Dans 22 ans le Québec pourrait manquer d’essence peut-on lire aujourd’hui dans La Presse aujourd’hui. Et le reste du monde lui?
C’est bien de nous y préparer, mais rappelez-vous qu’en 1973, au moment du premier choc pétrolier, le ratio entre le volume des réserves et la production annuelle était de trente ans. D’aucuns n’hésitaient pas à dire que, dans moins de trente ans, il n’y aurait plus de pétrole. Aujourd’hui le même ratio est de quarante-trois ans. Que s’est-il passé entre-temps ? De formidables avancées techniques ont permis d’aller forer dans des zones plus difficiles (mer profonde), de mettre en production des pétroles non conventionnels (pétroles lourds du Venezuela ou sables bitumineux canadiens) et aussi d’améliorer considérablement les taux de récupération, c’est-à-dire de presser plus fortement les éponges. Ainsi, le progrès technique repousse les frontières des éponges de la géologie. De nouveaux progrès techniques sont attendus dans les années qui viennent, et le même phénomène devrait jouer, sauf si les investissements ne se font pas. Non, la fin du pétrole n’est pas pour demain (ni après-demain), mais il faut quand même s’y préparer. Nul n’est en mesure de dire à quel moment la courbe de croissance de la consommation de pétrole se retournera (le fameux peak oil), ni comment elle se retournera : déclin rapide et irréversible ou évolution en forme sinusoïdale reflétant des baisses, des plateaux, de nouvelles hausses, avant la baisse finale ? Les prévisions sont difficiles, parce qu’elles dépendent de très nombreux facteurs. Le plus préoccupant d’entre eux, c’est le montant des investissements nécessaires pour développer les ressources connues. Cela dit, de très nombreux arguments se conjuguent pour montrer qu’il faut agir dès maintenant pour réduire progressivement notre dépendance vis-à-vis du pétrole et encourager le développement de nouvelles technologies (hybride, hydrogène, électricité) pour être en mesure un jour de rigoler à la vue d’une station-service. J’ai hâte surtout si le prix du litre doit grimper à 2,25 $ d’ici quatre ans (ici).















