
Une jeunesse ethnique qui se sent persécutée par la police. Un quartier pauvre et à l’abandon. Un climat économique difficile. Puis l’étincelle: une bavure policière qui enflamme les esprits. Les émeutes de Tottenham en août dernier? Oui. Mais aussi celles, raciales, de Brixton, un quartier afro-caribéen de Londres, en 1981. Leurs répercussions furent si profondes qu’elles seraient à l’origine du multiculturalisme britannique. Elles changèrent la Grande-Bretagne à jamais.
Une grande étude qualitative, menée par The Guardian et la London School of Economics, vient d’identifier les causes des émeutes de l’été dernier. La brutalité policière fut la motivation première des casseurs, de Londres à Liverpool. L’histoire se répète avec une précision époustouflante.
En avril 1981, les résidants de Brixton et la police étaient à couteaux tirés. En réponse, Scotland Yard avait mis les bouchées doubles: mille fouilles policières en cinq jours. Il aura fallu la mort d’un jeune homme pour mettre le feu aux poudres.
Trente ans plus tard, le décès de Mark Duggan, un gangster notoire abattu par la police, a eu, cette fois-ci, des répercussions dans tout le pays. Le jeune homme est devenu un symbole, voire un martyr pour les jeunes Britanniques enragés contre la police, une gang comme une autre à leurs yeux. Les jeunes de Tottenham se disent régulièrement harcelés et passés à tabac par des agents.
Les similitudes entre les émeutes de 1981 et 2011 s’arrêtent aux portes des centaines de commerces qui ont été pillés à travers le pays en août dernier. Simple opportunisme? Symptôme de notre ère matérialiste? Les avis divergent.
Les réactions aussi. Je retiens celle de Brian Paddick, ancien numéro deux de Scotland Yard: “Nous devons nous attaquer aux enjeux sous-jacents qui entraînent un tel sentiment d’aliénation, comme les inégalités sociales, le chômage et les logements sociaux vétustes. En même temps, la police doit comprendre que beaucoup de gens se sentent persécutés (”over-policed”) plutôt que protégés. Elle doit travailler plus fort pour les convaincre qu’elle est de leur côté.”










tiplon
5 décembre 2011
10h51
voici le lien
http://www.youtube.com/watch?v=NuuDnqSPnhA
drstrange
5 décembre 2011
10h59
Les milliers de caméras présentes à Londre n’amoindrie certainement pas l’impression de la population d’être «over-policed».
Si ce qui initiait ces émeutes n’était que l’opportunisme des pilleurs, ces émeutes arriveraient beaucoup plus souvent. Or, ce n’est pas le cas. Il y a donc forcément un élément (ou un combinaison) déclencheur social ou économique.
Se fermer les yeux là-dessus serait aussi stupide que de nier le réchauffement climatique.
Reste à isoler les facteurs et les corriger. Et s’il s’agit d’abus policiers, je suis triste de vous informer que les émeutes risquent de se reproduire puisque je doute que des gens ayant du pouvoir arbitraire sur la population le cède volontairement sans y être forcé.
jeanfrancoiscouture
5 décembre 2011
11h35
….@MaliP: Vous dites: «un gangster notoire abattu par la police»
++++++++++
Pour ma part, si la police abat un «gangster notoire», fut-il irlando-québécois comme moi, je ne vais pas descendre dans la rue. J’aurais plutôt tendance à dire «bon débarras» comme la majorité des gens l’on dit s’agissant d’un certain Bin Laden.
Non mais qu’est-ce que c’est que cette manie d’invoquer la race, le statut social, ou quoi que ce soit d’autre pour expliquer les débordements comportementaux? Il y a toute une différence entre rayer un bandit de la carte, peu importe son origine, et battre un jeune parce qu’il ne serait pas «de la bonne couleur».
tiplon
5 décembre 2011
19h03
le lien du dessus est pour le sujet précédent:“On devrait exécuter les grévistes”
ydubois
7 décembre 2011
13h52
jeanfrancoiscouture ….Tout ça c’est comment justifié la haine de l’occident 101…Vous n’avez pas vue le même scénario lors du “printemps arabe” … Mais où sont-il donc les hérauts visionnaires d’un Printemps Arabe aux couleurs de la liberté et de la démocratie? Eux qui s’exaltaient et qui s’enflammaient devant des «révolutions» d’un monde nouveau fondé sur les droits humains fondamentaux, on ne les voit plus et on ne les entend plus! Peut-être ont-ils maintenant honte de s’être comportés comme des bonasses myopes?
Nous vivons au Québec (et dans bien d’autres pays occidentaux, la France, par exemple) dans un univers médiatique solidement assujetti au «catéchisme de la bien-pensance» et de la rectitude politique. On peut le vérifier facilement en recensant les informations…escamotées…Ici et ailleurs.
latour
7 décembre 2011
23h07
“Brian Paddick, ancien numéro deux de Scotland Yard”. Les dirigeants retraités peuvent se permettre de dispenser leur sagesse acquise aux dépens des intéressés.