
On voit très bien, sur cette photo, pourquoi la forêt à lichen n'intéresse pas l'industrie forestière... (Crédit : François Girard)
Une nouvelle menace vient de s’ajouter à la liste des dangers qui pèsent sur la forêt «commerciale» québécoise, mais contrairement aux insectes et à la surexploitation, celle-là ne tombe pas sous le sens a priori : c’est la forêt espacée, ou «à lichen», qui a grugé près de 10 % de la pessière dense (ou «fermée) depuis une cinquantaine d’années.
D’après des études récentes dirigées par le chercheur François Girard — quand il était doctorant au Centre d’études nordiques ; il termine présentement un contrat au Centre de foresterie des Laurentides, à Québec —, les «ennemis traditionnels» de la forêt fermée que sont les incendies, la surexploitation et la tordeuse se sont souvent suivis de manière trop serrée au XXe siècle. Quand, par exemple, un épisode de tordeuse empêche les épinettes de produire des graines pendant un douzaine d’années, il reste alors bien peu de graines «viables» au sol. Et si un feu ou une coupe survient à ce moment, le peuplement autrefois dense ne se régénèrera pas comme avant, mais repoussera en forêt à lichen, dont les arbres sont trop espacés pour qu’il soit rentable de l’exploiter.
Les feux de forêt sont aussi devenus plus fréquents au siècle dernier, possiblement à cause du réchauffement climatique. Celui-ci provoquerait aussi des incendies plus hâtifs, qui brûleraient la forêt à un moment où la terre est encore gelée, ce qui empêcherait les graines de germer — et la forêt dense se convertirait encore en forêt à lichen. Tout indique qu’il s’agit-là d’un phénomène naturel (la forêt fermée a toujours été parsemée de «poches» de forêt ouverte), et la tendance en faveur de la forêt à lichen ne devrait pas, en principe, se maintenir très longtemps. Mais il faudra peut-être des siècles avant que la pessière dense ne reprenne le terrain qu’elle a perdu.
Plus de détails dans mon papier paru ce matin dans Le Soleil.










gl000001
26 janvier 2012
11h37
C’est un complot, non pas manichéen, mais plutot lichenéen.
La forêt étant moins dense et ayant plus de lichen, est-ce que ça favorise le caribou des bois ? Encore faut-il que ça soit le lichen que mange cette magnifique bête.
Incidemment, à l’invitation de notre guide, j’en ai mangé du lichen à caribou dans les Chic-Chocs. Ce n’est pas très bon. Les caribous n’ont pas un grand sens du dégout.
mononke
26 janvier 2012
14h39
L’article en question est très intéressant et en conncordance avec une conversation que j’ai eu il y a quelques années avec un chercheur du ministere des forêt dont j’ai perdu la trace car nous n’avons eu qu’un brève conversation sur le sujet puisqu’il recherchait pour ses recherche une série particulière de photo satellites en infra rouge qui servaient sur un autre projet de coopération entre le STar Imsat de l’UQAC et l’université de NY at Albany ( détermination du potentiel pv) .
Depuis plusieurs années une partie de la vérification des coupes se fait par photo satellites car en infra rouge les surfaces de le sol nu fraichement coupé se calcule aisément en fausses couleurs et sont disponible facilement (moyennant quelques $) via la NASA .
Avec les années on a coupé de plus en plus au Nord et sur les photos on remarquais depuis quelques années des trous de sables dans la repousse, le chercheur parlait de désertification possible. Si on connait bien le type de repousse au sud plus au nord c’est un peu plus nouveau et on a très peu de recul.
Il faut dire que l’épinette qui couvre ce sol est une espèce particulière sur plusieurs points , les racines sont superficielles et elle poussent comme en gang pour se protéger du vent si non elle se font déraciner facilement et lors de ces évènemnt le sol est également arraché sur une grande surface souvent jusqu’au sable qui permet plus difficilement la repoussse, le vent constant fait le reste .
Heureusement que des chercheurs se questionnent sur le phénomène espérons juste qu’on leur laissera la liberté de nous informer et que l’appat du gain ne poussera pas certains à les faire taire nous conduisant à une véritable erreur boréale II.
the_brooky
27 janvier 2012
14h59
Ce commentaire est totalement hors sujet et mérite de ne pas être publié, mais à qui doit-on s’adresser afin que votre blogue ne soit pas dans le dernier quart de cyberpresse? Il est très intéressant et les discussions stimulantes et nombreuses et je ne vois pas pourquoi vous vous retrouvez en toute fin?
Mille mercis pour ces bons mots. Je tâcherai de rester à leur hauteur. Le meilleur endroit pour ce genre de commentaire est ici : http://www.cyberpresse.ca/contact/reseau/contact.php
JFC
ixelles
28 janvier 2012
11h05
Si on n’avait pas ds les années 80-90 continué de reboiser avec des espèces rentables pour l’industrie mais tenant peu compte de l’écologie forestière , on aurait des épidémies moins rapprochées. Alors que ds les lots privés des compagnies forestières, on faisait des peuplements mélangés et des coupes sélectives en damiers,sur les forêts publiques on replantait avec les essences favorites de la tordeuse…La gestion de la forêt publique ce dernier cent ans a été un gaspillage éhonté d’une ressource qui appartient à tous les québécois. Pas étonnant que les pays scandinaves soient toujours en avance sur nous. Jettons-nous encore 40% de l’arbre abattu ds nos forêts? L’Amérique du nord, royaume du gaspillage…
claude_desjardins
29 janvier 2012
10h01
@the_brooky Vous avez raison. La science n’a pas la place qu’elle mérite sur cyberpresse. La preuve ? Elle est absente du menu principale. En tout et place, nous avons droit à la section “THECNO”. Bravo à La presse……..
hugotruche
29 janvier 2012
22h02
Deuxième commentaire hors sujet pour cet article (désolé :P ).
J’ai un complément d’information intéressant par rapport à votre article “Le polygame du dimanche” publié le 29 janvier dernier. Ça provient d’un segment de l’émission “Le code Chastenay” que voici :
http://goo.gl/Sthg5
En résumé :
L’approche présenté tente d’établir le niveau de polygamie de l’être humain en comptant
le nombre de points de recombinaison sur les chromosomes causé par le brassage génétique.
En fait, l’homme et la femme contribue tous 2 au brassage génétique de tous les chromosomes, sauf pour la paire de chromosomes sexuels qui sont rebrassés seulement par les femmes, car l’homme possède un chromosome X et un Y qui ne se mélangent pas (contrairement à las femme qui possède 2 chromosomes X).
Ainsi, plus il y a de recombinaisons sur le chromosome sexuel par rapport aux chromosomes non-sexuels, plus il y a de femmes par homme qui a contribué au matériel génétique et, donc, plus il y aurait eu polygamie. Leurs résultats sont les suivants : il y aurait 1 homme pour 1,4 femmes en Afrique, pour 1,3 femmes en Europe et pour 1,1 femmes en Asie. Bref, un polygame du dimanche!