Je ferai un retour aux sources cette semaine aux championnats canadiens de London, en Ontario. C’est là où j’ai gagné mon tout premier titre national chez les seniors, en 2005.
Pour moi, ce retour est significatif. Je garde de beaux souvenirs de cette ville et je boucle la boucle en quelque sorte. J’avais planifié ma carrière jusqu’en 2010 et je ne sais pas précisément ce que le futur me réserve.
Je tenterai de remporter un sixième championnat consécutif. Le chiffre est significatif : Jennifer Robinson, qui a dominé la catégorie à la fin des années 90 et au début des années 2000, l’a emporté cinq fois.
Quand on est vice-championne mondiale, un titre national, ça peut paraître plus ou moins important. Or c’est loin d’être le cas pour moi. Depuis ma première victoire, ça demeure chaque année un objectif personnel prioritaire. J’aime me mettre au défi avec cette compétition.
Malgré mes victoires précédentes, je ne prends pas les choses à la légère. Les autres filles sont bonnes et elles vont se battre. Je suis bien placée pour le savoir. Je m’entraîne à Saint-Léonard avec Amélie Lacoste, troisième l’an dernier, et Myriane Samson. J’ai aussi vu patiner Cynthia Phaneuf, championne canadienne en 2004, lors d’un show à Québec avant Noël. Toutes les filles sont en grande forme… et je m’inclus dans le lot.
Les championnats canadiens servent aussi de dernière qualification pour les Jeux olympiques de Vancouver. Deux postes sont en jeu. Contrairement à 2006, la compétition ne fera pas foi de tout. Nos résultats depuis le début de la saison seront aussi considérés par la fédération. Ma participation à la finale du circuit Grand Prix représente donc un avantage. Les Japonais ont la même politique. Ainsi, même si Miki Ando a fini quatrième à ses championnats nationaux, elle a été retenue pour les JO.
Cela dit, j’ai l’intention de livrer le meilleur de moi-même à London. Avec le dernier mois d’entraînement que j’ai connu, j’arrive là-bas avec beaucoup de confiance.
Comme je l’avais indiqué dans mon entrée précédente, j’ai modifié un peu la façon de m’entraîner. Plutôt que de pratiquer chaque élément cinq ou six fois avant de faire une routine complète, je me limite à une ou deux répétitions. J’ai donc beaucoup plus d’énergie pour livrer un programme d’un bout à l’autre. J’ai enfin réussi à trouver un rythme et ça roule beaucoup mieux.
Mon aisance à l’entraînement trouve aussi sa source dans les petites modifications qu’on a introduites à mon programme libre. On y a travaillé avec ma chorégraphe Lori Nichol lors d’un séjour à Toronto la semaine dernière.
Le changement le plus important a été apporté à la série arabesque, sur laquelle je tiquais depuis le début de la saison. Je n’arrivais jamais à être synchronisée avec la musique, ce qui devenait frustrant et m’embêtait pendant le reste du programme. On a donc retranché une transition pour la condenser dans une autre. On a mis le doigt sur le bobo et ça crée un effet de surprise super intéressant.
À moins d’un mois des Jeux, les championnats canadiens représentent une compétition très importante, surtout que je n’ai pas patiné à la hauteur de mes capacités depuis le début de la saison. Je veux m’en servir pour bien patiner devant les fans canadiens et mieux me sentir avant Vancouver.
La pression olympique est forte. Et oui, il y a du stress. À force de se faire dire «va chercher l’or» par des gens dans la rue, difficile de l’ignorer. On est humains après tout. Il s’agit de se rappeler que ces gens sont derrière nous et veulent simplement qu’on réussisse.
Je suis donc super confiante et je suis exactement là où je voulais avant les Jeux. Merci pour les encouragements et en espérant vous revenir avec de bonnes nouvelles très bientôt.















cath_et_ses_zoufs
14 janvier 2010
11h39
Je te souhaite de tout coeur de réaliser tes objectifs à ce championnat et à Vancouver!
Tu es une source d’inspiration pour ma fille de 10 ans qui fera sa première compétition de patin dans quelques semaines…