
David Cameron sait comment parler à une foule. Mais à des jeunes étudiants d’un quartier populaire? C’est ce qu’il a fait lundi dernier. Il a été interrogé de but en blanc par des jeunes normalement vendus aux travaillistes. Les manches relevées, celui à qui on reproche souvent les origines bourgeoises avait l’air d’attaque. On n’entend malheureusement pas les questions sur la vidéo ci-dessous mais ses réponses donnent une bonne idée de sa performance. Nicholas Watt du Guardian affirme que Cameron a presque perdu pied quand un jeune lui a fait remarquer que le taux de chômage avait monté bien plus haut en temps de récession sous Thatcher qu’avec Gordon Brown. Il s’est tourné vers les journalistes pour prendre une question avant de revenir à la charge.
Il est très habile ce Cameron. À un moment, il dit: “je suis là pour vous dire les vraies choses, les décisions difficiles et peu populaires que nous voulons prendre…” mais il donne des exemples qui ne s’appliquent pas du tout à son public. Que les salaires des fonctionnaires soient gelés, que l’âge de la retraite soit repoussé à 66 ans, que les gens gagnant un salaire d’au moins 50 000 livres sterling perdent leurs crédits fiscaux, qu’est-ce que les jeunes de 17-18 ans en ont à foutre?
En tout cas, il est prêt pour les débats des chefs, celui-là.
Le voici:










norm05
17 mars 2010
20h20
Ici à Montréal, il ne faut pas oublier que le bourgeois par excellence, fils d’un ancien premier ministre, a été élu dans un quartier bien modeste. Je ne comprend pas très bien ce comportement collectif qui consiste à s’assujettir ainsi à ceux qui ont une certaine notoriété maigré aucune idée de ce qu’est la vie de l’un et de l’autre.« Si détenir un pouvoir, c’est user d’une capacité d’obtenir l’obéissance, pourquoi une soumission si fréquente? Depuis La Boétie, nous savons que gît ici tout le mystère de la « servitude volontaire». Pourquoi les hommes sont-ils dans les fers? Et s’ils le souhaitaient secrètement? »