
J’ai déjà eu droit à un avant-goût en Corée et au Japon, mais la vraie saison de compétitions commence pour moi vendredi, à Pékin, lors de la troisième étape du circuit Grand Prix.
J’aurais préféré reprendre il y a deux semaines dans le cadre du Trophée Éric Bompard, à Paris, une épreuve que j’ai gagnée deux fois. Mais le mode d’attribution des places m’en ont empêchée. En gros, l’ISU, la fédération internationale, ne veut pas que les trois premières des derniers mondiaux s’affrontent avant la finale du Grand Prix, en décembre. La championne du monde, la Coréenne Kim Yu-Na, avait le premier choix et elle a opté pour Paris.
Je ne suis pas malheureuse pour autant de briser la glace en Chine, un pays que j’ai déjà visité trois fois et que j’avais hâte de revoir. Par contre, je n’ai toujours pas eu le temps de visiter la Grande Muraille, comme quoi on ne chôme pas quand on est en compétition!
Ce qui est important en début de saison est de montrer mes nouveaux programmes. Je veux bien présenter l’idée, le thème, aux juges.
À titre de première favorite, je serais bien sûr déçue de ne pas l’emporter. Mais ce n’est pas parce que j’ai gagné l’argent aux derniers mondiaux que je prends les choses pour acquises, loin de là.
À chaque saison, on recommence à zéro. Si tu n’as pas le courage de le faire, les autres, qui sont très bonnes aussi et qui s’améliorent constamment, vont te rattraper, c’est certain. Il est donc important d’avoir confiance en moi et de savoir où je m’en vais.
Comme d’habitude, le plateau sera très relevé à Pékin. Je signale la présence de deux jeunes Américaines, Rachael Flatt, championne du monde junior en 2008, et Mirai Nagasu, championne nationale en 2008. Leur grande qualité: elles ne font presque jamais d’erreurs. L’Italienne Carolina Costner, double médaillée aux mondiaux, et la Japonaise Fumie Suguri, quatrième aux Jeux de Turin, seront aussi à surveiller.
Personnellement, j’aborde cette compétition avec beaucoup de confiance, acquise au cours des dernières semaines. J’ai entre autres obtenu mon meilleur pointage à vie pour le programme libre lors de l’Open du Japon, une compétition par équipe présentée à Tokyo.
Pourtant, je ne suis pas arrivée là dans les meilleures conditions. Après un camp national à Vancouver, à la mi-septembre, il avait été convenu que je change la première minute et demie de mon solo. J’ai donc dû passer deux jours à Toronto avec ma chorégraphe Lori Nichol. Les sauts n’ont pas changé, mais on a considérablement modifié la transition entre les éléments.
Je n’avais eu que quatre jours à l’entraînement pour assimiler les nouveautés. Pourtant, au Japon, j’ai très bien réussi mes sauts et j’ai pu bien rendre les éléments artistiques. Comme quoi les automatismes techniques étaient là et que le programme était bien construit. Chose certaine, ça a valu la peine de procéder aux changements.
À mon retour du Japon, avant de rentrer au Canada, j’ai fait un petit saut à Los Angeles, où j’ai vécu une expérience pour le moins particulière: un spectacle d’improvisation avec les Goo Goo Dolls!
Plusieurs vedettes du patinage artistique ont participé à ce show original : Kurt Browning, Jeffrey Buttle, Nancy Kerrigan, etc.
Avant notre prestation, on devait piger un iPod contenant deux chansons sur lesquelles on s’exécuterait. Je suis tombée sur Clumsy de Fergie, la chanteuse du groupe The Black Eyed Peas, et Broadway des Goo Goo Dolls, qui jouait live pendant que je patinais.
On avait une heure pour se préparer et inventer une chorégraphie. Honnêtement, je n’ai pas aimé ça du tout. J’étais tellement stressée… comme si j’allais participer à l’émission Dieu merci! J’ai manqué mon cue, j’entendais mal la musique parce qu’elle était très forte, et les spectateurs dans les premières rangées, de grands fans des Goo Goo Dolls, ne nous regardaient pas patiner.
Vivement une vraie compétition!





























1genesis
29 Octobre 2009
11h31
Bonne chance Joannie.