Je me suis rendu compte de quelque chose à la fin de l’entraînement, hier matin. Ça m’a frappé juste avant la série de tours de récupération que l’on fait après chaque séance de patinage ardue.
J’étais à Calgary, sur l’anneau où j’ai patiné des centaines de kilomètres. Soudainement, ça m’a sauté au visage: j’en étais à mes tous derniers tours sur cette glace.
J’ai regardé mes coéquipières Kristina Groves et Shannon Rempel et je leur ai dit, «les filles, ce sont nos cinq derniers tours sur cette glace avant notre départ pour les Jeux olympiques. Pour moi, ce sont les derniers tours que je ferai ici comme patineuse de vitesse.» Je me sentais bien. J’ai savouré ces quelques tours, pleinement consciente que c’est la dernière fois que je vais aux Jeux comme athlète. Que c’est la dernière fois que j’ai le privilège de représenter le Canada au plus haut niveau du sport.
Je ne veux pas gaspiller le moindre moment de cette expérience et je sens le besoin de constamment me dire «Ça y est!»
Ces Jeux seront remplis de nouvelles expériences. Le psychologue du sport avec qui je travaille, le Dr Terry Orlick, me l’a dit avec éloquence, plus tôt cette semaine: «La plus grande feuille d’érable imaginable vient de tomber directement dans tes bras tendus et dans ton cœur – le drapeau canadien». Pour la première fois de ma vie, je vais mener une équipe dans une compétition. Quelle équipe! Et quelle compétition!!!
Pour la première fois, je participe à des Jeux olympiques à la maison. Et pour la première fois, je serai la «championne olympique en titre».
Est-ce que tout ça me fait peur? Pas du tout. Est-ce que ça change les sensations que j’éprouverai à mon arrivée à Vancouver aujourd’hui? Franchement, je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que je vais rester ouverte, comme je l’ai toujours été, à l’inspiration qu’on trouve partout. Je vais me préparer méthodiquement et méticuleusement, comme je l’ai toujours fait, peu importe les circonstances.
Ça y est.
Je suis excitée d’aller aux Olympiques. De bien des façons, c’est comme si c’était la première fois. C’est à la fois nouveau, épeurant et intense. C’est à la fois tout et son contraire. Je suis fatiguée à cause de l’entraînement, mais je déborde d’énergie. Je me sens comme lors de tous les Olympiques auxquels j’ai participé. Je me sens prête. Prête à travailler avec ce que j’ai et à composer avec toutes les situations qui pourraient se présenter. Surtout, je me sens prête à cueillir l’inspiration.
Je ne suis pas certaine de pouvoir mettre ce blogue à jour après mon arrivée à Vancouver. Je ne comprends pas parfaitement les règles du Comité international olympique sur les carnets et les blogues pendant les Jeux, mais je veux dire ceci:
Merci à tous pour votre appui. Merci d’être enthousiasmés par les Jeux et merci de vous y intéresser. Quand je porterai le drapeau canadien à l’intérieur de BC Place, le 12 février, je représenterai tous les Canadiens. Quand je patinerai, je ne serai plus seule. Je serai quelque chose de plus grand, de plus rapide, de plus fort et de beaucoup plus beau: je serai le Canada. J’ai hâte de revivre ça une dernière fois. Je ne perdrai pas de vue le privilège qui m’est donné.
Ça y est!
Clara















frankberaud
5 février 2010
13h38
Clara, vous êtes une inspiration et c’est un privilège de vous lire. Je serai de tout coeur avec vous lors de ces Olympiques.
sebastienmassey
9 février 2010
11h08
Merci à vous Clara. Nous sommes fiers de ce que vous avez (et allez!) accomplir. On ne peut demander mieux d’une athlète représentant le Canada. C’est tout à votre honneur.
Salutations.