
Une des premières photos de Moss parue dans The Face
La rencontre entre le chercheur français Christian Salmon et le mannequin Kate Moss est assez inattendue et, en cela, des plus intéressantes: loin des habituels platitudes que peut inspirer le mannequin le mieux payé au monde, Moss est dans le livre de Salmon décryptée, décortiquée à l’aide de Barthes, Bourdieu et Platon.
Dans Kate Moss Machine, Christian Salmon examine la fabrication d’un phénomène qui est à la fois le produit et le catalyseur des tendances d’un monde en panne d’inspiration.
Le visage enfantin et rieur de Kate Moss apparaît au début des années 90, à un moment où la mode commence à dépasser le simple monde vestimentaire pour devenir plus que des vêtements: un mode de vie, une identité.
D’abord “waif”, c’est-à-dire petite chose grunge, le phénomène Moss ne meurt pas avec l’épuisement de cette tendance et son remplacement par le glamour. Au contraire: comme on peut l’observer depuis près de 20 ans, Kate Moss se réinvente.
Tantôt glamour, tantôt héroïne-chic, tantôt muse des stylistes ou photographes, tantôt égérie des artistes contemporains: Kate Moss est toutes les modes à la fois.
“Elle pollénise les marques les styles; elle est extrêmement mobile et à la fois intègre les idéaux-types de l’époque et les projette” analysait dans une entrevue à la radio France Inter Christian Salmon. Parce qu’elle fait un usage stratégique d’elle-même, Kate Moss est le symbole par excellence du néo-libéralisme.
Qui est Kate Moss? Dans le fond, tout le monde l’ignore, la brindille se gardant bien de se répandre en confidences dans les médias pour mieux cultiver ses qualités d’interprète protéiforme.
Kate Moss est une marque avant d’être une personne, soutient en substance l’auteur. L’une des marques les plus connues au monde, un visage capable de devenir ce que l’on veut qu’elle soit.
On peut écouter l’auteur en entrevue avec les médias français ici. Kate Moss Machine, de Christian Salmon, est paru aux éditions La découverte, Paris.











l_i_o_n_e_l
9 mars 2010
12h04
Petite question.
Kate Moss a t’elle un lien de parenté avec Peat Moss?
crsh1976
9 mars 2010
12h10
Je ne comprends pas cette fascination pour un mannequin ; ok, elle fait vendre des vêtements et des magazines, mais ensuite?
A-t-elle d’autres mérites que d’être un corps maigre sur des grandes pattes avec en haut une face pas trop laide? Elle ne crée rien, ne commente rien, ne fait en gros rien de sa vie autre de se faire payer pour son corps. Je ne vois vraiment pas ce qu’il y a à “décortiquer”.
anicoud
9 mars 2010
13h29
@crsh1976: C’est justement ce qu’explique l’auteur. Prenez le temps d’écouter les entrevues qu’il a donné, cela vous donnera de la perspective!
fidelcastrol
10 mars 2010
00h49
“Elle pollénise les marques les styles; elle est extrêmement mobile et à la fois intègre les idéaux-types de l’époque et les projette” analysait dans une entrevue à la radio France Inter Christian Salmon. Parce qu’elle fait un usage stratégique d’elle-même, Kate Moss est le symbole par excellence du néo-libéralisme.
Je ne suis pas d’accord :
En fait, elle est la symbiose et la transfiguration des archétypes néo-classiques. Et son usage d’elle-même comme vecteur-type de la dialectique deéstructuraliste en fait une anti-héroïne de la tendance et des conventions sociales répressives.
m-a.rivard
10 mars 2010
08h35
Je viens de terminer le livre Storytelling de Mr. Salmon et j’espère que l’écriture du livre sur Kate Moss lui est supérieur. Mr. Salmon est de toute évidence très intelligent et offre d’intéressantes réflexions mais son style m’endors au plus au point. Il n’arrive pas à offrir un rythme à ces livres. Mais ce n’est que mon opinion.
elise123
10 mars 2010
09h02
La beauté de Kate Moss est mathématique. Le Vogue France en a fait un article il y a quelques années. Son visage est parfaitement proportionné, le nombre d’or se retrouvant partout sur son visage. Je ne suis pas très versée dans les nombres, mais je sais que les gens dont la beauté fait presque consensus ont le visage plutôt symétrique. Évidemment, ça n’empêche pas une part de subjectivité…
tricot_rib_1x1
10 mars 2010
16h13
nue, noir et blanc sur une plage… ca rappelle ce qui fut pour moi le plus grand accomplissement d’un mannequin hors defilé: Helena Christensen dans le video de Chris Isaaks, Wicked Games.
fait chaud tout a coup… ah ok c’est le soleil qui entre par le fenetre
anicoud
12 mars 2010
15h03
@ l_i_o_n_e_l: Hé non
l_i_o_n_e_l
13 mars 2010
11h27
@Anicoud:
Donc la Kate Moss a pas de parenté avec Peat Moss, et je le crois aussi sauf ce lien qui est étrange…
http://www.peatmoss.com/index.php
flachance61
16 mars 2010
18h22
Sans trop vouloir corriger votre article qui est bien écrit, je crois que le mannequin le mieux payé du monde est Gisele Bünchen. Je dois toutefois admettre que l’image de Moss est plus rentable pour les marques de luxe.