J’essaie de m’habituer tranquillement à la vie de joueur de hockey. Non, non, je ne suis pas devenu millionnaire. J’essaie plutôt de m’habituer à l’horaire du joueur de hockey.
Depuis notre arrivée à Apex, en Colombie-Britannique, pour le camp d’entraînement final de l’équipe de bosses avant les Jeux olympiques de Vancouver, on s’entraîne en soirée. On calque l’horaire qu’on aura aux Jeux.
Ce n’est pas évident. Je suis un lève-tôt, généralement debout vers 7 heures. Là, je dois tourner dans le lit jusqu’à 10 heures. Tu déjeunes tranquillement, tu dînes tard, et tu vas t’entraîner en soirée. Tu soupes vers 9-10 heures et tu essaie de te coucher à minuit-une heure. Pour moi, ça fait un peu bizarre.
On a planifié ce camp depuis une bonne année. On voulait avoir la piste située le plus près possible de Cypress, avec la possibilité de s’entraîner sous les projecteurs, comme aux Jeux.
Parlant de la piste olympique de Cypress, l’absence de neige n’est pas un sujet de conversation dans l’équipe.
Depuis longtemps, on s’attend à ce que la neige et les conditions météorologiques soient mauvaises. Pour ce qui est de savoir s’il y aura une course ou non, il n’y a aucune inquiétude. Ils vont s’arranger pour qu’il y en ait une. C’est leur problème, pas le nôtre!
Pour le moment, tout le monde est bien reposé. Après un mois de janvier assez intense, avec cinq compétitions en deux semaines et demi, on a pu passer une semaine à la maison et retourner dans le gym. Les piles sont maintenant rechargées. Les gars sont en forme, et ça paraît.
L’idée pour ce camp est de s’attarder aux petits détails et de garder le momentum des dernières compétitions. Le gros du travail est fait et ce n’est pas le moment de commencer à changer le monde. Il est trop tard. Les Jeux, c’est la semaine prochaine.
On ne veut pas se blesser non plus. La seule chose que j’essaie de faire, c’est de sortir de ma zone de confort sur la piste d’entraînement.
La fièvre olympique est bien palpable à Apex. Difficile de l’ignorer. Rares sont les repas où serveurs et clients ne nous arrêtent pas. Ils nous disent: «Je ne veux pas déranger, mais est-ce que je peux avoir un autographe et prendre une photo?»
La première fois, tu dis: oui, oui, pas de problème. Même chose la deuxième fois. Mais à la 10e personne, tu te dis plutôt: est-ce que je peux manger?
Je commence à comprendre un peu ce qu’un joueur du Canadien peut vivre à Montréal. Dominick Gauthier, mon entraîneur, agit comme un «gardien de but» social pour Jennifer Heil et moi pour éviter les longues conversations. On a déjà commencé à ne plus porter nos manteaux avec des anneaux olympiques. Bien sûr, ce sont des choses positives et c’est tout à fait normal. Sauf qu’on ne veut pas toujours et uniquement parler des Jeux olympiques. On rit, on a du fun, on veut se changer les idées.
On part samedi pour le Village des athlètes de Vancouver. Les premières séances d’entraînement sont prévues lundi.
Je vais participer à la cérémonie d’ouverture au stade B.C. Place, le 12 février. Je ferai seulement le défilé des athlètes. J’ai gardé un excellent souvenir de notre entrée dans l’immense stade de soccer aux derniers Jeux de Turin. Revivre cela en tant qu’athlète du pays hôte sera quelque chose d’assez incroyable.
On reviendra ensuite au Village pour regarder le reste de la cérémonie à la télévision. Je serais resté si ma compétition avait été quatre ou cinq jours plus tard. Or l’épreuve de bosses se déroulera deux jours plus tard. Ce ne serait donc pas une très bonne idée de passer trois heures debout. Les genoux de bosseurs, ça peut être capricieux.
Le corps et l’esprit vont très bien, on sait qu’on est tous capables de faire un podium là-bas. Je me dirige vers Vancouver avec grande confiance. J’ai très hâte.
Bonne Saint-Valentin à tous.















bloganon
4 février 2010
11h47
Vous vous plaignez des trop nombreuses interruptions causées par vos fans et vous vous prêtez à l’exercice de ce blogue. J’y vois une contradiction, pas vous?
Bonne chance aux Olympiques.