Le Mont Carmel en Maurice a fermé ses portes ce matin à la grande surprise de bien des gens, travailleurs, détenteurs de passes de saison, clients, fournisseurs et même des gens de l’industrie. « On n’avait aucune indication que la station pouvait être en difficulté financière » nous disait cet après-midi Claude Péloquin, d.g. de l’Association des Stations de Ski du Québec ». On dit même que la station mauricienne avait investi plus de $3 millions l’été passé pour mettre ses installations à jour.
Pour le moment la station n’a fait aucun commentaire concernant la situation que l’on imagine être de nature financière, la difficile saison des Fêtes ayant sans doute fait déborder le vase.
Impossible de savoir non plus si la station pourrait continuer de fonctionner sous tutelle jusqu’à la fin de la saison et permettre ainsi aux abonnés de récupérer une partie de leur investissement. Plutôt bizarre comme décision puisque les prochaines semaines sont les plus profitable de la saison. « C’est la première fois que je vois une station fermer en pleine saison », nous disait Claude Péloquin, « habituellement les banques attendent la fin de la saison avant de forcer la fermeture d’une station » ajoutait-il.
L’avenir des petites stations
Les causes de la fermeture soudaine du Mont Carmel et la suite des choses seront sans doute tirées au clair dans les prochains jours mais quelle est la situation générale pour les petites stations en région?
Comme c’est le cas dans plusieurs secteurs d’affaire les gros deviennent plus gros et les petits régressent. Le ski ne fait pas exception. Selon l’ASSQ il y a 75 stations au Québec. Cinquante pour cent d’entre elles sont municipales ou gérées par une coopérative ou une OSBL. Mont Avalanche à St-Adolphe d’Howard, Ski Latuque en Mauricie, Mont Bélu, Mont Fortin et Mont Édouard au Saguenay et Mont Grand Fonds dans Charlevoix en sont quelques exemples. Allons plus loin, même la grande station Mont Orford en Estrie est présentement entre les mains du para publique et Le Massif de Charlevoix y était lui aussi avant d’être racheté par Daniel Gauthier à sa retraite du Cirque du Soleil.
L’autre 50% des stations appartient au privé. Vingt pour cent de ces stations représentent 75% de l’achalandage total du ski au Québec. On se doute bien que ces stations incluent entre autres Bromont, Mont St-Sauveur, Tremblant, Mont St-Bruno, Mont Sutton et quelques autres. Que reste-t-il aux petits?
Les conglomérats monopolisent la fréquentation
Au privé les conglomérats monopolisent de plus en plus la fréquentation. Le Groupe Mont St-Sauveur (MSSI) cumule les jours ski des monts Avila, Olympia, Gabriel, Ski Morin Heights dans les Laurentides et Edelweiss en Outaouais tandis que Resorts of the Canadian Rockies possède Mont Sainte-Anne et Stoneham, les deux plus importantes stations de la région de Québec. Ces stations réussissent tant bien que mal avec des économies d’échelle à dégager suffisamment de profits pour financer les améliorations qui s’imposent.
Des millions et des millions
Parmi les investissements les plus importants des stations notons les remontées mécaniques (au moins $2 millions pour une remontée de base); dameuses (400 000 $ à 500 000 $ selon le modèle); et l’enneigement artificiel qui vous bouffe un million $ en criant canon.
Les conglomérats peuvent aussi ajuster leurs coûts rapidement. Pour le groupe MSSI par exemple il est facile de fermer les stations satellites quand ca ne va pas en redirigeant les membres à la station mère, Mont St-Sauveur. Il en est de même pour le ski de soir; on peu rationaliser en fermant les stations satellites le soir tout en permettant à leurs membres de skier au Mont St-Sauveur. Entretemps le Mont Habitant et le Chantecler deux stations indépendantes dans la même région n’ont pas cette option et doivent souvent ouvrir à perte pour ne pas frustrer leur clientèle.
Les petites stations détenues entièrement et depuis longtemps par des familles tirent elles aussi leur épingle du jeu elles parce qu’elles n’ont pas de grosse dette. C’est le cas des Vallée Bleue, Ski Montcalm, Mont St-Bruno et Owl’s Head entre autres. Mais s’il fallait acheter une de ces stations et supporter une dette de plusieurs millions, la rentabilité deviendrait problématique. D’où aussi la problématique pour ces petites stations d’obtenir le financement nécessaire à la modernisation de leurs infrastructures.
Bien des stations ont disparu
Les difficultés financières des petites stations n’ont rien pour faire la manchette. Dans certaines régions comme les Laurentides il y a moins de stations actives en ce moment qu’il y en a qui ont disparu au fil des ans. Souvenez-vous du Mont Alouette, de Sun Valley, Mont Ste-Agathe, Mont Fugère, Mont Castor à Ste-Agathe, La Marquise, Mont Christie, Chalet Cochand, Jasper et j’en passe comme la vénérable Gray Rocks une des premières stations des Laurentides, station qui a grandement contribué à la réputation des Laurentides comme région de ski. Même elle, avec son histoire, sa fameuse école de ski prisée par les américains et ses activités 4-saisons, y est passée.
Plus récemment le sort est aussi tombé sur Montjoie à North Hatley, Mont Glen et Mont Écho en Estrie, Mont St-Castin au Lac Beauport, La Crapaudière et Grande Coulée dans Chaudière-Appalaches. La fermeture du Mont Carmel nous a peut-être surpris mais elle ne fait que s’inscrire dans une tendance qui fait qu’avec la hausse des coûts, la vie devient de plus en plus difficile pour les petites stations surtout celles qui doivent supporter une dette.











cimequaire
17 janvier 2012
18h39
En lisant votre liste de stations fermées dans les Laurentides, que de bons souvenirs ont surgis en moi ! Mais vous avez omis ma station préférée, celle que nous fréquentions les samedis avant d’entendre nos chansonniers alors tout jeunes à la “Butte à Mathieu” et je parle du Mont Plante à Val David
gl000001
17 janvier 2012
19h31
Bien dommage. Mais je suis soulagé que ça ne soit pas le Domaine de la Foret Perdu à Notre-Dame-du-Mont-Carmel ou on fait du patin dans un labyrinthe dans le bois.
micheldallaire
17 janvier 2012
19h42
En Outaouais, on n’a pas le luxe d’avoir une grosse station, comme à Québec ou dans les Laurentides. Ce sont de petites stations de voisinage telles Vorlage; Camp Fortune; Edelweiss ou Cascades qui vivent du même marché, soit Ottawa-Gatineau. Et il y a Mont Ste-Marie, en Haute-Gatineau, qui tire tant bien que mal son épine du jeu et qui relève de Camp Fortune. La saison a comme partout ailleurs réellement débuté après les Fêtes et le w-e dernier, avec sa température glaciale, n’a pas arrangé les chose côté fréquentation. Ces stations n’ont pas encore affiché 100% de leurs pentes ouvertes, ce qui en dit long sur leurs capacités à fabriquer le “white money”. On entend nous aussi des rumeurs mais pour l’instant, ça ne reste qu’au stade de oui-dire mais je crois que les embellies sont rares, malgré le discours jovialiste des dirigeants de ces stations outaouaises.
Jesuisbannipcqjaimelebleu
17 janvier 2012
20h57
C’est effectivement très rudes pour les petits joueurs….dommage car on y trouve parfois de petits bijoux. Pas besoin de village à la Tremblant pour avoir du beau ski.
J’ai une question pour vous M. Thibaudeau (et autre intervenants du blogue): je n’ai pas fait de ski depuis 15 ans et je veux m’y remettre. Je n’ai aucune idée de comment je vais réagir sur mes skis, même si je me débrouillais assez bien quand j’ai arrêté. Est-ce que le Mont Blanc est un bon choix pour une première visite? Devrais-je me rabattre sur une autre station, histoire de me “refaire les jambes”?
xski
17 janvier 2012
21h47
Salut Je suis banni.., ma chérie me dit souvent: “Le ski c’est comme la bicyclette, ça ne s’oublie pas”. Alors, vous devriez avoir confiance et si vous adoptez les nouveaux skis, ça devrait vous faciliter la vie mais la technique est un peu différente.
Tant qu’aux centres de ski, ils ont le même problème que la poplation: l’économie. Les coûts montent plus vite que les salaires, les entreprises ferment ou foutent le camp, les jobs se perdent et tout le monde vieillit. Les plus forts vont survivre, les plus faibles périr. Et pourtant! Le ski c’est supposé être pour le “plaisir”. Espérons des jours meilleurs pour tous. Xski
bisbille
18 janvier 2012
07h58
C’est triste pour la Mauricie. Après Vallée-Pruneau, St-Gérard (St-Mathieu), voilà mont-Carmel. Beaucoup de gens de la région ont débuté à cette station.
Voici un lien intéressant pour ceux qui s’intéressent à l’histoire des stations de ski au Québec : http://www.zoneski.com/forum/index.php/forum/66-histoire-des-stations-du-quebec/
micheldallaire
18 janvier 2012
08h33
En réponse à l’interrogation de “Jsuisbanni..”, je répondrais ceci: si vous avez plus de 40 ans, une visite chez le doc est de rigueur. L’aspect médical est à considérer car le ski alpin peut être assez intense au niveau de l’effort, donc on ne badine pas avec le cardiaque. Par la suite, j’irais avec un forfait location d’équipement/cours de ski. Bon retour!
nininou
18 janvier 2012
09h36
Je me désole encore de la fermeture du Mont Glen à Knowlton en 2004, un centre de ski fantastique (haut dénivellé) avec neige naturelle. C’est là que j’ai appris à skier ainsi que mes enfants. Je n’ai jamais pu m’habituer à la neige artificielle. J’adorais ce petit centre familial.
Je sais qu’il devait rouvrir en 2009, après un mois d’ouverture en 2008, mais comme je ne fais plus de ski alpin, a-t-il réouvert finalement?
skimrg
18 janvier 2012
11h18
Pour répondre à jesuisbanni, vous pouvez commencer en consultant le site www.monski.ca fait expressément pour les nouveaux ou les “brebis perdues” comme vous. Aussi à Bromont il y a de bons forfaits qui offrent le billet ET la location d’equipement moderne. Votre équipement de 15 ans est aussi désuet; vous aurez beaucoup plus de plaisir et de facilité avec les skis profilés.
Et pour nininou… le Mont Glen est toujours fermé. L’essaie de 2008 n’a pas été concluant pour le nouveau proprio. GT
spindoctor
18 janvier 2012
12h59
Je pense que le problème est encore plus profond que celui nous apparait actuellement. Le ski tel qu’on le connait et les station de ski telle que nous les connaissont devrons faire des ajustements majeur pour survivre. D’abord les changements climatiques feront en sorte que les aisons seront de plus en plus courtes, la période de fêtes sera la plus durement touchée et c’est la,actuellement que les stations font leur saison. Ensuite l’offre tel que présenté correspond de moins en moins au public cible: horaire,type de piste , etc. Les stations eles même ne suffisent plus à générer des profits: Quand on pense qu’une station comme ORFORD FERMERAS dans 3 ans il faut se poser des questions, car c’est ce qui arriveras. Actuellement la montagne est artificiellement en vie grace aux fonds public. Quand les MRC essaierons de passer le flambeau personne ne le prendra et ce sera terminé, à moins que la population locale se prenne en main et décide de regarder du côté de jay peak ou le développement intelligent de la montagne a assuré sa pérénitée. Mais ce n’est pas gagné car il y aura toujours les C.A.V.E. (CITYZEN AGAINS’T VIRTUALLY EVERYTHING)
Jesuisbannipcqjaimelebleu
18 janvier 2012
13h01
Merci à tous pour vos réponses, j’en prends bonne note.
@xski
J’espère que votre chérie a raison :) Mon instinct me dit que oui, il reste à confirmer sur les pentes.
@micheldallaire
J’ai 30 ans et j’entretiens mon cardio, je ne suis pas complètement sédentaire, alors côté santé ça devrait aller. Merci de vous en faire pour moi :)
@skimrg
Très intéressant ce site, merci! Je suis effectivement une brebie perdue…je ne suis pas vierge, mais ça remonte à loin. C’est certain que je veux visiter Bromont, mais à ma première visite je ne crois pas….je vais y aller avec quelque chose de moins imposant. Mais je me promets Bromont d’ici le printemps, si tout va bien.
Évidemment ce sera la location d’équipement, au moins pour quelques fois. Ça revient plutôt cher à environ 30$ chaque fois, mais avant d’investir sur un coup de tête, je veux être certain que j’ai encore “la flamme” :)
skadi
18 janvier 2012
13h26
Excellent papier M. Thibaudeau, mais vous oubliez trois facteurs important qui minent l’avenir du ski au Québec.
Le premier, Hydro Québec avec ses tarifs abusif pour les centres. Hydro vend son électricité moins cher à Jay Peak qu’aux stations du Québec. Après cela, on se demande comment Jay fait pour offrir des passes de saison bon marché. Il serait temps que l’état soi cohérent quand il parle de développement.
Le second, la pauvreté relative des Québécois. La province se classe en queue du peloton des provinces et états au canada et usa. Moins d’argent dans les poches des contribuables veut dire moins de dépense pour les activités tel que le ski alpin. Mais bon, c’est le sacro saint modèle Québécois que je remet en question. En plus de notre pauvreté grandissante vu l’appétit toujours grandissant de l’état pour des programmes discutables, les dépenses de ménages ont connu un glissement vers les télécoms et autres bidules électronique ce qui laisse encore moins de sous pour les activités extérieures.
La troisième: la démographie. Non pas seulement la population vieillie, mais les “tricoté serré” et “waps” se font de plus en plus rare. L’avenir du ski repose entre les mains des néo québécois et l’industrie ne fait rien pour séduire cette clientèle qui ne demande qu’à s’intégrer. Rien dans la dernière campagne de l’industrie n’est fait pour eux. Idem dans mon ski.ca
micheldallaire
18 janvier 2012
14h32
skadi met le doigt sur un gros bobo de l’industrie et c’est l’inadaptation efficace au changement majeur qui frappe l’occident, c’est-à-dire le déclin des Baby Boomers. Il faut noter qu’en 2000, l’industrie du ski aux USA a adopté un modèle pour redémarrer la croissance en adoptant le “Model for growth”. Idem au Canada, qque temps plus tard.
http://www.nsaa.org/nsaa/marketing/mfg_Detailed_Summary.asp
Il y a une statistique qui dit tout. Actuellement, le taux de rétention d’un(e) skieur(se) qui débute est de 15%. Donc, 85% des néo-skieurs alpins ne vont pas plus loin et abandonnent le sport. Pour contrer la désaffectation des boomers, il faudrait un taux de rétention de 25%. Allez, “jesuis banni…”, amenez toutes vos amies sur les pentes!
gasston
18 janvier 2012
15h06
Ça va devenir encore plus difficile pour l’industrie lorsque le lobby du “papier à bulles” réussira à convaincre notre chère gouvernemaman d’imposer le casque sur les pistes… vous verrez alors une migration de skieurs vers les centres comme Jay Peak oÙ on pourra encore faire du ski librement. Ça ne devrait pas tarder. Je me prépare déjà à troquer mes journées de ski au Québec contre des week-ends à Whiteface. Beaucoup de $$ qui seront dépensés ailleurs qu’au Québec, et bye bye TPS/TVQ!
northernbud
18 janvier 2012
15h36
@gasston : “Beaucoup de $$ qui seront dépensés ailleurs qu’au Québec, et bye bye TPS/TVQ!”
Et bonjour facture salée d’hôpital… J’espère que vous avez de bonnes assurances (privées).
chriss
18 janvier 2012
21h31
J’ai bien peur que le même scénario se produira dans le domaine du ski de fond. Surtout si un ou deux centres des Laurentides commencent à fabriquer de la neige. Les autres ne pourront pas suivre.
gasston
18 janvier 2012
22h49
@ northernbud: je ne me suis jamais fait mal en ski, je ne sais pas pourquoi ça changerait si je skie aux USA… ça devrait être encore moins dangereux, car ne je serai pas entouré de “casqués” qui foncent n’importe où.
Mais ne vous en faite pas pour moi, je suis un heureux bénéficiaire du système de santé public du Québec, alors si quelque chose devait m’arriver, ce sera à vous de payer, alors merci!
simonolivier
19 janvier 2012
11h49
Bon point de Skadi. Présentement HQ vend l’électricité 16 sous du Kilowatt aux stations de l’Estrie. (Bromont, Sutton, Orford et Owl’s Head). Il vend le même électricité à leurs concurrents du Vermont 7 sous. Pour une station comme Bromont qui utilise énormément d’électricité pour les remontées, le ski de soir et la fabrication de neige, ca devient une concurrence déloyale. Et Bromont emploie des centaines de personnes à temps plein et partiel. Probablement plus de 1000 personnes. Fait peu connu les deux principales cie d’électricité au Vermont appartiennent à Gaz Métro Soit Green Mountain Power et CVPS. Et qui est l’actionnaire principal de la société qui détient Gaz Met??? Et oui HQ
skadi
19 janvier 2012
12h36
@ simonolivier Merci pour les précisions des coûts et de nous rappeler que Hydro aide les centres de ski du Vermont à planter ceux du Québec.
gasston
19 janvier 2012
20h51
OK, j’ai maintenant deux raisons de franchir la frontière : la liberté de skier, et des remontées subventionnées par Hydro Québec! Je n’en demandais pas tant!
northernbud
19 janvier 2012
22h07
@gasston 18 janvier : je m’en doutais bien. Ce qui confirme ce que je pensait depuis longtemps sur les gens de votre acabit. Bien bons pour cracher dans la soupe quand ça fait leur affaire mais quand la faim pogne par exemple, les premiers à se jeter sur la soupière.
Ce qu’il y a du beau monde quand même au Québec.
skadi
20 janvier 2012
08h54
@ gasston je ne comprend pas votre dernier commentaire. Expliquez moi en quoi il n’y a pas de liberté de skier au Québec. Si c’est l’histoire du casque, il n’est pas obligatoire dans la belle province. Votre commentaire concernant votre 2e raison est un tantinet ridicule. Ah oui, blessez-vous au plus vite à Jay, vous irez alors à Newport. Vous verrez alors que las RAMQ vous remboursera ce que vos soins auraient couté au Québec. Pour une jambe cassée, vous serez probablement forcé de liquider des actifs pour payer la note de l’hôpital car il semble selon vos commentaires précédents que vous n’avez pas d’assurance privé. Et tant qu’à agir en irresponsable, je vous suggère de faire un accident de la route avec un ami-requin, accident qui comportera des blessés. Je suis certain que vous n’avez pas 5 millions en responsabilité civile quand vous roulez aux states…