
Pour la première fois depuis mes débuts dans l’équipe nationale, en 2003, je suis spectateur à une compétition de sélection. Comme j’ai fini troisième aux derniers championnats du monde, je suis déjà pré-qualifié pour les Jeux olympiques de Vancouver.
C’est cool… mais pas mal plus stressant.
D’abord, je ne veux pas qu’une malchance n’arrive à personne et je souhaite que les meilleurs patineurs se qualifient pour l’équipe olympique.
Mais ce qui est encore plus stressant, c’est de regarder ma blonde Marianne et mon frère François tenter de se tailler une place.
La semaine dernière, pendant que François patinait, j’ai pris la main de Marianne et l’ai mise sur mon cœur. Elle était surprise de constater à quel point il battait vite. Je comprends maintenant pourquoi ma mère dit qu’elle est si stressée quand elle me regarde patiner!
Je pense que suis encore plus fébrile quand Marianne est sur la glace. Elle est plus jeune que François et elle a eu des malchances par rapport aux sélections au cours des deux dernières années. Il y a deux ans, elle s’est blessée au dos juste avant le début. En janvier dernier, elle n’a pu participer aux sélections pour les championnats du monde de Vienne parce qu’elle avait subi une commotion cérébrale aux mondiaux juniors de Sherbrooke.
Je veux tellement que ça aille bien pour elle. Qu’elle puisse démontrer à tout le monde qu’elle est l’une des meilleures de l’équipe. Je le vois tous les jours à l’entraînement.
Son potentiel est énorme, même si parfois elle refuse de le croire. En se classant, elle finirait par le réaliser.
Vis-à-vis François, c’est aussi stressant, mais j’ai plus confiance. Il est dans l’équipe depuis plus longtemps et il sait ce dont il est capable. À l’entraînement, il est super fort. Il n’a rien manqué depuis le début de l’été.
Mais on ne sait jamais. Parfois, quand il est stressé, il tombe, il prend de mauvaises décisions. Mais en analysant ses courses et en repensant à ce qu’il a fait durant la dernière saison, il est plus détendu face aux résultats. Je sais qu’il va se classer car il est sans doute l’un des deux meilleurs patineurs canadiens en compétition à Vancouver.
À l’extérieur de la patinoire, je ne parle quasiment jamais de patin avec Marianne. On écoute des émissions, des films, on fait juste relaxer. Je vois un peu moins François. Il se tient plus avec Guillaume Bastille et Olivier Jean.
J’ai aussi un autre rôle important durant les sélections : la retransmission en direct des résultats ! Sur ma page de messagerie, je suis en contact avec ma mère, mon jeune frère Mathieu, la mère de Marianne, ses deux sœurs ainsi que quelques amis et d’anciens patineurs. L’ordinateur sur les genoux, je leur donne mes commentaires et ça leur permet de suivre la compétition.
Mais je ne suis pas à Vancouver en touriste non plus. Avec François-Louis Tremblay, qui revient d’une entorse à une cheville, je suis en plein camp. Avec deux entraînements par jour, c’est vraiment très éprouvant physiquement. Mais ce n’est jamais aussi dur sur les nerfs que de voir courir ma blonde et mon frère.





























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