628.jpg
    Robe transparente constellée de cristaux présentée au défilé de Prada, à Milan. Photo AP

    louis-ghost-6281.jpg
    Du côté du design de meuble, Philippe Starck reste le maestro de l’objet transparent et fantomatique, avec notamment son plus grand succès commercial: le fauteuil Louis Ghost, édité par Kartell. Photo fournie par Kartell.

    glasshouse-628.jpg
    La maison de verre Glass house de Philip Johnson, à New Canaan, dans l’État du Connecticut, aux États-Unis. Photo Lucie Lavigne.


    farnsworth_628.jpg
    La maison de verre Farnsworth, située à Plano, dans l’État de l’Illinois, conçue par l’architecte moderniste Ludwig Mies van der Rohe. Photo: www.stcharlescabinets.com/about.php

    Lire les commentaires (7)  |  Commenter cet article






    Le Vendredi 1 mai 2009 | Mise en ligne à 10h43 | Commenter Commentaires (7)

    Les enfants victimes du design?

    villa-julia_12388.jpg
    Chaque année, le Salon du meuble de Milan propose son lot de modèles réduits pour enfants. Ce sont des pièces dessinées par des designers réputés et fabriquées par des entreprises innovatrices. Bon. N’empêche, ces pièces me laissent perplexe.

    Vous allez me dire que les parents fortunés et amateurs de design ont le droit de dépenser leur fric comme ils veulent.
    Vous allez aussi me dire que la beauté n’est pas réservée qu’aux adultes.

    Mais un enfant de moins de cinq ans qui ne s’assoit que sur du Lou Lou Ghost (la version mini du célèbre fauteuil en polycarbonate de Philippe Starck pour Kartell- voir photo plus bas) me donne la même impression qu’un bébé habillé en Baby Dior de la tête aux (petits) pieds.

    Malgré tout, il est difficile de résister au côté hyper mignon de ces créations. C’est émotif et le département marketing des grandes entreprises (incluant IKEA) le sait trrrrès bien!

    Confidence: je suis restée plantée pendant cinq grosses minutes – l’air gaga, j’imagine – devant la superbe maisonnette en carton rigide Villa Julia dessinée par le graphiste espagnol Javier Mariscal et dévoilée cette année au stand Magis. Wow! Jeune, j’ai longtemps rêvé d’une grosse maison de poupée…

    loulou-2-low.jpgLes minifauteuils Lou Lou Ghost, une version réduite des Louis Ghost de Philippe Starck pour Kartell.

    dodo-low-cadree.jpg
    Oiseaux à bascule présentés au stand de Magis, au Salon du meuble de Milan 2009.

    paradise-tree-low.jpg
    Patère Paradise Tree de Magis.

    puppy_green_glow-low.jpg
    Petit chien design Puppy, modèle fluorescent, dessiné par Eero Aarnio pour Magis.

    Lire les commentaires (7)  |  Commenter cet article






    Le Mercredi 29 avril 2009 | Mise en ligne à 12h09 | Commenter Commentaires (7)

    L’art d’en mettre plein la vue

    foscarini-low.jpg

    Parmi mes coups de coeur au Salon du meuble de Milan (qui s’est terminé lundi), il y a le stand d’exposition du fabricant de luminaires italien Foscarini dans la zone très design appelée Tortona. Wow! Un lieu magique conçu par (je donne son nom car son travail est magnifique) Vicente Garcia Jiménez. Imaginez: vous êtes dans une petite pyramide tapissée de papier miroir dans laquelle des photos de luminaires (ceux de Foscarini)  sont projetées. Au même moment, un extraordinaire effet de kaléidoscope se produit. Mieux: l’ambiance est amplifiée par une musique moderne ensorcelante. Voilà ce qui fait de Milan LA capitale du design!

    Lire les commentaires (7)  |  Commenter cet article






    Le Lundi 27 avril 2009 | Mise en ligne à 13h38 | Commenter Commentaires (16)

    Nudité et design: c’est quoi le rapport?

    antonio2.jpgDernier jour du Salon du meuble  de Milan.

    Hier, après une épuisante mais fructueuse chasse aux designers et aux nouveautés à Milan, j’ai feuilleté le petit guide du réputé magazine Abitare. J’étais dans l’avion en direction de Montréal. Tout à coup j’ai écarquillé les yeux en découvrant la publicité d’Antonio Lupi. J’essaie encore de comprendre pourquoi l’entreprise familiale de Toscane, qui lance un tout nouveau foyer, a mis en avant-plan la poitrine nue d’une femme à la tête penchée et coupée (!) au montage dans sa publicité? Excusez, mais quel est le rapport? Je n’ai absolument rien contre la volupté et la sensualité. Je connais aussi les différences culturelles en matière de pub entre l’Amérique et l’Europe. Mais cette compagnie qui, dit-on, est avant-gardiste et même artistique en matière de sanitaires et d’accessoires pour la salle de bains, aurait pu trouver mieux pour promouvoir sa cheminée. L’art d’éteindre la curiosité…

    Lire les commentaires (16)  |  Commenter cet article






    Le Samedi 25 avril 2009 | Mise en ligne à 15h19 | Commenter Aucun commentaire

    Fauteuil en bouse de vache

    Parmi les innombrables nouveautés présentées à Milan, il y a des pièces bizarroïdes. En voici quatre!

    Jour 5 – vendredi 24 avril

    bouse-de-vache-low.jpg

    Fauteuil en bouse de vache
    Parmi les 21 finissants en design les plus talentueux d’Europe sélectionnés par la visionnaire Li Edelkoort, d’Eindhoven, en Hollande, il y a Karin Frankenstein (c’est bien son nom !). En quoi consistent ses créations? Ce sont des pièces de mobilier réalisées avec de la bouse de vache cuite… Sur la photo, vous voyez un  imposant fauteuil (inodore en passant) aux formes inusitées et dotées de roulettes. Cette pièces est exposée à la galerie hyper cotée Spazio Rossana Orlandi, à Milan.

    radiateur-chevreuil-low.jpg

    Chaud le chevreuil !
    Ce cerf métallique est en réalité un radiateur à eau chaude ! Cette (grosse) pièce a été conçue par le finissant en design Guus van Leeuwen et est présentée à la galerie Spazio Rossana Orlandi.
    animaux-gonflables-low.jpg

    Animaux de compagnie gonflables…
    Je l’ai essayé et ça fonctionne : il suffit de s’asseoir sur ce canapé en silicone pour gonfler de petits animaux qui sont rattachés au mobilier par un tuyau. Dès que vous vous levez, hop ! les bestioles se dégonflent. Bon, c’est une idée… et c’est Nacho Carbonell qui l’a eue. Cette nouveauté loge à la galerie Spazio Rossana Orlandi.

    can-can-marcel-wanders-low.jpg

    Regardez sous les jupes

    Ces suspensions en forme de jupe (avec crinoline en tissu) ont été imaginées par Marcel Wanders pour Flos. Leur nom ? Can Can. Présentées au Salon du meuble de Milan (Fiera), elles ont piqué la curiosité.

    Aucun commentaire  |  Commenter cet article






    Jour 4 – jeudi 24 avril

    philippe-malouin-low.jpg

    Il y a une galerie spécialisée en design qu’il faut absolument visiter, m’ont dit en cœur mes amis fous braques de design. Laquelle ? Spazio Rossana Orlandi. Véritable pépinière de talents émergents, l’endroit possède un joli jardin où il fait bon manger et se faire voir. Attention, cet espace n’a pas d’enseigne et, surtout, il se cache derrière de grosses portes en bois. En temps normal, il faut sonner avant d’entrer (voyez, le genre branché…)

    Enfin arrivée, je me dirige au fond, là où se trouve une future vedette : Philippe Malouin, un designer ayant grandi à Salaberry-de-Valleyfield et qui, après des études à l’Université de Montréal, s’est établi en Europe. Il a terminé ensuite sa formation à la Design Academy d’Eindhoven, aux Pays-Bas. Aujourd’hui, il vit à Londres et il présente cette semaine sa nouvelle création au Spazio Rossana Orlandi. Rien de moins ! «J’ai eu beaucoup de chance, dit-il, mais il faut travailler comme un fou pour se faire une place», s’empresse-t-il d’enchaîner. Ce qui distingue Philippe Malouin des innombrables autres jeunes designers qui espèrent briller ? Son génie à exploiter des objets banals et à leur donner un tout autre éclairage. Il s’est notamment fait connaître avec une chaise pliante faisant office de cintre. Aujourd’hui, il présente sa collection d’accessoires Standard (luminaires, support à plante, banquette etc.) qui s’accrochent à des montants d’étagères que l’on trouve dans toutes les quincailleries. Sa prochaine création sera dévoilée à la galerie parisienne NextLevel et elle détournera les tissus à billes sur lesquels aiment s’asseoir les chauffeurs de taxi !

    En passant, il est possible d’admirer plusieurs créations de Philippe Malouin jusqu’en juin à la galerie-boutique Commissaires, à Montréal.

    www.commissairesonline.com

    Aucun commentaire  |  Commenter cet article






    Le Samedi 25 avril 2009 | Mise en ligne à 11h35 | Commenter Un commentaire

    Babiche, ceintures fléchées et tipis au cœur de Milan

    Jour 3 –  jeudi 23 avril

    Les trois designers québécois derrière Samare ainsi que Pierre Laramée, propriétaire de la galerie-boutique montréalaise Commissaires ont conçu une exposition au cœur de Milan : Tissé-métissé. Connue pour leur utilisation toute contemporaine de la babiche, la griffe Samare réunit quatre designers québécois. Pour la manifestation milanaise, ils se sont associés au designer coréen Kwangho Lee, réputé pour ses luminaires composés de fils électriques «tissés». Résultat ? Un métissage de traditions revues et corrigées grâce à deux tipis métalliques dans lesquels ont été installés des luminaires habilement tricotés. Voilà pour le concept ! En prime, Samare a présenté sa nouvelle version de babiche faite de nylon et ses jetés inspirés des ceintures fléchées.

    montrealais-milan.JPG

    Jeudi dernier, il y avait foule au vernissage de l’exposition Tissé-métissé qui se tenait dans un palais de la Renaissance, à la place des marchands (Piazza dei Mercanti), au cœur de Milan. Ça parlait fort et l’accent québécois était bien présent dans la petite salle blanche où s’étaient donné rendez-vous plusieurs designers montréalais de passage au Salon du meuble. J’en ai profité pour croquer tout ce beau monde sur le vif. Sur la photo, vous apercevez, de gauche à droite : André Caron, designer et enseignant au département de design de présentation au cégep du Vieux-Montréal, Lina Bonapace, originaire de l’Abitibi, elle est spécialisée en design stratégique et travaille à la fois à Milan et à Ottawa, Michel Dallaire, designer industriel montréalais très connu (notre grand nom du design), Nicolas Bellavance-Lecompte, un artiste québécois qui habite Milan et qui fait partie du trio Samare, Pierre Laramée, propriétaire de la galerie-boutique Commissaires, boulevard Saint-Laurent, à Montréal, et Pierre D’Anjou, designer styliste et fan (fini) du Salon du meuble de Milan qu’il ratisse depuis plus de 20 ans.

    samare-low.jpg

    Un trio de designers québécois se fait voir à Milan
    En plus de son exposition Tissé-métissé à la Place des marchands (Piazza dei Mercanti), au cœur de Milan, près du Duomo, Samare est également présent au Salon Satellite, à la prestigieuse foire du meuble qui se tient jusqu’au lundi 27  avril. De gauche à droite, Nicolas Bellavance-Lecompte, artiste possédant une formation en architecture, Laurie Bedikian, designer d’intérieur (spécialisée en marketing), et Patrick Meirim de Barros, qui possède également une formation en architecture. À sa droite, on aperçoit une pièce de mobilier faite de babiche de nylon jaune citron ainsi qu’un jeté inspiré de la ceinture fléchée.

    Un commentaire  |  Commenter cet article






    Le Vendredi 24 avril 2009 | Mise en ligne à 8h45 | Commenter Commentaires (2)

    Potins et design en direct de Milan

    fiera-low.jpgAujourd’hui, mercredi, c’est le jour J. Raison ? Le Salon du meuble de Milan ouvre officiellement ses portes.

    Il est 9h. Je prends le métro, direction Rho, fieramilano. À la station Cadorna, un homme monte : jeans blanc, baskets immaculés et polo turquoise. Je le reconnais : c’est Jean-Marie Massaud, un designer français très convoité. Je surmonte ma timidité et lui demande une entrevue. «Bien sûr», répond-il, souriant.

    Ma chasse au designer réputé venait de commencer !

    Jour 2 – le mercredi 22 avril

    1, 2, 3 go !
    9h30 -  J’arrive à la Fiera de Milan. Tout le monde est sur son 31. Je fonce vers les pavillons 8 et 12, là où se trouvent les marques italiennes les plus avant-gardistes au monde. Ici, tous les meubles insolites sont permis!

    entrevue-front-low1.jpgQuatre Suédoises sur un canapé

    14h – Elles sont magnifiques, brillantes et très stylisées : les quatre designers suédoises derrière la marque hyper branchée Front m’attendent sur l’un des canapés qu’elles ont créé pour Moroso. Secrètement, je les admire depuis leurs débuts. Le cheval grandeur nature surmonté d’un abat-jour qu’elles ont conçu pour Moooi, il y a quelques années, m’avait scié. Un luminaire sai-si-ssant. «Lors du briefing, Marcel Wanders (directeur artistique de Moooi) nous avait demandé de dessiner une lampe que même sa grand-mère aimerait», confient-elles.creation-front-low.jpg

    Aujourd’hui, les designers prennent place sur un canapé dont l’imprimé reproduit fidèlement l’image d’un tissu drapé. Une sorte de satin qu’on aurait distraitement jeté sur le mobilier. «C’est une photo reproduite. Nous avons joué sur les illusions et les perceptions», disent-elles.

    L’effet est très réussi. Elles ont aussi réalisé un banc à impression de «bois massif» plus vrai que nature… Confidence : je l’ai tâté pour être (bien) sûre que c’était du tissu.

    entrevue-urquiola-low.jpgLa reine du design

    14h30 – Tornade blonde, Patricia Urquiola est l’exemple type de la femme énergique. Étudié, son style surprend et, surtout, séduit. Pas étonnant, tous les fabricants se  l’arrachent. Chez Moroso, elle agit comme directrice artistique et ne cache pas sa fierté. creation-urquiola-low.jpg

    «J’adore le design du stand, c’est le projet dont je suis le plus fière. Pour ce qui est des sièges Rift (à couches superposées), je suis contente, mais pour la collection de canapés Fergana, c’est encore à l’étape des prototypes. Il va falloir travailler encore plus…» Vous avez dit honnête ?

    entrevue-massaud-low.jpg

    Confidences sur l’oreiller

    16h40 – Le stand de l’entreprise MDF Italia est rempli de nouveautés signées Jean-Marie Massaud. Son canapé Yale est très invitant. Pourquoi ? Il est composé d’oreillers. «À mes yeux, l’idée du confort ultime, c’est l’oreiller», dit-il en tapotant le dossier. creation-massaud-low1.jpg«Oups, ici, ça manque un peu de plumes, mais c’est un prototype», s’excuse-t-il.

    Comment reconnaît-on les grands designers ? Tous des perfectionnistes!

    Lire les commentaires (2)  |  Commenter cet article






    Le Jeudi 23 avril 2009 | Mise en ligne à 14h46 | Commenter Commentaires (2)

    On s’en va à Milan!

     entrevue-starck-low.jpg

    Vous ne connaissez rien au design? Pas grave. Suivez-moi.

    Je suis présentement au Salone Internazionale del Mobile, LE salon du meuble le plus prestigieux et le plus couru au monde. En résumé, c’est ici que naissent les tendances des prochaines années. Il fait beau et tout le monde (designers vedettes, acheteurs, fabricants, copieurs et fans de design) court à la Fiera. La frénésie est à son paroxysme et les journalistes s’arrachent les designers.

    Jour 1- le mardi 21 avril

    Starck académie…

    14h. J’arrive enfin à l’hôtel. L’œil cerné (impossible de dormir dans l’avion), je saute dans la douche. Vite, un coup de peigne et beaucoup de fond de teint. Le salon du meuble ne commence que demain, mais déjà, plusieurs entrevues sont planifiées dont une avec Philippe Starck, qui malgré les années demeure le designer le plus connu au monde.

    Dur, dur d’être simple

    16h. Je file d’abord vers le lieu d’exposition d’Established&Sons, un éditeur et fabricant londonien ultra coté. Les deux seuls designers de libres sont Edward Carpenter et André Klauser, deux Britanniques. Humm. Je ne les connais pas, mais je fonce quand même, micro à la main. C’est ma première entrevue et l’ambiance est un peu glaciale. Malgré tout, ils se laissent docilement photographier sous leur lampe à lattes d’aluminium. Leur inspiration ? «Les stores», disent-ils.

    Révélation : créer une lampe en apparence ultrasimple est très exigeant. «Nous avons travaillé pendant deux ans – de la conception à la production – pour réaliser ce luminaire.»

    Leçon de vie

    16h20. Jaime Hayon, designer de Barcelone ultra branché est seul devant son meuble de rangement rouge. Je pousse un «Mr Hayon ?» Il me répond en français : «Oui, bonjour.» Il me parle de tout : la vie, la création, Londres (qu’il habite depuis trois ans) et du style Tudor qui l’inspire actuellement. Les réalisations de Jaime Hayon ont beau être ébouriffantes et surréalistes, l’homme est simple et généreux. «Ma clé du succès? Je suis très passionné et j’aime profondément ce que je fais, malgré la folie et le stress de la vie d’aujourd’hui!»

    entrevue-bouroullec-low.jpg

    Un sofa peut être avant-gardiste et très confortable

    16h55. L’un des deux frères français Bouroullec (Ronan) est là, juste à côté. Je n’ai pas officiellement d’entrevue avec lui, mais je tente ma chance.

    -    Avez-vous cinq minutes ?
    -    Bien sûr, je vous attendais, dit-il, subtilement charmeur.

    Son nouveau canapé (Quilt) est étrange et boursouflé. Du jamais vu ! «Il y a un morceau de mousse à l’intérieur de chacune des poches», explique-t-il. Je m’assois sur la «chose». Wow ! Ce sofa est très confortable. Je lui pose une question indiscrète : combien gagne un designer de réputation internationale ? «Bien souvent, les redevances ne sont que de 3% du prix de gros de chaque pièce vendue. C’est pour ça que plusieurs designers font de l’architecture intérieure. Nous l’avons d’ailleurs déjà fait. Faut bien gagner sa vie !»

    Philippe Starck : «Je ne suis pas mort»

    17h45. J’ai rendez-vous avec Philippe Starck. Il se trouve chez Driade, une entreprise milanaise. En passant, j’ai l’air (faussement) décontract en vous parlant de Starck, mais j’ai mis des années pour amadouer ses attachés de presse. Sans compter mon accent québécois… qui a d’abord attiré l’attention du designer français.

    Il arrive avec sa femme Jasmine, son actuelle attachée de presse, une grande brune en robe fleurie. Je lui demande comment il va.

    «D’abord la bonne ou la mauvaise nouvelle est que je ne suis pas mort. Je suis toujours là», dit-il, un brin sarcastique. Il enchaîne : «Et je suis toujours amoureux de ma femme.» Il aborde le sujet de la crise économique. «C’est un moment terrible, mais c’est aussi un moment formidable parce que c’est un moment de remise en question des valeurs, comme le capitalisme…» Parmi ses nouveautés chez Driade, il y a le fauteuil au dossier très haut Out/in. «Derrière ce produit, il y a l’idée de la longévité. Il est fait dans une matière indestructible. Donc, au lieu de parler de recyclage ici, on vise davantage la transmission du mobilier d’une génération à une autre.»

    Le design en temps de crise

    19h. Marcel Wanders, de chez Moooi, une marque néerlandaise très hip, porte le collier de perle. «Histoire de mettre en contraste la féminité et la masculinité», se défend-il. D’entrée de jeu, je lui demande si la crise actuelle affecte son travail. «Oui, il arrive que des projets soient annulés. Nous avons d’ailleurs conçu un superbe hôtel à Las Vegas avec un design fantastique… mais il ne sera jamais construit. Nous avons été payés, mais c’est quand même terrible !» Devant nous se trouve l’une de ses créations pour Moooi : une sorte de tirelire à dorures intitulée : The killing of the piggy bank. «Je l’ai conçu expressément pour la crise», termine-t-il, mi-figue, mi-raisin.

    Lire les commentaires (2)  |  Commenter cet article






    publicité

  • Catégories

  • Blogues sur Cyberpresse

  • Calendrier

    mars 2010
    L Ma Me J V S D
    « fév    
    1234567
    891011121314
    15161718192021
    22232425262728
    293031  
  • Archives

  • publicité