
Charles Hamelin
Bonjour à tous,
Je suis à Vancouver depuis samedi dernier. Depuis ma chambre d’hôtel, je peux voir le Village des athlètes pour les Jeux olympiques. Les travaux ont pas mal avancé depuis la dernière fois que je suis venu. Ce n’est pas fini, mais presque.
Mais vous l’aurez deviné, je ne suis pas dans la ville olympique pour faire du tourisme. Je suis ici avec une quarantaine des meilleurs patineurs de vitesse canadiens pour un camp d’entraînement de 15 jours. Le dernier avant les sélections olympiques qui auront lieu du 9 au 18 août. À Vancouver, bien sûr…
Tous les patineurs invités à ces sélections, 16 gars et 16 filles, participent à ce camp. On y fait deux à trois sessions quotidiennes et l’accent est mis sur l’entraînement sur glace. L’idée est de passer le plus de temps possible sur la glace du Pacific Coliseum, où auront lieu les compétitions olympiques. Après les sélections, il y a même une possibilité qu’on revienne pour un camp en décembre.
D’ici aux Jeux, en février, on aura donc participé à un minimum de cinq camps et compétitions ici.
C’est assez avantageux d’avoir la chance de patiner souvent sur la glace des Jeux. Ça varie d’un patineur à l’autre, mais il y a toujours de petits ajustements à faire quand tu découvres une nouvelle glace. À Vancouver, on sait très bien à quoi s’attendre, surtout qu’à l’aréna Maurice-Richard, notre centre d’entraînement à Montréal, on essaie de recréer les mêmes conditions de glace qu’au Pacific Coliseum. Comme ça, quand on saute sur la glace, la sensation sous nos lames est similaire.
Déjà, on s’y sent presque comme chez nous, surtout qu’on occupe toujours le même vestiaire situé sur la mezzanine de l’aréna, le même qu’on aura pour les JO. On veut éviter les mauvaises surprises: on sait déjà où on se réchauffera, où seront les vélos stationnaires, nos équipements, etc. Cette semaine, on a même participé à un souper avec les employés de l’aréna, question de créer des liens. Comme ça, on les connaîtra mieux et vice-versa. On veut créer un climat amical en vue des JO.
Personnellement, les dernières semaines ont été un peu difficiles. J’ai eu une grippe. Pendant une semaine, j’ai trouvé le temps long sur la glace. Ma forme n’était pas super. J’étais un peu fâché de ne pas pouvoir faire des entraînements aussi intenses que les autres. J’essayais de suivre, mais j’étais juste toujours fatigué.
Heureusement, je me sens maintenant super bien. Chaque jour, ma forme va en s’améliorant. Techniquement aussi. En autant que ça continue dans cette direction…
Je sais, je n’ai pas à m’inquiéter pour les sélections. J’ai le privilège d’être le seul patineur canadien déjà choisi pour les Jeux. Mais ce n’est pas une raison pour prendre ça à la légère. Je veux être en pleine forme pour les Coupes du monde de l’automne. Je veux montrer ce que je suis capable de faire, que je suis au même niveau que la saison dernière, sinon mieux. Je veux prouver que je n’ai pas été présélectionné pour rien.
Le patin occupe beaucoup de place, mais il faut aussi savoir décrocher. C’est ce que j’ai fait il y a trois semaines en participant à une partie de pêche à Saint-Félicien, dans la famille de ma blonde, Marianne St-Gelais, elle aussi membre de l’équipe canadienne. Son père, un contremaître forestier, nous a trouvé un lac perdu au fin fond des bois. On était cinq et on a sorti quarante truites en quatre heures et demie. Pas pire. Soyons honnête, c’est mon frère François qui a pêché la plus grosse, un poisson de 15-16 pouces.
Au cours du dernier mois, j’ai aussi été honoré pour ma dernière saison. D’abord, j’ai reçu pour la troisième année de suite le prix d’athlète par excellence de la Fédération québécoise de patinage de vitesse. Ensuite, j’ai obtenu pour la troisième fois le prix d’athlète par excellence masculin en courte piste de Patinage de vitesse Canada. Ça fait toujours plaisir. En me remettant ces prix, ils me disent : on est fiers de ce que tu as accompli cette année, continue comme ça. Je tâcherai d’être à la hauteur. À bientôt.





























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