Mardi 13 Juin 2006, 8h08
Coquecigrue en espéranto
Dans mon texte sur les HEC de Montréal, tel que publié hier, j’avais écrit: “…ces jeunes ont croisé le fer … bla-bla-bla … Tout cela en anglais, l’espéranto de la vraie vie”. Il s’en est suivi une levée de boucliers de la part d’adeptes de l’espéranto. Ces propos n’ayant rien à voir avec la substance de mon article, je les retire et les publie ci-après. Si vous voulez commenter les activités des HEC, retournez à l’autre article. Si vous voulez me planter pour avoir commis une phrase blessante à l’endroit de cette langue, vous êtes au bon endroit. Merci de ne pas mélanger les genres.
J’ignorais vraiment qu’il pouvait y avoir tant d’adeptes vigilants de l’esperanto. Ici à Montréal, on n’en entend que rarement parler. Tout le monde semble prendre pour acquis que l’anglais est devenu la lingua franca, celle du commerce et de la diplomatie internationale. Au Québec, nous travaillons très fort pour vivre en français, nous insistons pour que tous nos compatriotes québécois, nés ici ou ailleurs, le fassent, cela malgré les charges hostiles et soutenues de l’appareil fédéral canadien. Sauf que nous sommes impuissants face aux étrangers de toutes cultures qui, à ce qu’il me semble, ont jugé à propos d’apprendre l’anglais utilitaire comme dénominateur communicationnel commun. Désolé s’ils ont négligé de confier ce rôle à l’espéranto. C’est la situation ici en 2006 et il nous faut quand même être réalistes.
Hier, le premier commentaire à la suite de mon article sur les HEC a été celui d’un dénommé Olso qui, avant de me piquer sur l’esperanto, a carrément questionné mon intégrité professionnelle en qualifiant mon article de publi-reportage commandité par SAP. Cela m’a choqué et blessé, d’où mon ton agressif. J’aurais dû me contenir et je m’en excuse.
Voici, ci-après les commentaires sur l’espéranto. Quant au passage qui me les a vallus, je l’ai retiré de l’article. Merci d’accepter cette modification dans la structure de mes textes.
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71 commentaires | Permalien | Publié par Nelson Dumais dans Événement
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Olso
Le Mardi 13 Juin 2006
C’est sûr que c’est important de maîtriser les ERP comme SAP et les autres, et SAP est sûrement très content de ce publi-article (à moins qu’il n’ait été écrit par SAP-même).
Cependant, dire “en anglais, l’espéranto de la vraie vie”, c’est plus qu’abusif. Même si la métaphore est - hélas - devenue courante, l’anglais est loin d’être une langue aussi juste, équitable, facile et rapide à maîtriser que l’espéranto, dont les qualités linguistiques ne sont plus à démontrer. L’espéranto s’apprend en moyenne 10 fois plus vite que l’anglais. Et surtout, si nous apprenons tous l’anglais, qui se réjouit surtout ? Qui se frotte les mains ? Ce sont les anglophones natifs, Etatsuniens, Britanniques, etc, qui gagnent 17 milliards d’euros en Europe grâce à l’hégémonie de l’anglais (cf. le rapport Grin). Qui a dit que nous étions dans un monde de concurrence parfaite dans les langues ? Pour une véritable démocratie linguistique et la liberté d’apprendre les langues, pour économiser dans les langues, vive l’espéranto, langue équitable.
sophie
Le Mardi 13 Juin 2006
Monsieur,
Je suis très surprise de votre propos “l’anglais est l’espéranto de la vraie vie” surtout de la part d’un Québécois !
Vous qui subissez sans cesse les attaques des arrogants anglophones qui vous entourent : “speak white” ça ne vous dit rien ? A moins que comme certains chez nous, en France, que nous nommons “coca-collabos”, vous soyez passés sans scrupules du côté de la puissance mondiale, prêt à enterrer votre langue vous-même !
L’espéranto existe et ce n’est pas l’anglais ni aucune autre langue natale, français y compris. L’espéranto n’est à aucun peuple, à aucun pays, il est à tout le monde. Il s’apprend en 10 fois moins de temps que toute autre langue, il est multiplicatif (les autres langues sont additionnelles), sa grammaire est simple, précise et sans exception !
Alors, de grâce, ne donnez pas à l’anglais, langue des puissants Etats-Unis, arme redoutable dans leurs mains de domination, le surnom de l’espéranto ! L’anglais dominateur, stratégie de conquête établie par l’Anglo-American Conference de 1960, n’est pas une “espérance”, c’est une menace.
Sophie
Wàng
Le Mardi 13 Juin 2006
Mon cher Monsieur Nelson,
je n’aime pas beaucoup ( euphémisme…) le ton arrogant, méprisant et condescendant que vous utilisez à l’encontre de l’espéranto. ( beau rêve, vase clos, etc.) . Ni cette comparaison ridicule avec l’anglais, qui ne fait que montrer votre ignorance totale de la question interlinguistique. Ne vous en déplaise, l’espéranto est une langue vivante, parlée tous les jours dans tous les domaines les plus divers ( internet, radio, télévision, congrès, clubs…) y compris en tant que langue maternelle.
Et sachez que ce dont nous avons besoin, ce n’est pas de savoir qu’il y a des mecs capables de se payer des études je-ne-sais-où pour pouvoir « baragouiner » avec arrogance leur indignité, qui serait la seule chose qu’ils auraient en commun, mais d’une vraie langue commune, assurant l’égalité et la fraternité entre les peuples, riche, facile, précise. Si vous pensez que ces valeurs, la justice et l’égalité entre les peuples sont des idées ringardes, pas la peine pour autant de nous étaler votre applaventrisme comme le modèle à suivre.
Avec mes sentiments les plus cordiaux,
Wàng
skirlet
Le Mardi 13 Juin 2006
Arlès Michel
Le Mardi 13 Juin 2006
Ce sera, Monsieur, une Première mondiale aux HEC lorsque cette vénérable institution pratiquera l’espéranto, le vrai, celui de la précision, de la concision et de la simplicité, initié par le génial M Zamenhof pour permettre aux hommes de toute langue et de toute culture de se comprendre entre eux sans équivoque et avec le moindre effort consenti de part et d’autre…
Ce ne sera que l’exercice d’une scandaleuse hégémonie tant qu’on se contentera de soumettre le monde entier à la langue (pourtant si difficile à prononcer) du pays dominant (et même largement dominateur) en imposant à tous, dans la même enveloppe, le dollar et l’anglais, tous deux respectables tant qu’ils restent la monnaie et la langue d’un ou quelques pays, pas des instruments de DOMINATION EHONTEE du MONDE ENTIER !
Cette situation, particulièrement injuste pour tous les “Dominés Ponctionnés”, n’a rien d’un “espéranto de la vraie vie”. C’est très précisément le contraire : l’Injustice de la vie de soumission tous azimuts ( parfois hélas avec la complicité de l’esclave, comme dans votre cas précisément ! )
Michel Arlès
Jérémie
Le Mardi 13 Juin 2006
Je trouve le message d’Oslo tout à fait clair et correct, je souscris à tout ce qu’il dit, et je trouve que la réponse que “Nelson” lui a faite est bien acerbe : comme toujours quand on met le doigt sur un tabou gênant, c’est à dire la domination injuste de l’anglais.
L’anglais n’est pas “l’Espéranto de la vraie vie”, c’est la langue commune faute de mieux et l’instrument de domination des Anglo-saxons sur le reste de la planète, notamment dans le monde de la pensée, donc de l’enseignement supérieur. Est-ce si réjouissant que ça ? Ne faudrait-il pas réfléchir un peu, avant de se résigner et de foncer tête baissée ?
L’Espéranto, quant à lui, ne peut véhiculer aucun impérialisme puisqu’il n’est la langue d’aucun peuple ou nation en particulier; il n’est donc pas comparable à l’anglais, c’est le moins qu’on puisse dire (et les Québécois devraient en savoir quelque chose) !
Fabien
Le Mardi 13 Juin 2006
Bonjour de France!! Je voulais juste vous dire que l’espéranto ca existe vraiment, vous n’avez qu’à taper “esperanto” dans google (qui existe d’ailleurs en espéranto) et vous serez sans doute étonnés. L’anglais n’est pas de l’espéranto, merci de ne pas tout mélanger. Ayez un peu de considération pour les vrais espérantophones qui parlent vraiment espéranto. Et vous même, mettez-vous y !! ; )
Merci.
Cordialement.
Ballaguy
Le Mardi 13 Juin 2006
Les commentaires précédents, avec lesquels je suis en complet accord, vous ont montré la légèreté de vos propos concernant l’Espéranto: je n’insisterai donc pas.
Cependant si votre curiosité s’en est trouvé piquée, mon ami N.F. se fera un plaisir de vous expliquer ce qu’est l’Esperanto (LE VRAI !). Et si vous pouviez vous échapper un instant du ”formatage” enseigné dans les écoles de commerce vous trouveriez sur
hyperlien
matière à réflexion :
Oui un autre monde est possible
Le Mardi 13 Juin 2006
>Tout cela en anglais, l’espéranto de la vraie vie.
Pourquoi donc, cher monsieur, n’avez-vous pas écrit cet article en anglais?
Cette “vraie vie” ne vous tente pas assez ?
Kial do, estimata sinjoro, vi ne skribis tiun artikolon angle ?
Chu tiu “vera vivo” ne sufiche allogas vin ?
Cordialement vôtre,
Kore via,
Kazo
Le Mardi 13 Juin 2006
Peut-être que Nelson a répondu aggressivement à Olso j’en convient, mais sans trop vouloir défendre Nelson, je crois que toutes ces réactions sont tout aussi un peu exagérées. Je crois que Nelson s’est mal exprimé c’est tout, il voulait simplement dire qu’à l’heure actuelle la grosse majorité des gens qui viennent d’endroits différents communiquent en Anglais, c’est juste une réalité c’est tout et ne me dites pas le contraire. J’ai voyagé dans plusieurs pays, et je vis maintenant en Chine, et bien que la plupart des gens que je rencontre sont au courant de l’Espéranto, je n’ai pas encore rencontré personne qui le parle! Quand je dois communiquer avec des gens à l’extérieur du Québec, c’est con mais se passe en Anglais. C’est pas mon choix, c’est juste comme ca c’est tout. La plupart des gens parlent Anglais, dans les aéroports c’est toujours l’Anglais qui domine, etc.
Et pour ce qui est de la Chine, présentement ici il y a un énorme processus en marche pour que tous les enfants apprennent l’Anglais, et ce le plus tôt possible. On engage des professeurs d’Anglais partout, comme ca, sans CV ni rien. T’es blanc, tu parles Anglais? T’as la job. Non, pas l’Espéranto, mais bien l’Anglais. En Chine on ne connait pas l’Espéranto. C’est une triste réalité mais du moins une réalité. Et on sait que la Chine est en voie de devenir une super-puissance (c’est déjà fait à mon avis) et que voulez-vous c’est comme ca et si vous avez des affaires à faire avec la Chine, et bien ce sera probablement en Anglais, que vous le vouliez ou non.
Ne me méprisez pas trop vite. Je n’ai rien contre l’Espéranto, au contraire je trouve que c’est une langue géniale, et je ne dis pas non plus qu’il faut “se soumettre” à l’Anglais. Tout ce que je dis c’est qu’à l’heure actuelle, l’Anglais domine et c’est une réalité. Je souhaite, moi aussi, que l’Espéranto progresse, et tant mieux si c’est le cas! Sauf que pour l’instant, j’ai bien peur que si vous voyagez et que vous ayez à communiquer, la plupart du temps vous n’aurez pas le choix de vous exprimer en Anglais. C’est la vie!
sophie
Le Mardi 13 Juin 2006
David, vous constatez la domination de l’anglais, leur volonté de coloniser la planète et vous vous résignez. Moi aussi, je constate, mais je me révolte. Les Chinois seraient donc prêts à enterrer leur langue, la première de la planète en quantité de locuteurs ? Quel dommage ! Ils pensent que tout ce qui est blanc et n’a pas les yeux bridés est anglophone ? Vous qui êtes sur place, démentez cette fausse idée reçue autour de vous. Ca sera déjà un début !
Les Chinois ne connaissent pas l’espéranto ? Branchez-vous sur Radio Pékin, ils émettent plusieurs fois par jour en espéranto !
L’anglais est présent, beaucoup trop, il s’est rendu incontournable pour le grand bonheur et l’énorme bénéfice des grands pays anglophones (18 milliards d’euros pour la seule GB) ! Unissons-nous pour le rendre contournable !
Sophie
Le Mardi 13 Juin 2006
Sophie vous n’avez décidément rien compris à mon commentaire. J’ai bien clairement précisé mon opinion et que je ne me “résignais” pas (malgré que j’ait utilisé le terme “soumettre”).
Je sais très bien comme vous que l’Anglais est trop présent mais ce que je dis c’est qu’on a souvent simplement pas le choix. À vous écoutez il faudrait boycotter complètement l’Anglais et exiger que tout le monde nous parle en Espéranto, partout? Bonne chance la prochaine fois que vous êtes en voyage et que vous avez besoin d’aide. J’espère, qu’au milieu de nulle part, vous trouverez quelqu’un qui partage votre amour de l’Espéranto et qui saura vous aider en Espéranto. Sinon, ne parlez surtout pas à personne en Anglais! Ne laissez pas quelqu’un vous aider en Anglais! Mon dieu, ce serait contre vos principes! Une résignation totale quoi! Vous feriez mieux à la place de rester perdue en attendant (quelques années?) quelqu’un qui saura vous sauvez en Espéranto…
Arlès Michel
Le Mardi 13 Juin 2006
Aux excellents propos de Sophie qui répond à David Gagnon, je pense qu’il faut encore ajouter que la Chine est à ce jour le pays où il y a le plus d’Universités qui enseignent l’espéranto. Germain Pirlot le confirmera avec plus de précisions probablement car il suit cela de plus près. Et la Chine est le pays où s’est tenu, pour la deuxième fois, le Congrès mondial des espérantistes en 2004 à Pékin, honoré de le présence de représentants gouvernementaux et marqu” par la mise en place d’un monument commémoratif !
Même si la situation n’est pas super formidable elle n’est surtout pas désespérée en Chine moins encore moins qu’ailleurs…
Et, depuis le Brésil où il y a tant d’espérantistes, brille désormais la télévision mondiale par Internet en Espéranto 24 h sur 24 !
Mais l’humanité serait-elle à ce point stupide qu’elle devrait marcher sur la tête dès lors qu’une majorité marcherait sur la tête ou se jeter dans le précipice comme les moutons de Panurge dès lors que les premiers se sont jetés nombreux déjà ?
Wàng
Le Mardi 13 Juin 2006
Bonjour David,
voici ce que m’inspire votre commentaire ( en quelques mots):
//je crois que toutes ces réactions sont tout aussi un peu exagérées.
->Je ne pense pas, je crois que c’est plutôt l’inverse, à savoir que les gens n’ont pas vraiment conscience de ce que sont les problèmes linguistiques, sous tous ces aspects ( difficulté des langues( y compris et surtout l’anglais), hégémonie d’une cutlure particulière sur toutes les autres, impôt linguistique, mentalités de petits colonisés, monopoles dans les domaines scientifiques, culturels, politiques, etc.). L’équation est simple: continuer à parler français et passer pour des sauvages dans la jungle anglobalisée, ou passer à l’anglais langue maternelle. Ca n’a rien de drôle.
//Je crois que Nelson s’est mal exprimé c’est tout
-> Peut être. J’ai été un peu aggressif sur le coup, mais ce n’était pas vraiment la peine de parler d’espéranto si c’est pour avouer après qu’il n’avait jamais eu la chance d’en entendre parler. ;-)
// en Anglais
-> Sans vouloir passer pour un donner de leçon, c’est ici aussi qu’on voit l’emprise et le lavage de l’anglais sur les cervelles: pas de majuscule en français. ;-)
//c’est juste une réalité c’est tout et ne me dites pas le contraire.
-> Vous avez parfaitement raison sur ce point, tout comme pour le sida, le cancer, la guerre civile au proche orient, les chiffres arabes au moyen âge, et la variole qui a été éliminée en 20 ans quand les états ont bien voulu s’entendre. ;-)
//J’ai voyagé dans plusieurs pays, et je vis maintenant en Chine, et bien que la plupart des gens que je rencontre sont au courant de l’Espéranto, je n’ai pas encore rencontré personne qui le parle!
-> Pourtant c’est possible, pour l’instant c’et uniquement une fréquentation virtuelle en ce qui me concerne, n’ayant pas l’occasion de voyager, mais il existe des espérantophones dans la plupart des pays et des réseaux efficaces ( pasporta servo)
//Quand je dois communiquer avec des gens à l’extérieur du Québec, c’est con
-> C clair.
//La plupart des gens parlent Anglais, dans les aéroports c’est toujours l’Anglais qui domine, etc.
-> C’pas vrai, c du baragouinage la plupart du temps ( demander son chemin, etc, faut pas se foutre du monde, c pas parler anglais ça). C pas de ça qu’on a besoin à l’ONU ou dans les institutions européennes, d’autant plus que l’anglais est hyper contextuel ( donc totalement inadapté au rôle de langue pont ) et très difficile à entendre, surtout quand il est parlé par les natifs.
//Et pour ce qui est de la Chine, présentement ici il y a un énorme processus en marche pour que tous les enfants apprennent l’Anglais, et ce le plus tôt possible. On engage des professeurs d’Anglais partout, comme ca, sans CV ni rien. T’es blanc, tu parles Anglais? T’as la job. Non, pas l’Espéranto, mais bien l’Anglais.
-> Ce que vous dites est horrible. Ca s’appelle du lavage de cerveau à grande échelle, et vous devriez savoir que les asiatiques n’ont pas l’habitude de s’affirmer en tant qu’individus. Je ne comprends pas que vous en redemandiez !
//En Chine on ne connait pas l’Espéranto. C’est une triste réalité mais du moins une réalité. Et on sait que la Chine est en voie de devenir une super-puissance (c’est déjà fait à mon avis) et que voulez-vous c’est comme ca et si vous avez des affaires à faire avec la Chine, et bien ce sera probablement en Anglais, que vous le vouliez ou non.
-> (anglais ! pas Anglais) C’est plus efficace en chinois, bien que ça soit une langue difficile pour nous( mais pas plus que l’anglais pour un japonais).
//Ne me méprisez pas trop vite. Je n’ai rien contre l’Espéranto, au contraire je trouve que c’est une langue géniale
-> Ah, vous connaissez ?
//et je ne dis pas non plus qu’il faut “se soumettre” à l’Anglais.
-> Si, quand même: vous proposez de ne rien faire et d’apprendre l’anglais parce qu’on n’a pas le choix. Personnellement je sais bien que je n’ai pas eu le choix, et c’est ça qui est inacceptable.
//Tout ce que je dis c’est qu’à l’heure actuelle, l’Anglais domine et c’est une réalité.
-> Comme l’esclavage il y a 2000 ans, et le système de mesure impérial aux Etats-Unis, et pourtant en France on arrive à utiliser le système décimal. :-)
// si vous voyagez et que vous ayez à communiquer, la plupart du temps vous n’aurez pas le choix de vous exprimer en Anglais. C’est la vie!
-> tout dépend de ce que vous avez à dire: si ce sont les gens et les cultures qui vous intéressent, l’anglais ne suffira pas en dehors des milieux d’affaires et autres nids à touristes; mais s’il suffit de trouver son hôtel ou son avion alors l’anglais suffit. Dommage d’y consacrer autant de temps pour un niveau si nul.
Wàng
MAG
Le Mardi 13 Juin 2006
Si je peux me permettre ce commentaire dans un débat où je n’ai rien de vraiment constructif à ajouter: la déconstruction systématique que Wàng s’est appliquée à faire des arguments de David me fait penser à celle que David fait régulièrement en opposant le logiciel libre et Linux aux arguments de ceux qui avancent que Microsoft domine le marché et qu’on n’a pas le choix de s’y faire… C’est ironique de voir David se débattre dans la situation inverse… J’y vois un parallèle en tout cas: Microsoft, l’anglais et la résignation versus Linux, l’esperanto et un monde à améliorer…
Pedro
Le Mardi 13 Juin 2006
No entiendo la ALIENACION de la gente de QUEBEC que quiere conservar su identidad linguistica con el frances maternal y quieren proponer a toda costa el inglés americano como lengua mundial…!
Esto no se llama esquizofrenia?
Mrs, lo lamento, infórmese primero sobre lo que es el ESPERANTO, porque no queda bien en su lugar demostrar tanta ignorancia.
Le Mardi 13 Juin 2006
Pauvre Nelson pris dans la tourmente… Que d’inutiles électrons perdus pour une simple métaphore (lingua franca)… Et quelle réduction primaire que d’associer l’anglais aux “gros méchants capitalistes”… Typique de ce Québec immobiliste, chialeux et fermé qui semble croire que tout ce qui est “lucratif” ou “en anglais” est nécessairement mauvais… Vu d’ici (Toronto) c’est déplorable… Les langues sont des outils pour communiquer, point! Y’a des outils autrement efficaces pour dominer… pffff!
Le Mardi 13 Juin 2006
Wang: Wooooo les nerfs! Tout comme Sophie, vous semblez avoir mal compris mes propos et vous les exagérez grandement:
//et je ne dis pas non plus qu’il faut “se soumettre” à l’Anglais.
-> Si, quand même: vous proposez de ne rien faire et d’apprendre l’anglais parce qu’on n’a pas le choix. Personnellement je sais bien que je n’ai pas eu le choix, et c’est ça qui est inacceptable
Non mais quand est-ce que j’ai proposé de ne rien faire? Quand est-ce que j’ai dit qu’il fallait à tout prix apprendre l’anglais? J’ai dit ca, moi? Tout ce que j’essayais de dire c’est qu’à l’heure actuelle (juin 2006, si vous n’êtes pas au courant) l’anglais est une facon facile de se débrouiller quand on voyage et qu’on a pas le choix, c’est tout. Oui je connais l’espéranto (bien que je ne la parle pas) et j’approuve tout-à-fait l’épanouissement de cette langue! Vraiment vous lisez bien ce que vous voulez lire! Je suis dans votre camp à 100%, cessez de vous chercher des ennemis! Tout ce que j’essayais de dire c’est de ne pas paniquer et d’essayez de lire les propos de Nelson avec un peu plus de compréhension (et modération), c’est tout.
Mag: Je l’attendait celle-là ;) En effet si on lit ce que j’ai écris avec la même perception que Sophie et Wang, bien sûr que mes propos peuvent sembler très contradictoires! J’y ai moi-même pensé et c’est vrai qu’on peut facilement y faire un parallèle avec Anglais-Microsoft VS Esperanto-Linux… Par contre mes propos ont été mal compris. Je clarifie: Je suis tout-à-fait pour l’espéranto et son épanouissement, et je crois que c’est génial si plus de gens peuvent s’y adonner. Tout comme Linux d’ailleurs. Oui, on peut dire que je suis en quelque sorte un militant pour que plus de gens utilisent Linux! Mais d’un autre côté, je ne peux pas changer non plus, aujourd’hui même, le fait que la majorité des gens utilisent Windows. Faut savoir co-exister, et en même temps, ca ne nous empêche pas d’essayer de convaincre notre entourage que Linux est mieux pour l’humanité. C’est un peu la même chose avec les langues…
Exemple concret: Quand vous êtes ailleurs et que vous allez dans un café Internet, est-ce qu’ils roulent Linux? Non, mais faut faire avec. Je ne vais pas laissez faire de vérifier mon courriel, juste parce que l’ordi roule Windows!! Ok on va me dire je peux booter un Live CD, mais là n’est pas mon point. Comparons la langue: quand vous voyagez et que vous allez dans une auberge de jeunesse, par exemple, vous vous faites des amis, mais c’est la même chose: Ils peuvent tous parler (ou baragouiner, peu importe) en anglais. Si vous voulez communiquer, avez-vous le choix? Rien ne vous empêche d’avoir une bonne conversation et de les évangéliser sur l’Esperanto, tout comme je le fais souvent avec Linux! Mais reste qu’aujourd’hui, en Juin 2006, la plupart des gens que vous rencontrerez, ne parleront pas l’espéranto! C’est tout! Ai-je tort là-dessus? C’est juste ca mon point! Je répète, je n’ai JAMAIS dit qu’il faut capituler et ne rien faire.
Calmez-vous tabarnouche! C’est juste ca que j’essaie de dire depuis le début! :P
Le Mardi 13 Juin 2006
Quand ils m’ont parlé anglais,
il était parce qu’ils ont voulu me vendre quelque chose.
Quand ils m’ont parlé l’espéranto,
il était parce qu’ils ont voulu être mes amis.
J’ai visité Pékin, Chine en juillet 2004.
J’étais dans une chambre avec plus de
1000 Chinois-esperantophones…
et encore esperantophones de 50
autres pays. J’ai parlé l’espéranto
avec quelques Chinois qui avaient
appris l’espéranto pendant pas plus
de 3 mois. J’ai parlé anglais avec les
étudiants qui avaient étudié l’anglais
pendant beaucoup d’années. Il était
toujours beaucoup plus facile de
comprendre les esperantophones que
les anglophones.
Beaucoup de Chinois-esperantophones
m’ont invité à leurs maisons. Je suis
allé le dîner à 4 maisons chinoises.
J’ai dormi dans une maison chinoise
à Changhaï.
Aucun anglophone ne m’a invité à
n’importe quoi. Bon nombre d’entre
eux ont demandé de moi.
Quelques universités chinoises
enseignent l’espéranto.
Vous pouvez apprendre l’espéranto:
hyperlien
hyperlien
Enrique Ellemberg
Fremont, California, USA
Enrike@aol.com
hyperlien
Nelson
Le Mardi 13 Juin 2006
Réponse à Marc Bélanger:Attention à un détail: ce vent espérantiste n’est pas de Montréal ou du Québec, mais de l’Europe et de la France. En tout cas si je me fie à l’origine Internet des interventions. L’espéranto y semble important contrairement à ici où on n’en entend que très rarement parler. Intéressant.
Réponse à David:Ne t’en fais pas. J’ai apparemment attiré l’attention d’une bande d’évangélistes qui ne semblent pas lire avec respect ou attention ce qu’on publie. Quand je lis que “No entiendo la ALIENACION de la gente de QUEBEC que quiere conservar su identidad linguistica con el frances maternal y quieren proponer a toda costa el inglés americano como lengua mundial…!” je souris. Il y a vraiment des gens à côté de leurs pompes.
Nelson
Le Mardi 13 Juin 2006
Il est arrivé que mon texte de réponse à Olso, au tout départ de cette histoire ahurissante, a été perdu. Je le recolle ci-après. Désolé du contretemps.Ce n’est quand même pas de ma faute, Monsieur (Madame ???) Olso, si personne ne m’a jamais parlé, ici à Montréal, de votre beau rêve d’Espéranto. Aux HEC, quand les gens se retrouvent devant 50 nationalités, ils évitent la Tour de Babel en baragouinant ce que tous ces étrangers qui ont les moyens de s’offrir des études au MBA semblent avoir en commun, la langue internationale du business. Et ce n’est pas de ma faute non plus, Monsieur Olso, si SAP est vraiment présente dans les universités d’une soixantaine de pays et si les HEC de Montréal se servent de cette ouverture (intéressée, c’est évident) pour mieux préparer ses étudiants à l’utilisation des progiciels ERP.Bref, Monsieur Olso, vos petites allusions de publi-reportage, vous pouvez vous les traduire en espéranto et vous les garder dans votre vase clos !
Le Mardi 13 Juin 2006
Merci à Marc et Nelson pour nous ramener sur Terre.
Quand je relis mon dernier commentaire, je trouve que je suis presque trop gentil envers mes critiques. Je trouve franchement tout ce débat ridicule. Sophie, Wang et les autres: Vous essayez de nous convaincre de quoi au juste? Si c’est que l’esperanto devrait prendre une place plus importante, nous avons très bien compris le message et comme je le disait, j’approuve celà moi-même. J’ai même souvent eu des conversations à ce propos avec mon entourage et j’ai souvent vanté les mérites de cette langue. Oui oui, c’est vrai. Mais regardez-vous: j’ai beau dire que je suis d’accord avec vous, et vous continuez à insister que je suis un mouton, qu’il faut faire plus, se révolter, etc. J’ai franchement du mal à comprendre: c’est quoi au juste que vous essayez de nous dire? Qu’il faut se fermer et cessez complètement de parler aux MÉCHANTS anglophones? Je suis désolé mais ici nous vivons au Canada et le Canada, qu’on le veuille ou non (ne partons pas ce débat, s.v.p.), est présentement notre pays. Désolé mais je ne considère pas mes voisins de Toronto comme mes ennemis. J’ai d’ailleurs plusieurs amis anglophones de Toronto. Quand il faut que j’utilise l’anglais pour parler à quelqu’un parce qu’il n’y a pas d’autre façon, je le fait. Quand je vais au mexique, je baragouine en espagnol. Oui, si les gens parlaient tous l’espéranto, ce serait génial, en effet, je n’aurais pas besoin de baragouiner. Mais ce n’est pas (encore) le cas. Et c’est dommage mais la technologie ne permet pas encore d’insérer un LiveCD dans la bouche des étrangers que je rencontre pour qu’ils se mettent subitement à parler l’espéranto.
Wàng
Le Mardi 13 Juin 2006
Je risque une petite réponse tout de même, en espérant ne pas trop passer pour un évangéliste: ;-)
//Microsoft, l’anglais et la résignation versus Linux, l’esperanto et un monde à améliorer…
-> On ne l’avait jamais faite celle là… ;-) En ce qui me concerne, je préfère m’occuper des logiciels qui structurent la pensée des gens plutôt que des machines, c’est à dire des langues.
//Et quelle réduction primaire que d’associer l’anglais aux “gros méchants capitalistes”
-> Je vais vous dire franchement mon avis personnel: je m’en fous totalement des soi disant « gros méchants capitalistes »( il y a aussi de bonnes choses chez eux). Ce qui m’intéresse c’est la démocratie linguistique, c’est à dire la dignité linguistique des peuples…en fait si ç’avait été le russe la langue mondiale on nous aurait accusé d’anti-communistes primaires, si ç’avait été le chinois d’aler contre la pensée confuséenne, si ç’avait été l’arabe de nous rebeller contre la volonté d’Allah, etc. Tout ceci n’a aucun intérêt, de même que l’expression « antiaméricain primaire »: personne ne pense à les éliminer de la surface de la terre. ;-)
//Les langues sont des outils pour communiquer, point!
-> Quand on choisit un outil on en choisit un adapté: or l’anglais ne l’est pas pour la communication internationale, tout simplement parce que c’est une langue éthnique, donc un outil de communication d’un milieu culturellement clos ( anglophone). Si vous comparez les outil avec objectivité vous verrez que l’eo est 10 fois plus efficace dans ce but. ;-)
//Y’a des outils autrement efficaces pour dominer… pffff!
-> J’ai un doute…la puissance des armes, c’est périmé, la langue est le meilleur moyen de régner sur les esprits. Ca fait un peu théorie du complot, je sais…
->”Anglo-American Conférence Report 1961″ ? Selon ce rapport, la propagation de l’anglais ne vise pas seulement à remplacer une langue par une autre mais à imposer de nouvelles structures mentales, “une autre vision du monde” : “l’anglais doit devenir la langue dominante” (…) ; “la langue maternelle sera étudiée chronologiquement la première mais ensuite l’anglais, par la vertu de son usage et de ses fonctions, deviendra la langue primordiale”.(..) Ce rapport proclame que le Centre — c’est ainsi qu’il désigne les pays aujourd’hui impliqués dans le réseau d’espionnage “Echelon” : Etats-Unis, Grande-Bretagne, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, le reste du monde étant appelé “périphérie” — doit avoir le monopole de la langue, de la culture et de l’expertise, et ne devrait pas tolérer de résistance contre le règne de l’anglais” ( should not tolerate resistance to the rule of English). (…) “Si des Ministres de l’Éducation nationale, aveuglés par le nationalisme [sic], refusent (….) c’est le devoir du noyau des représentants anglophones de passer outre” (”it is the duty of the core English-speaking representatives to override them”) [Robert Phillipson, Linguistic Imperialism, Oxford University Press, 1992.
//Je suis dans votre camp à 100%
-> Super ! L’incident est clos. ;-)
//Faut savoir co-exister, et en même temps, ca ne nous empêche pas d’essayer de convaincre notre entourage que Linux est mieux pour l’humanité. C’est un peu la même chose avec les langues…
-> Tout à fait d’accord: s’intéresser à l’anglais n’empêche pas d’apprécier les autres langues, en particulier l’espéranto, qui est un plus dans certaines occasions. Inversement, ceux qui parlent espéranto peuvent aussi s’intéresser à l’anglais.
//Calmez-vous tabarnouche!
-> Du calme avec les jurons québéquois ! ;-)
Wàng
Nelson
Le Mardi 13 Juin 2006
Notion de culture québécoise à l’attention de WÀNG:Les cultures occidentales partagent le fait que leurs adeptes aiment bien invoquer le Ciel quand ils éprouvent de la surprise, de la joie, de la colère, de la peine, etc. On connaît les “parbleu”, “ciel”, “dieu du ciel”, “nom de dieu”, les “Jesus fucking Christ”, “goddam”, “lord”, “holy this and that”, etc. J’ignore ce qui en est pour l’espéranto, mais ici au Québec, après quelques 150 années de repli sur soi après la conquête anglaise, de repli bien encadré par force soutanes, surplis chasubles et scapulaires cathos, les anciens ont fini par adapter leurs besoins interjonctifs à leur réalité d’opprimés. Ainsi, il leur suffisait d’utiliser un nom sacré, p. ex. “Christ”, “Vierge”, “Esprit”, “Calvaire”, “calice”, “hostie”, “ciboire”, “tabernacle”, etc. pour s’en faire un juron vite fait. S’ils le précédait d’un “maudit”, p. ex. “maudit cibouaire” (ciboire), “maudit crisse” (Christ) ou “maudit tabarnak” (tabernacle), ils se trouvait à blasphémer, c’est-à-dire qu’ils commettaient un péché mortel (tu meurs et tu brûles en enfer pour l’éternité). Ça c’était le pied en matière de révolte, le bras d’honneur aux curés.Prononcé sans maudit, p.ex. “tabarnak”, “viarge” (Vierge), “saint chrême”, etc. ils se trouvaient à sacrer, c’est-à-dire qu’ils ne commettaient qu’un péché véniel (tu meurs, on te colle, pour chaque sacre, quelques centaines de jours au purgatoire, une sorte d’enfer au feu moins chaud…). Les dévots, les enfants ou les gens bien élevés, eux, ils se contentaient d’une version diète de tout ce consommé liturgique, p. ex. “tabarnouche”, “tabarouette”, “câlique”, “clisse”, “cibole”, “hostic”, etc., invocation qui n’offensait aucun bonze, là-haut, bien peinard à la droite du Père. Voilà !
Le Mardi 13 Juin 2006
Kara Nelson, karaj chiuj,
Vi petis min fari la rimarkojn en Esperanto. Jen do. Mi alludis, ke via artikolo estis reklama. Vi diras ke ne. Do mi pardonpetas. Sed ghi tamen vere aspektas kiel reklamo por SAP! Refoje pardonpeton!
Cher Nelson, chers tous,
Vous m’avez demandé de faire mes remarques en espéranto. Voilà. J’ai fait allusion au fait que l’article faisait “publi-reportage”. Vous dites que ce n’est pas le cas. Pardon, donc. Cependant il y ressemble vraiment fort, à une pub pour SAP ! Encore désolé !
Au sujet des réactions - pour vous étonnamment - nombreuses sur l’espéranto, pour votre information, il y a 4 types d’articles sur la toile qui entraînent, pas forcément, mais souvent, des réactions de la part d’espérantophones ou de défenseurs de l’Eo :
- des critiques ouvertes, le + souvent injustifiées, de l’espéranto ;
- des utilisations métaphoriques, le + souvent négativement, du mot ;
- des articles parlant du problème des langues, ou vantant l’anglais, ou le globish, mais ignorant totalement l’espéranto ;
- enfin - et heureusement il y en a quelques uns - des articles mentionnant favorablement l’espéranto, auxquels on envoie des messages de félicitations.
Vous remarquez que votre article se situe dans la 2ème catégorie, ce n’est pas la pire, loin de là, mais elle mérite aussi - un petit peu - des réactions. Mais ce n’était pas méchant …
J’espère donc de tout coeur vous retrouver très bientôt dans la 4ème catégorie, vous verrez que le mouvement espéranto est plutôt pacifiste et positif ! :)
Enfin, j’espère que l’emploi par vous du terme coquecigrue (=mirage, illusion ou propos invraisemblables) est uniquement à but humoristique voire érudit, car il est plutôt péjoratif ;( Ce qui risquerait de déclencher une nouvelle vague de protestations :(
Namior
Le Mardi 13 Juin 2006
Malgré tous les avantages de l’esperanto, la langue a un désavantage majeur, elle ne jouit pas de ce que les économistes appellent les “effets de réseaux”. En d’autres mots, parce qu’il n’y a pas une masse critique de personnes qui maîtrise cette langue, elle perd de son utilité. C’est comme un logiciel propriètaire à faible distribution. Sa valeur pratique est nulle.
Le plus triste, c’est que l’esperanto vise justement à être utile. Ce n’est la langue maternelle d’aucun peuple alors que sa création visait justement le développement d’une langue universelle, utile et démocratique. Pour le moment, elle n’est que démocratique. Et cette démocratie est d’autant plus flagrante qu’elle se résume au fait qu’après plusieurs années d’existence, les peuples du monde on décidé d’ignorer l’esperanto de façon massive.
On peut défendre le concept, l’idée et même la langue en soi, mais en réalité, il faut reconnaître que l’esperanto fut une expérience ratée. Le nombre d’intercoluteur est bien en déça des attentes initiales et il ne semble pas y avoir de dynamisme à ce niveau. L’anglais par contre, malgré tous les aspects qui en font une langue inappropriée pour les échanges internationaux, domine maintenant à plusieurs niveaux.
Maintenant, moralement, cet état de fait est-il inacceptable? Je crois que la réponse n’est pas aussi claire que peuvent le laisser croire certains des intervenants. La langue est intrinsèquement liée à la culture. Vous présentez cela comme une faiblesse, car l’adoption de l’anglais signifie ainsi l’adoption de la culture anglo-saxonne. Pourtant, cela pourrait aussi être l’une des grandes faiblesses de l’esperanto: son apprentissage n’amène absolument sur le plan culturel. Alors qu’apprendre l’anglais, le japonais, le russe ou l’espagnol a un potentiel immense de découverte culturelle (grand penseurs, au niveau historique et au niveau de l’expression des émotions, entre autres), l’Esperanto n’apporte rien à ces niveaux. Son apprentissage ne peut être motivé que par des raisons pratiques, qui ne se réalisent pas pour le moment. Bien sur, il reste les idéologues, qui adhèrent au concept malgré son caractère utopique. Mais bon, dans une discussion pragmatique, les idéologues utopistes n’ont que bien peu à apporté.
En d’autres mots, au lieu de dénigré l’apprentissage de l’anglais et d’y opposer l’apprentissage de l’esperanto, je préfèrerais de loin qu’on s’assure que tout un chacun maîtrise bien sa langue et apprenne à apprécier sa culture maternelle. Ensuite, rien ne nous empêche d’apprendre d’autres langues, de faire face à d’autres cultures et d’en intégrer les éléments qui nous plaisents et de rejeter ceux qui nous déplaisent. Pourquoi réduire nos interactions avec nos confrères du monde entier au monde des mots alors qu’on peut le faire à un tout autre niveau, au niveau culturel et linguistique propres à notre et-ou à leur culture?
skirlet
Le Mardi 13 Juin 2006
A Nelson: merci d’avoir retiré cette phrase sujette à caution :-)
“Au Québec, nous travaillons très fort pour vivre en français, nous insistons pour que tous nos compatriotes québécois, nés ici ou ailleurs, le fassent, cela malgré les charges hostiles et soutenues de l’appareil fédéral canadien.”
J’éprouve la plus vive sympathie envers les efforts linguistiques des Québecois et je tiens à vous l’exprimer. Sur certains points, la France devrait en faire autant, sinon plus :-)
“Sauf que nous sommes impuissants face aux étrangers de toutes cultures qui, à ce qu’il me semble, ont jugé à propos d’apprendre l’anglais utilitaire comme dénominateur communicationnel commun. ”
Hélas, il ne s’agit pas d’un choix. A travers le monde (je suis d’origine russo-ukrainienne, et en plus j’ai de nombreuses connaissances dans plusieurs pays), il existe un drôle de phénomène: les gens pensent que:
- dans leur pays, ils sont mauvais en langues
- le reste du monde parle anglais
- il ne faut pas le refuser, pour ne pas contrarier la marche glorieuse vers la mondialisation et le progrès, et ne pas être accusés de l’antiaméricanisme primaire et de nationalisme réducteur et nauséabond (c’est une citation :-))
“J’ai apparemment attiré l’attention d’une bande d’évangélistes”
Là, ça se gâte… Cher Nelson, admettez que la phrase que vous avez utilisée peut agacer profondément. Déjà, l’utilisation du mot “espéranto” n’était nullement justifiée (je ne sais pas comment ça se passe au Québec, mais en France, la publicité comparative est interdite :-)); ensuite, qualifier le “biznesse” de “vraie vie”, avec l’anglais comme attribut indispensable est très, disons, osé. Rassurez-vous, personne ne vous forcera à apprendre l’espéranto, si tel n’est pas votre désir! Alors svp, ne collez pas les étiquettes, l’espéranto n’a rien avec une secte. Au fait, il y en a des espérantistes au Québec, je vous livre l’adresse de l’un des sites: hyperlien
A David Gagnon:
“Désolé mais je ne considère pas mes voisins de Toronto comme mes ennemis. J’ai d’ailleurs plusieurs amis anglophones de Toronto.”
Quand est-ce que quelqu’un vous a dit de considérer tous les anglophones comme des ennemis? Leur langue est tout aussi respectable comme les autres, mais PAS DAVANTAGE. Je suppose que vos voisins de Toronto ne parlent pas une autre langue que la leur? ;-)
A Namior:
“Sa valeur pratique est nulle. ”
Euh, vous l’avez testée? La valeur pratique se resume-t-elle au nombre de locuteurs?
“Et cette démocratie est d’autant plus flagrante qu’elle se résume au fait qu’après plusieurs années d’existence, les peuples du monde on décidé d’ignorer l’esperanto de façon massive. ”
Allons, où avez-vous vu une réponse définitive signée par “les peuples du monde”? L’espéranto a un peu plus de 100 ans, c’est jeune comme langue. Je vous rappelle que souvent, les choses innovantes ont rencontré une résistance un indifférence. L’abolition de l’esclavage a pris quelques centaines d’années, et on a pu dire cent ans après le debut du mouvement que “les peuples ont décidé d’ignorer cette idée”. Combien de temps pour que les chiffres indiens/arabes soient largement utilisés? Vous ne pouvez pas connaître l’avenir (moi non plus, mais je ne suis pas aussi péremptoire) :-) Quant au dynamisme, d’où sortez-vous les statistiques sur la soi-disant stagnation de l’espéranto? Je voudrais bien les connaître.
“son apprentissage n’amène absolument sur le plan culturel”
Ne le prenez pas mal, mais on voit que vous ne connaissez pas grand-chose sur le sujet. Une langue que les gens apprennent sans y être forcés, sur tous les continents du monde, même si la densité des espérantistes n’est pas grande, c’est déjà un phénomène culturel sans pareil. Sinon qu’est-ce qu’une culture? Livres, chansons, films, articles scientifiques? Il y a tout ça en espéranto. En plus, chacun y apporte un peu de sa culture, qui fait une mozaïque de cultures, une espèce d’un arc-en-ciel.
“Alors qu’apprendre l’anglais, le japonais, le russe ou l’espagnol a un potentiel immense de découverte culturelle (grand penseurs, au niveau historique et au niveau de l’expression des émotions, entre autres)”
Excusez-moi, avez-vous appris toutes ces langues?.. J’en parle cinq plutôt bien et trois plutôt mal, et je sais que pour accéder à la culture, il faut arriver à un niveau élevé de la maîtrise. On découvre la culture surtout à travers de traductions… Quant aux émotions, l’espéranto est tout autant expressif que n’importe quelle autre langue.
“En d’autres mots, au lieu de dénigré l’apprentissage de l’anglais et d’y opposer l’apprentissage de l’esperanto, je préfèrerais de loin qu’on s’assure que tout un chacun maîtrise bien sa langue et apprenne à apprécier sa culture maternelle.”
Et pourquoi “au lieu de”? L’apprentissage d’une langue hégémonique (l’anglais ou autre) est nuisible aux langues maternelles justement. Ici, on parle d’introduire “les langues”, en réalité l’anglais, dès l’école maternelle, avant l’établissement des bases de la langue maternelle. Croyez-le ou pas, les espérantistes sont très attachés à leurs langues maternelles, et ils ne veulent pas la domination de la part d’une autre langue. On pense qu’une personne devrait bien connaître la langue régionale (s’il y en a une), la langue nationale, faire un ou deux ans d’espéranto pour pouvoir communiquer avec les étranguers, et ensuite apprendre (jusqu’au niveau qu’elle souhaite et/ou peut) une ou plusieurs langues de son choix, et non uniquement l’anglais, souvent proposé comme le seul choix possible dans plusieurs établissements. Je dirai même que l’espéranto ouvre l’envie d’apprendre des langues (c’est mon cas, et celui des nombreuses autres personnes).
Nelson
Le Mardi 13 Juin 2006
Sur le mot coquecigrue:Dans mon dico, ce mot que j’aime bien réfère à “baliverne”, “sornette”, “sottise”, “billevesée”, “futilité”, “bourde”, “absurdité” et “illogisme”.Mon titre renvoie au fait qu’hier, j’ai commis une “bourde” en utilisant de façon métaphorique et, à ce qu’il semble, inappropriée, le mot “espéranto”. Il en est résulté une levée de boucliers qui, vu d’ici, m’est apparue surréaliste, donc “absurde”, voire “illogique”.J’aime bien mon titre.
Le Mardi 13 Juin 2006
Salut Nelson, ou plutot: Saluton!
J’ai recu par hasard l’information sur votre article et sur les commentaires de plusieurs adeptes de l’esperanto, et d’autres également.
Je n’ai pas lu en details tous les commentaires, mais il me semble en effet que le debat a ete assez muscle “ou aggressif”. Je pense que les esperantophones reagissent fortement entre autres parce qu’ils ont l’impression que les medias (journalistes) donnent au projet de l’esperanto trop peu de couverture, et en effet, quand les medias en parle en general, c’est justement pour faire des metaphores commerciales (le savon Esperanto: La savon qui reussit a laver tout le monde) ou pour en rire. L’esperanto n’est pas une langue parfaite, mais c’est un veritable projet pour une democratie linguistique, pour une plus grande justice dans la communication. Et les medias devrait en parler plus, en traitant de la question de facon serieuse. On est tous d’accord pour dire qu’aujourd’hui l’anglais domine. Mais est-ce qu’on veut vraiment un monde ou la langue d’un groupe culturel domine sur les autres? Remarquez que ca n’a rien a voir avec l’anglais en tant que tel. Il y a 80 ans c’est la France qui a reussi a faire couler un projet qui visait a faire de l’esperanto la langue commune de la societe des nations.
En passant: oui l’esperanto existe surtout en Europe, mais pas seulement la. Il y a aussi des esperantophones en Chine, au Viet-Nam, en Argentine, au Brésil, aux Etats-Unis… et “meme” au Quebec! Alors pourquoi ne pas chercher a en savoir plus sur ce projet et cette langue? Qui sait, vous ne trouverez peut-etre pas le projet si fou que ca!
boris-antoine legault
esperantophone de Montreal.
Voir par exemple : hyperlien
Germain
Le Mercredi 14 Juin 2006
Je suis entièrement d’accord que, contrairement à l’anglais, l’espéranto est relativement facile à étudier (12 à 15 fois plus facile) et, surtout, qu’il est neutre et non discriminatoire. Qu’on le veuille ou non, l’anglais impose ipso facto une culture, une façon de vivre et de penser; bref, il impose avec lui une sorte de “racisme culturo-linguistique” qui transforme les “native English speakers” en Maitres absolus et les autres en ilotes culturo-linguistiques. C’est toute la différence entre l’espéranto (langue-pont entre les langues et les cultures) et l’anglais (qui écrase les autres langues et les autres cultures).
Cela dit, je voudrais ajouter que, pour moi , l’anglais ET l’espéranto peuvent très bien être des langues “complémentaires”. Pourquoi toujours vouloir les opposer? L’on peut très bien étudier l’une ET l’autre, et les utiliser selon les circonstances.
Lors de mes voyages en Angleterre, je me suis débrouillé avec mon anglais “scolaire”, mais mes meilleurs contacts, les plus profonds, l’ont été avec des Anglais espérantophiles.
En aucun cas l’espéranto ne doit devenir une finalité, mais, au contraire, un tremplin idéal vers un plurilinguisme tous azimuts. Il est donc inepte, à mes yeux, de vouloir l’opposer à d’autres langues, y compris à l’anglais.
Le Mercredi 14 Juin 2006
Merci à Mag d’avoir lancé la conversation sur les paralleles entre le mouvement pour l’espéranto et celui pour Linux.
Si on me le permet, je ferai sans la moindre honte ;-) un petit spot publicitaire pour la conférence que j’ai faite l’année dernière entitrée ‹‹Linux: l’Espéranto des Logiciels — Espéranto: le Linux des Langues››.
Sur mon blog se trouve des articles à ce propos en anglais, français et espéranto. La vidéo est en français.
Cliquez sur mon nom ci-dessous pour trouver un lien vers la vidéo de la conf. Attention, il y en a pour une heure.
skirlet
Le Mercredi 14 Juin 2006
Merci pour le lien!
Ce qui suit n’a rien à voir avec le sujet, et Nelson pourra toujours effacer ce commentaire s’il le juge trop hors-propos, mais je ne peux pas résister, j’aime bien ce texte (sans en connaître l’auteur), dont je me suis souvenue après l’entrefilet culturel sur les jurons québécois :-)
Histoire d’un petit couple de Français qui vient tout juste d’emménager au Québec
Le 1er août
Nous venons d’emménager dans notre nouvelle maison au Québec. C’est très beau ici.
Tout est si immense, si sauvage, les montagnes sont si majestueuses.
J’ai bien hâte de les voir recouvertes de neige et de voir le fleuve pris dans la glace.
le 1er octobre
Le Québec est le plus bel endroit du monde. Les feuilles des arbres ont pris toutes les teintes possibles de rouge et d’orange. Nous sommes allés nous promener en montagne et nous avons vu des chevreuils. Quelles gracieuses créatures ! Ce sont certainement les plus beaux animaux de la création. Cet endroit est le paradis sur terre! J’adore.
le 1er novembre
La saison de chasse au chevreuil est commencée. Je ne peux pas croire qu’on puisse tuer un si bel animal. J’espère qu’il neigera bientôt.
J’aime vraiment le Québec (sauf en ce qui concerne ses lois sur la chasse, bien sûr, mais il est vrai que nature et sauvagerie vont un peu de pair.).
le 1er décembre
Il a neigé cette nuit. Nous nous sommes réveillés ce matin pour découvrir quetout était devenu blanc. Une vraie carte postale ! Nous sommes tous sortis et avons fait un combat de balles de neige. C’était vraiment le pied! Quel bel endroit! L’air est pur, tout est propre et blanc.
C’est magnifique!
le 10 décembre
Encore de la neige hier soir. C’est merveilleux ! La charrue nous a encore fait une petite blague dans l’entrée. (les Québécois appellent ” charrue ” le camion-déblayeur qui pousse la neige hors des chemins. Une autre de leurs expressions cocasses si typiques) Les Québécois sont sympas.
De bons vivants qui aiment s’amuser malgré la neige et le froid, quoi!
le 15 décembre
Encore de la neige hier soir. J’ai été un peu embêté hier parce que je n’ai pas pu sortir la voiture de la cour pour aller travailler. La neige, c’est beau, mais j’avoue que je suis un peu épuisé de pelleter. ” Crisse ” de charrue, comme disent si typiquement les Québécois!
” Crisse ” est un juron utilisé par les habitants de ce pays à la tradition catholique très imprégnée. Les habitants semblent l’utiliser assez fréquemment, à cause de l’hiver peut-être. À éviter quand même, car il s’agit d’une expression vulgaire, me disent même les gens d’ici. Je crois que leur manque de vocabulaire amène les Québécois à utiliser ce juron plutôt que des expressions plus recherchées.
le 21 décembre
Il est encore tombé de la marde blanche hier soir. Tu ne le croiras pas mais j’ai des ampoules plein les mains à force de pelleter. Je crois que le gars de la ” charrue ” se cache dans un coin de la rue et attend que je finisse de pelleter pour remplir la cour à nouveau. J’ai d’abord cru qu’il nous faisait ça parce que nous étions nouveaux au pays, mais je crois maintenant que c’est parce qu’il est fondamentalement un calisse de chien sale (” Calisse de chien sale ” est une expression parfois employée par les gens d’ici pour désigner ceux avec qui ils ont des conflits ou qu’ils n’aiment carrément pas.)
le 25 décembre
Joyeux Noël! ” Hostie de crisse de temps des fêtes à marde “, comme ils disent parfois ici. Il est encore tombé de la tabarnac de neige.
(”Tabarnac c’est un autre juron catholique qui vient du mot “tabernacle”).
Un Noël blanc, c’est bien beau, mais n’empêche que si jamais je mets la main sur le calisse de chien sale qui conduit la charrue, j’men vas y faire faire un hostie de boutte sur les coudes.
(Autre expression typique, mais j’imagine que tu commences à t’en foutre des expressions typiques). Je ne comprends pas pourquoi ils n’épandent pas plus de sel (ils disent ” calcium “, ces cons) sur les routes pour faire fondre la glace.
le 27 décembre
C’est pas croyable mais il est encore tombé de la crisse de neige hier soir!.
Et ce matin, on se les gèle à se les fendre. Ça fait trois jours qu’on n’est pas sortis de la maison, sauf pour pelleter la tabarnac d’entrée à chaque fois que le calisse de sale passe avec son hostie de charrue! On peut pas aller nulle part.
Le char (ils disent “char ” au lieu de voiture parce qu’ils ont tous la bouche gelée) était pris dans une véritable montagne de neige. Quand j’ai eu enfin fini de tout gratter, le crisse de bazou voulait pu partir à cause du frette. Y faisait moins vingt-sept à matin, calice ! ça se peut presque pas ! Avec le facteur vent à marde, ça faisait moins 44 ; incroyable ! Tu vas pas pisser dehors avec un temps pareil, j’te jure ! Sauf que nous, il faut qu’on aille pomper l’eau à bras dans le hangar à côté. Si on avait su, on aurait acheté une maison avec pompe électrique et puits intégrés, comme eux !
Ce midi, la gonzesse de la météo annoncé qu’il ferait un peu plus chaud mais qu’il allait tomber 10 pouces de plus de neige ” à soir “. Dix pouces, ça fait dans les 25 centimètres.
le 28 décembre
Dans le trognon, la connasse ! On en a eu pour 24 pouces de c’te calisse de marde-là ! 24 pouces, crisse de calisse de tabarnac ! Soixante centimètres!
Non, mais tu te rends compte ? ça sera pas fondu avant l’mois d’août, ça calvaire ! Pis tu le croiras pas, mais la charrue est restée prise dans le banc de neige en face, pis l’hostie d’écoeurant qui la conduit est venu cogner chez nous pour demander s’il pouvait emprunter ma pelle! Après lui avoir dit que j’avais passé au travers de six pelles pour pelleter toute la marde qu’il m’avait poussée dans l’entrée, j’y ai cassé la septième sur sa crisse de tête de con!
le 30 janvier
On a fini par sortir de la maison aujourd’hui. On a enfin pu se rendre à l’épicerie pour acheter de quoi manger, mais en revenant un calisse de chevreuil s’est crissé devant le char pis je l’ai fessé. J’ai pour 3000$ de dommages! L’hostie d’imbécile m’a vu arriver. Comment ça se fait que les hosties de chasseurs les ont pas tous tués au mois de novembre, ces pourritures-là? J’ai jamais pensé qu’un animal puisse être si stupide!
le 1er mai
J’ai emmené le char au garage. Y est plein d’hosties de trous!
Plein, d’un boutte à l’autre, calvaire! Y a pas six pouces carrés qu’y a pas de rouille, calisse, à cause de l’hostie de calcium qu’ils mettent partout dans les chemins, c’te gang de tabarnac d’épais-là! [Ca peut ben leur coûter cher de vivre icitte, hostie de calisse! Y scrappent un char par année, c’est sûr, à marcher d’même, gang de niaiseux!
le 30 mai
Ma blonde pis moé, on a décidé de crisser notre camp en France.
La neige a même pas fini de fondre dans le bois que les hosties de maringouins pis les tabarnac de mouches noires commencent à sortir. On peut même pas prendre une bière dehors sans en avoir plein la face, calisse, moi qui voulait profiter de mon beau lac!
J’en ai plein le cul du Québec! J’peux pas comprendre qu’y aille du monde aussi innocent pour rester dans un crisse de trou pareil
Nelson
Le Mercredi 14 Juin 2006
Ce texte est arrivé à me faire rire à haute voix, irrésistiblement, seul dans mon bureau. “Y est tellement drôle, sacrament, que j’ai quasiment pissé dans mes culottes !”. Merci de l’avoir placé sur ce site sérieusement techno, skirlet.
Le Mercredi 14 Juin 2006
Bonjour
Je prenais réception de mon courrier Internet et j’ai remarqué un Nelson Dumais dans la chronique ZNEt.
Tiens que je me suis dit, les français ont un homonyme
de notre ex Nelson Dumais du Devoir.
Voilà que je découvre que c’est le Nelson Dumais montréalais mais à La Presse.
La morale de tout ça c’est que noous sommes postés tous deux à Montréal
mais que nous retrouvons la trace par l’Europe…
Étrange mais qui en dit gros concernant tout le phénomène des
communications Internet.
Salutations
Bernard Bujold
hyperlien
P.S. Douze ordinateurs en ligne, ça demande toute une gestion.
Nelson
Le Mercredi 14 Juin 2006
Village global ! Petit détail, le Dumais qui était au Devoir est le collègue Michel (aucune parenté avec moi). Personnellement, avant d’être avec La Presse (Technaute), j’étais au Journal de Montréal. Mais les temps étant ce qu’ils sont , lui et moi gagnons surtout nos vies à faire désormais autre chose que du journalisme, lui dans ses trucs conseil, moi chez les Indiens.Pourquoi je vous parle des Indiens ? Pour raccrocher cette intervention au débat linguistique en cours. Si vous cliquez sur le lien qui précède, vous arriverez à un site de conservation des connaissances traditionnelles des Innus (alias Montagnais, un peuple autochtone à ne pas confondre avec les Inuits). C’est un site en développement. En parallèle, nous préparons une méga section dont l’objectif est la sauvegarde et l’apprentissage de la langue des Innus, une langue encore vivante, mais qui, comme bien d’autres, en arrache. Pendant des années, elle a subi la vision assimilatrice de nos paliers gouvernementaux et religieux.
Paul H
Le Mercredi 14 Juin 2006
Cher Monsieur, suite à une floppée de réaction d’espérantophones, vous avez eu l’amabilité de corriger la petite phrase qui a suscité toutes ces réactions. Certes, votre article ne parlait pas du problème linguistique et n’a aucune intention hostile à la “langue internationale”, mais cette petite phrase est, vous l’aurez constaté, révélatrice d’un véritable lieu commun contre lequel il est difficile de lutter. Or, le terrain de l’informatique est propice au soutien d’une langue dominante, actuellement l’anglais, sous de faux prétextes : on dit p.ex. que, pour faire de l’informatique, il faut connaître l’anglais. Il ne faut certes pas mélanger les genres et, ma foi, je n’y connais rien en informatique pour juger du fond réel de votre développement traitant de R/3 dans les systèmes SAP. Il n’empêche : parler de l’anglais en tant qu’espéranto de la vraie vie, cela ne mélange-t-il pas les genres ? N’est-ce pas une manière d’imposer l’anglais par l’informatique ? Qui n’hésitera pas à le faire dans d’autres revues anglophones célébrissimes comme National Geographic, Nature, le journal de la médecine (je n’ai pas le titre en tête) où l’on soutiendra que tout ce qui concerne les thèmes abordés par ces revues doit obligatoirement passer par l’anglais ? On finira par se demander s’il ne sera pas interdit à court terme noin seulement de parler sa propre langue comme le fgrançais, maius aussi de penser, de défendre des thèses, d’argumenter dans sa propre langue à force d’être convaincu sans s’en rendre compte que seul l’anglais serait la vraie vie, le seul moyen du penser correct ?
Le Mercredi 14 Juin 2006
A David Gagnon.
C’est vrai qu’il y a quelque chose de ridicule dans ce débat. La situation étant ce qu’elle est, l’anglais est actuellement incontournable, et il n’y a aucun sens à être agressif envers les “méchants anglophones”. Cela dit, vu leur totale incompréhension de ce qu’ils exigent des autres comme allant de soi, sans contrepartie, cette réaction est naturelle. La justice exigerait que les États ou provinces de langue anglaise paient aux services de l’éducation de tout le reste du monde une contribution pour l’organisation de l’enseignement de l’anglais. Non seulement nous devons nous mettre dans le crâne cette langue pleine d’aberrations, non seulement nous passons, pour les mémoriser, plus d’un millier d’heures qu’eux consacrent à leur formation professionnelle ou à leur détente, mais en plus c’est nous qui finançons la corvée. Nous faisons une escalade longue, pénible et coûteuse pour rejoindre des gens qui nous attendent tranquillement au sommet où ils sont nés et qui nous jettent un regard supérieur quand, essoufflés, nous cherchons nos mots ou nous exprimons bizarrement.
A notre époque de rationalisation économique, utiliser une langue aussi peu “user friendly” et aussi peu “cost effective” que l’anglais est vraiment absurde, puisque l’espéranto existe et fonctionne dix fois mieux pour un investissement dix fois moindre en temps, effort et argent. Le refus de la société de regarder le problème en face et sa tendance à faire de l’à-plat-ventrisme face à l’anglais est irritant quand on a l’expérience des deux langues. C’est du masochisme (si ce point de vue vous intéresse, lisez l’article “Vraiment masos, ces terriens” (http://claudepiron.free.fr/articlesenfrancais/terriens.htm). D’où les réactions, agaçantes, des gens qui pratiquent l’espéranto. Elles sont souvent excessives, mais il faut les comprendre: ils ont une solution qui a fait ses preuves. Or, le monde continue à organiser l’enseignement et la communication comme si elle n’existait pas. Les choses se passent comme ceci:
– “Papa, j’ai trouvé un trésor!”
– “Écoute, Jojo, ce n’est pas le moment de me distraire, je fais mes comptes, on n’y arrivera pas ce mois-ci”
– “Mais justement, papa, avec ce trésor…”
– “J’ai pas le temps. ”
– “Tu sais, papa, ce trésor, il est vraiment énorme…”
– “Tu m’énerves, tu vois bien que je suis occupé, fiche-moi la paix”
– “Mais papa, avec ce que…”
– “Ça suffit, va jouer, je m’occupe de choses sérieuses, moi!”
Étant donné que l’enfant a réellement trouvé le trésor qui pourrait débarrasser le père de ses soucis, sa grogne est naturelle, comme ses excès quand il en parlera autour de lui. L’attitude du père est compréhensible et mérite notre indulgence, mais celle de l’enfant ne l’est pas moins. L’espéranto est un trésor qui mérite au moins un coup d’œil. Pourquoi tous les politiciens, tous les grands pontes de l’enseignement et de la vie économique, presque tous les médias refusent-ils d’aller y voir ? Et pourquoi se fait-on mal voir quand on essaie de faire connaître le trésor? En nos temps de rationalité économique, c’est aberrant. Vraiment masos, ces terriens!
Arlès Michel
Le Mercredi 14 Juin 2006
Après avoir approuvé sans réserve les propos initiaux d’Olso puis ceux d’Enrique Ellemberg, Tim Morley, citoyens des USA (bravo et surtout pas de discrimination, SVP) skirlet (provenant quant à elle d’un tout autre grand pays) tous deux ayant le grand mérite d’écrire fort bien le français (Merci à eux), Pedro qui nous apporte le témoignage dans une autre langue qu’il a bien compris l’enjeu (n’y aurait-il donc pas d’espérantistes qu’en France ? ), Boris-Antoine Legault qui nous écrit de Montréal, ce qui tend accessoirement à commencer à démentir les propos antérieurs selon lesquels (dont l’anonyme qui répond à Marc Bélanger) il n’existerait pas d’espérantophone au Québec et même au Canada, Paul H, Germain et Claude (basés, me semble-t-i, hors de l’Hexagone ! ) etc. pratiquants de l’espéranto et sachant donc de quoi ils parlent…. je tiens à compléter les excellents propos de skirlet qui répondaient essentiellement aux préjugés de Namior :
“Malgré tous les avantages de l’esperanto, la langue a un désavantage majeur, elle ne jouit pas de ce que les économistes appellent les “effets de réseaux”. En d’autres mots, parce qu’il n’y a pas une masse critique de personnes qui maîtrise cette langue, elle perd de son utilité. C’est comme un logiciel propriètaire à faible distribution. Sa valeur pratique est nulle.”
Mais OUI, quand l’inventeur du téléphone se trrouva seul avec ce merveilleux instrument entre les mains il ne savait qu’en faire n’ayant au bout du fil personne à qui parler. L’histoire ne dit pas s’il ne fut pas tenté de le jeter à la poubelle, tant cet instrument lui paraissait formidable en soi mais inutile vis ç vis de ses contemporains narquois ! Et pourtant depuis ?
“Ce n’est la langue maternelle d’aucun peuple alors que sa création visait justement le développement d’une langue universelle, utile et démocratique.”
Pourquoi ce “visait” au passé ? Elle le vise plus que jamais et avec de plus en plus d’efficacité de jour en jour.
“après plusieurs années d’existence, les peuples du monde on décidé d’ignorer l’esperanto de façon massive.”
Le système métrique a un peu plus de cent ans de plus que l’espéranto (lui-même à ce jour système métrique des langues…) et pourtant il existe de nombreux peuples au monde, qui comptent encore l’altitude des “objets volants” en pieds et en pouces …
Et quand la première voiture à vapeur parcourait les chemins de la Haute Loire avec son charron de chauffeur-inventeur, il était bien ridicule, ce Monsieur, pour tous les cavaliers et cochers du département. Mais aujourd’hui… la situation n’a-t-elle pas radicalement changé (quelques siècles plus tard évidemment) ?
“La langue est intrinsèquement liée à la culture. Vous présentez cela comme une faiblesse, car l’adoption de l’anglais signifie ainsi l’adoption de la culture anglo-saxonne. Pourtant, cela pourrait aussi être l’une des grandes faiblesses de l’esperanto: son apprentissage n’amène absolument [rien ?] sur le plan culturel.”
L’espéranto a acquis en peu de temps un contenu culturel énorme vis à vis de ce qu’ont pu faire d’autres langues mais cela ne lui confère pas pour autant une supériorité intrinsèque sur les autres langues (voir à ce sujet les pages 245 à 261 de l’ouvrage intitulé : “L’espéranto, Un nouveau latin pour l’Eglise et pour l’humanité” (Editions FEL), travail collectif de plusieurs espérantistes francophones. Le but essentiel de l’espéranto n’est pourtant pas là. Vis à vis de la culture, son rôle est d’abord de permettre l’accès du maximum de personnes, locutrices des quelque 6700 langues du monde d’accèder facilement avec précision et nuances, avec le moindre effort possible, aux quelque 6700 cultures réputées “intrinsèquement liées” à chacune d’elles !
“Bien sur, il reste les idéologues, qui adhèrent au concept malgré son caractère utopique. Mais bon, dans une discussion pragmatique, les idéologues utopistes n’ont que bien peu à apporté.”
Il existe tant d’utopies qui se sont pourtant réalisées un jour : conquête de la lune, effondrement du mur de Berlin, vol des plus lourds que l’air, passage sans danger mortel d’asphyxie des passagers des trains dans les tunnels.. etc. pour n’en citer que quelques unes que l’on est bien amené à constater que l’utopie n’est, qu’un projet pas encore réalisé…
Et j’ai tendance à penser que ces utopies devenues réalités ont parfois apporté quelque chose d’utile à l’humanité. A elle de faire en sorte que…
Et l’Internet démontre chaque jour de plus en plus que l’utopie espérantiste est en bonne voie de réalisation rapide, n’en déplaise à certains, qui n’ont pas pris le temps d’observer ou qui suivent les injonctions de quelques hommes politiques “bien-pensants dans le goût de l’époque”.
“En d’autres mots, au lieu de dénigré l’apprentissage de l’anglais et d’y opposer l’apprentissage de l’esperanto, je préfèrerais de loin qu’on s’assure que tout un chacun maîtrise bien sa langue et apprenne à apprécier sa culture maternelle. Ensuite, rien ne nous empêche d’apprendre d’autres langues, de faire face à d’autres cultures et d’en intégrer les éléments qui nous plaisents et de rejeter ceux qui nous déplaisent.”
Lequel des partisans de l’espéranto vous a tenu de tels propos, aussi contraires à nos objectifs et à nos vues ?
Qui plus est, je pense que Germain et claude surtout vous assurent précisément du contraire. Et pour cause !
“Pourquoi réduire nos interactions avec nos confrères du monde entier au monde des mots alors qu’on peut le faire à un tout autre niveau, au niveau culturel et linguistique propres à notre et-ou à leur culture? ”
Permettez à un espérantiste venu à cette langue à 63 ans de souscrire pleinement à vos propos et, une fois n’est pas coutume, de vous applaudir de toutes ses forces. Et de vous dire combien je regrette de n’avoir pas su profiter beaucoup plus tôt du merveilleux moyen que constitue l’espéranto pour cela.
Michel Arlès
skirlet
Le Mercredi 14 Juin 2006
Nelson: de rien, tout le plaisir est pour moi :-) J’en ai d’autres (peut-être moins drôles) sur mon site hyperlien , quoique c’est surtout consacré à l’humour russe.
Francesco Gaeta
Le Jeudi 15 Juin 2006
Italien ayant fait des études de commerce, j’ ai appris l’ anglais et le français. Puis, ayant été en contact avec un grand nombre d’ européens, j’ ai désiré pour la nissante Union Européenne une langue qui ne soit ni celle des uns, ni celle des autres. Ainsi j’ ai découvert l’ espéranto (Eo).
Dans le monde d’ aujourd’ hui l’ anglais domine, mais en tant qu’ homme démocratique j’ ai le droit de m’ exprimer autrement, ce que je fais en utilisant l’Eo.
Je suis surpris du nombre d’ interlocuteurs en Eo sur Skype, spécialement du Brésil, Pologne, Chine et Korée. Aussi qu’ au Congrès Eo de Florence (Italie), le mois prochain, les japonais y participant seront presque deux cents !
A tous les amis de l’ Eo je dis: Antaùen ! (En avant !)
Namior
Le Jeudi 15 Juin 2006
Voici le problème; l’esperanto a du potentiel, comme le téléphone en avait. Par contre, alors que le téléphone a su séduire, l’esperanto n’a pas atteint le même niveau, d’où son manque d’utilité pratique AUJOURD’HUI. P-e dans le futur, un jour, l’esperanto deviendra utile pour le Pierre-Jean-Jacques québécois et le John Smith américain, tout comme le téléphone l’est aujourd’hui. Mais la réalité est qu’aujourd’hui il fait beaucoup plus de sens, au niveau individuel et sociétale, d’investir dans l’apprentissage de l’anglais que dans celui de l’esperanto. Le retour sur l’investissement est plus grand. Dire le contraire serait équivalent d’affirmer que des milliards de gens font un choix de vie stupide lorsqu’il décident d’apprendre l’anglais plutôt que l’esperanto. Ce serait une vision plutôt triste de l’humanité.
skirlet
Le Jeudi 15 Juin 2006
Mais quand le téléphone est apparu, il avait peu de potentiel :-) Et je suis sûre que beaucoup de personnes bien pensantes ont dit: investis plutôt dans les pigeons voyageurs, le retour de l’investissement sera plus grand. Aujourd’hui, vous savez que le téléphone a eu du succès, que les chiffres indiens se sont imposées, ainsi que le système métrique, mais à l’époque où un pape était soupçonne d’être de mèche avec le diable, uniquement parce qu’il soutenait les chiffres indiens, qui aurait parié sur leur avenir?
Passons aux investissements. Vous dites que l’anglais est payant; ça dépend. Pour les postes européens (et non seulement) on demande des “native english speakers” - donc, même si vous passez des années à apprendre l’anglais, vous ne serez jamais un natif. Le rapport qualité-prix est lamentable - beaucoup de temps pour un résultat très modeste. Et tous ces efforts, finalement, aboutissent à la vie facilitée des anglo-saxons, qui ne gaspillent pas le temps pour les langues mais développent la science.
Autres aspects économiques de l’anglais voir ici:
hyperlien
“Dire le contraire serait équivalent d’affirmer que des milliards de gens font un choix de vie stupide lorsqu’il décident d’apprendre l’anglais plutôt que l’esperanto. Ce serait une vision plutôt triste de l’humanité.”
Hélas, elle est triste. Tout d’abord, parce que la plupart de gens ne savent pas grand-chose sur l’espéranto. Ils veulent communiquer, et on leur apporte sur le plateau l’anglais appauvri… Les politiciens, les médias ont leur part de responsabilité. Pensez-vous vraiment que les gens aiment se sentir inférieurs, être conscients que leur langue est “de moindre importance”? Non, mais ils s’accomodent, et essaient d’apprendre l’anglais non pour lire Shakespeare en VO, mais pour communiquer, même s’il existe un moyen bien plus efficace et démocratique. En France, il existe un décret interdisant l’enseignement de l’espéranto pendant les cours scolaires! Et il n’est toujours pas aboli; il y a eu juste un assouplissement qui permet de l’enseigner “dans le cadre des activités périscolaires”. Pourquoi une telle discrimination? Ici, l’anglais n’est pas obligatoire, mais plusieurs établissements ne proposent que l’anglais. Peut-on parler d’un choix?
L’investissement dans l’espéranto n’est pas grand. Plusieurs cours gratuits sur la Toile, des dictionnaires, des livres… En trois mois, on arrive à pouvoir communiquer sans prétention ; en un an, c’est déjà un très bon niveau. Et en plus, cette année n’est pas gaspillée, car l’apprentissage d’une autre langue se trouve accélérée:
hyperlienédeutique_de_l’espéranto
Et en revenant encore sur le choix, je me permets de recopeir ici ce passage:
LE COUP DE LA TRZ…
Imaginons qu’un constructeur automobile invente un modèle (la TRZ), à la fois très confortable, très performant, qui ne tombe jamais en panne, et ne consomme que 1 à un litre et demi aux cent kilomètres, mais que, bizarrement, le ministère de l’Industrie décrète ceci:
-1) les ouvriers qui construisent la TRZ ne seront pas payés,
-2) cette voiture sera interdite sur les autoroutes et sur les routes nationales.
Il se trouvera bien alors un journaliste (ou un ministre) pour oser dire, quelques mois plus tard :
“La TRZ ? Bof… finalement, ça n’a pas pris… ”
krokodilo
Le Jeudi 15 Juin 2006
A Namior : tout dépend quel retour sur investissement vous considérez, à court ou à long terme. A court terme, l’anglais peut sembler meilleur (je dis sembler parce que en dehors des aéroports et des hôtels, et du business si vous voulez, ya plus grand monde). Mais à long terme, pour le bien des générations suivantes, de nos enfants, si l’on est convaincu de la supériorité de la solution espéranto, il est légitime de la promouvoir.
C’est un peu comme l’écologie, à court terme c’est supercool d’être un gros consommateur genre américain, de flinguer les baleines, de polluer en bagnole (moi compris), mais à long terme il est préférable de réfléchir aux mesures bénéfiques à l’humanité en général.
Le Jeudi 15 Juin 2006
A Namior.
Pourquoi ramener la question à un choix: ou l’espéranto, ou l’anglais ?
Rien n’empêche d’apprendre les deux, puisque l’espéranto s’acquiert vite. Par rapport à toute autre langue, il est comme la gymnastique avant la saison de ski, les gammes avant le concert: il prépare, assouplit, renforce les circuits linguistiques du cerveau. Il peut donc aussi être une préparation à l’anglais (la part germanique de son vocabulaire facilite bien l’acquisition de la part germanique du lexique anglais).
Une fois les deux langues acquises, on s’aperçoit qu’elles débouchent sur des contacts différents. En voyage, par exemple, l’anglais donne accès aux compagnies d’aviation, aux grands hôtels, aux exploiteurs de touristes (et, pour les hommes d’affaires et les scientifiques, à certains de leurs collègues). Avec l’espéranto on rencontre davantage l’homme de la rue, l’habitant local qui n’a pas professionnellement affaire à des étrangers, mais qui a appris la langue pour en rencontrer, sur un pied d’égalité (chose beaucoup plus difficile avec l’anglais), et pouvoir parler de tout en profondeur.
A chacun de faire son choix. Personnellement, je trouve que le rendement de mon investissement dans l’espéranto est bien, bien plus énorme, surtout sur le plan humain, que le rendement de mon investissement dans l’anglais, langue dans laquelle je ne suis jamais tout à fait sûr de moi, malgré cinq ans de travail à New York.
Jérémie
Le Jeudi 15 Juin 2006
Cher Nelson,
Je suis convaincu de votre bonne foi, et sachez que tous les partisans de l’Espéranto, même s’ils peuvent parfois sembler agressifs du fait de leur agacement logique devant la situation actuelle, ne sont ni surréalistes, ni déconnectés de la réalité, au contraire :
L’anglais domine, je le vis au quotidien, il est indispensable, incontournable, hégémonique dans tous les milieux internationaux (ou presque !)… et c’est bien là le problème ! L’anglais est à la communication internationale ce que le dollar est à l’économie mondiale : un des moyens les plus considérables conférant aux Anglo-saxons (notamment aux Américains) leur suprématie structurelle.
Cette hégémonie linguistique entraîne des distorsions considérables, en défaveur des 92% de l’Humanité qui en sont pas anglophones natifs.
Aujourd’hui l’Espéranto est beaucoup trop peu répandu, et cela devrait changer si, et seulement si, l’on souhaite établir plus d’égalité entre les différants pays dans la “compétition intenationale”.
Keynes, à la conférence de Bretton Woods au sortir de la Deuxième Guerre Mondiale, proposait déjà le Bancor comme monnaie internationale et anationale, ce qui n’avantageait ainsi aucun pays. On ne l’a pas écouté, et c’est le dollar qui est depuis la référence monétaire mondiale, induisant les déséquilibres et inégalités de traitement que l’on sait.
Comme il fallait et faudrait le Bancor comme monnaie internationale neutre, il fallait et faudrait l’Espéranto comme langue internationale neutre.
Sincèrement,
Jérémie.
Namior
Le Jeudi 15 Juin 2006
Encore une fois on passe à côté de l’essentiel : l’individu n’y voit pas son assez d’avantages. D’ailleurs, l’exemple de l’écologie est flagrant: les consommateurs ne change pas leur habitudes pour des “raisons morales”, mais plutôt parce que cela leur permet de sauver de l’argent. Les européens n’achètent pas de plus petites voitures parce que leur “conscience écologique” est plus développée, mais bien parce que l’essence coûte deux fois plus cher. Au Québec, c’est surtout parce qu’on est plus pauvres.
Je ne dis pas que l’esperanto, si il était adopté par tous demain matin, ne serait pas grandement supérieur à l’anglais. Plutôt, je suis pragmatique. Je dis que l’esperanto, comme le Bancor, ne sera jamais adopté de façon assez large pour assure sa valeur au niveau individuel. Pourquoi? Plusieurs raisons, dont certaines raisons majeures d’ordre géopolitique. Mais la réalité étant ce qu’elle est, encourager une société à adopter l’esperanto pourrait s’avérer contre-productif. En plus, on s’assurait une réaction hostile de plusieurs alliés … pas très productifs non plus, surtout si l’on tient compte du risque que les gains liés à l’esperanto ne se concrétise pas et que l’on se retrouve isolé en tant que société. C’est à cause de tout cela que je dis que le débat de fond en est un d’utopiste versus pragmatique. Il n’y a rien de mal à défendre l’esperanto, mais c’est comme défendre la paix universelle. On accomplit quelque chose, mais le combat n’atteindra probablement jamais son objectif. Ce n’est pas mal … mais ce n’Est pas pour tout le monde. Et quand le débat devient agressif et qu’on s’offusque lorsqu’un commentaire anodin va à l’encontre des idées enracinées, et bien on s’assure de s’aliéner une bonne partie de la société silencieuse (à la façon des altermondialistes anarchiques qui s’assurent de faire bcp de grabuge plutôt que d’être constructifs).
Au final, le problème en est un de coordination. Pour que l’esperanto deviennent avantageux pour une société entière à adopter comme langue seconde, il faudrait que l’ensemble des sociétés l’adoptent aussi. Sans cela, sa valeur est plutôt faible. C’est la même chose pour l’anglais … sa valeur n’est pas intrinsèque, elle se retrouve dans le nombre de locuteurs.
Quand à “bien enraciner la langue maternelle”, demandez à des linguistes, il vous diront qu’apprendre deux langues simultanément dès la naissance ne nuit ni a une ni à l’autre si l’apprentissage est bien séparé. Spécifiquement, il faut que les langues soient identifiés à des figures précises: le père le français, la mère l’anglais ou encore français à la maison, anglais à la garderie. Si on mélange les deux à tous les niveaux, alors l’enfant risque d’être confus.
Allez, je crois que la discussion ne va nulle part. Vous avez un rêve et un objectif: l’esperanto pour tous, une langue neutre internationale. Moi je dis simplement que dans le vrai monde, ça ne fonctionnera pas. C’est ma lecture de la réalité. Je n’ai rien contre le fait que vous y croyiez encore fermement. J’imagine que maintenant, on devra se résigner à accepter notre désaccord. Bonne chance dans votre lutte pour un monde juste et une langue neutre.
skirlet
Le Jeudi 15 Juin 2006
Namior, il était une fois en France un certain Paco Rabanne qui prétendait connaître l’avenir, a fait plusieurs prédictions idiotes, dont une concernant la station “Mir” qui tomberait soi-disant sur Paris à une date précise. Après, il a eu suffisamment de jugeote pour arrêter de dire des conneries publiquement. C’est juste comme ça, pour animer la conversation :-)
“Je dis que l’esperanto, comme le Bancor, ne sera jamais adopté”
C’est votre droit intrinsèque de dire ce que vous voulez, mais est-ce vrai?.. Car ce ne sont que des suppositions :-) On a l’euro, qui paraîssant tout autant improbable que le Bancor. Et les bourses commencent à miser sur l’euro davantage, vu que le dollar n’est plus du tout garanti.
“En plus, on s’assurait une réaction hostile de plusieurs alliés”
Les anglophones, peut-être. Mais ce n’est pas tout :-)
“l’on se retrouve isolé en tant que société”
La Hongrie a fait rentrer l’espéranto dans les écoles sans s’attirer les foudres. Plusieurs universités chinoises, russes (et même américaines)… enseignent l’espéranto. M’est avis que cette crainte est injustifiée… Donner aux gens la possibilité d’y accéder dans les structures scolaires n’a rien de subversif, et comme ça on verra, sur quoi se porte leur choix.
“Quand à “bien enraciner la langue maternelle”, demandez à des linguistes, il vous diront qu’apprendre deux langues simultanément dès la naissance ne nuit ni a une ni à l’autre si l’apprentissage est bien séparé.”
Et demandez aussi aux orthophonistes, souvent confrontés à ce genre d’enfants. Vous-même, avez-vous expérimenté un tel apprentissage? Je vous signale qu’il n’a pas eu d’études scientifiques confirmant cette théorie, et les deux sérieuses vont plutôt dans le sens opposé. En tant qu’immigrée, je m’intéresse de près à l’apprentissage simultané des langues, et je peux vous dire que les témoignages que j’ai recueillis ne confirment nullement les dires de ces linguistes. La pratique s’oppose à la théorie.
“Moi je dis simplement que dans le vrai monde, ça ne fonctionnera pas”
Merci Mme Soleil, c’est vu :-))) Là où vous vous trompez complètement, c’est en considérant que l’espéranto n’existe pas dans le vrai monde. Au contraire, il en est le produit. Si tout le monde laissait des injustices se perpetrer sous prétexte que “dans le vrai monde, c’est comme ça”, on serait encore à l’époque de l’esclavage :-)
Au fait, sur le réalisme: la Biélorussie va enseigner de façon élargie le chinois aux enfants du primaire (un exemple parmi tant d’autres). En plus, l’espagnol monte fortement. Avec plusieurs langues “internationales”, on retombe dans le Babel :-) Etant donné que la Chine n’est pas du tout hostile à l’espéranto (et ne va surtout pas s’accrocher à l’anglais, pas plus que l’Amérique Latine, du moment qu’il montre des signes de faiblesse), le pragmatisme est peut-être ailleurs ;-)
Eliz
Le Jeudi 15 Juin 2006
Franchement Namior, quelle vision étriquée du monde ! Je connais heureusement des écolos à la conscience plus large que ceux que vous décrivez, et au risque d’être taxée de douce rêveuse, je revendique ma participation concrète à la recherche de la paix universelle.
“L’individu n’y voit pas (dans l’apprentissage de l’espéranto) assez d’avantages”, dîtes-vous. Faut-il donc toujours tout faire par pur intérêt ? Lorsque j’ai découvert l’existence de l’espéranto, je me suis mise à l’apprendre par simple curiosité, attirée uniquement par le caractère universel de la langue. J’étais loin de me douter des changements profonds que cette connaissance allait provoquer dans ma (vraie) vie ! Ce que l’anglais ou l’espagnol, appris à l’école, ne m’avaient pratiquement pas apporté, l’espéranto m’y a donné accès d’une manière aussi inatendue qu’agréable : des échanges avec des hommes de tous horizons, des rencontres et des voyages enrichissants, des rapports désintéressés avec mes hôtes de passage et un accueil chaleureux en pays étrangers, bref, une communication efficace et équitable, sans stress, et ouvrant de plein-pied sur d’autres cultures, d’autres littératures, d’autres coutumes…
Alors simplement, pour établir un indice de satisfaction fiable, au lieu d’affirmer sans aucune preuve que l’espéranto n’est pas “rentable”, il serait préférable de demander leur avis aux ulilisateurs, c’est-à-dire à tous ceux pour qui l’espéranto simplifie la vie au quotidien.
Oui, les espérantistes peuvent parfois paraître agressifs, mais reconnaissez aussi qu’à la longue, la condescendance et le dénigrement permanents sont pénibles à supporter.
Dernière remarque : nous (espérantophones) avons pratiquement tous “testé” l’anglais, alors que vous “partisans (et esclaves?) de l’anglais roi”, ne connaissez que la moitié des données du problème. le combat est donc inégal ;-)
Moralité : nous en rediscuterons quand vous aurez en main les informations qui vous manquent. Mais alors, les craintes, les réserves et les résistances se seront probablement dissipées d’elles-mêmes.
Le plus important, c’est d’avoir le choix, non?
Pol Pot
Le Jeudi 15 Juin 2006
L’esperanto une langue inodore, incolore, sans saveur et insipide.
Une langue morte avant même d’être née. Un avorton de langue, c’est pas banal mais tellement … intello. Une langue est par définition une entité culturelle. Elle colore et se fait colorer par la culture d’un peuple, d’une région et même d’un bled au fin fond de la Chine. Les ethnologues et anthropologues font des carrières sur l’étude d’un dialecte particulier qu’ils relient à des traditions ancestrales. L’esperanto est inculte donc inutile. Dans cent ans ou dans mille ans, vous pourrez compter sur vos doigts les recherches faites sur l’esperanto. Il n’y aura rien à dire.. tout comme aujourd’hui d’ailleurs. L’esperanto c’est le rêve de personnes ayant de fortes tendances à la castration. On invente un langue sans personnalité, lobotomisée, sans couilles que deux ou trois eunuques s’obstinent à maintenir en vie dun souffle fétide pour ne pas dire putride.
Et en plus ils ont le culot d’être fier de nous dire que l’esperanto s’apprend dix fois plus vite que l’anglais. Mais par qui ? Encore les mêmes deux ou trois sautés à lunettes épaisses qui ont le don des langues. C’est pas des statistiques ça Monsieur Dumais, c’est une aberration génétique. Dix fois plus vite mon cul. Pas d’exception, tout est clair et précis qu’ils disent. Oui, une belle langue en acier inoxydable. D’une précision chirurgicale. Aseptisée donc morte. Rien n’y croît, rien ne s’y développe. Restez donc dans votre bulle et laissez nous nos langues imprécises, colorées, expressives et humaines. Pas de possibilité de faire des lapsus en esperanto. Freud n’aurait pu inventer la psychanalyse si nous n’avions qu’une langue comme l’esperanto. Il aurait poursuivi sa carrière d’hypnotiseur chez Charcot.
Pis l’autre cave qui nous parle de l’esperanto comme d’une langue équitable. Ce doit être un prof des HEC qui se promène en sandales de cuir à l’année. Associée l’esperanto au café, au poncho ainsi qu’à la gougoune faite avec des retailles de vieux pneus c’est vraiment génial. Le gars fait tout pour que je me lance dans l’apprentissage de cette langue. Je pourrai ensuite jaser avec l’exploitant en Chine ou en Amérique du Sud pour l’encourager à payer des cours d’esperanto à ses employés. C’est vrai que les conflits observés en entreprise ont à la source un problème de communication. Allons vite l’esperanto à la rescousse.
“L’esperanto est à tout le monde” qu’elle disait plus haut. Sûrement une ancienne ML qui n’a pas encore décrochée. Quand quelque chose est à tout le monde, on n’en veut pas. On veut de l’exclusivité afin d’affirmer notre personnalité unique. Avec l’esperanto, j’aurais la personnalité d’un Ken Dryden .
L’espéranto est mort, vive n’importe quoi d’autre.
Pol Pot
skirlet
Le Vendredi 16 Juin 2006
Pol Pot, je me suis régalée en lisant votre contribution :-))) Un tel concentré de préjugés, de méconnaissance et des conclusions basées sur des chimères, ça ne se rencontre pas tous les jours. Je me demande, d’où vient cette hostilité envers une langue qui n’est pas assenée en permanence par tous les médias (comme l’anglais), qui ne compte pas tellement d’utilisateurs (bien que leur nombre est plus élevé que celui des plusieurs langues “naturelles”) et qui n’a jamais été imposée à personne, à aucun moment de son histoire. (question rhétorique, en fait je connais ce genre de réaction psychologique, mais j’apprécie le style :-)))
C’est le manque des “couilles” qui vous fait peur en espéranto?.. C’est vrai ça, je n’en ai pas… oups…
Une langue se colore de culture du moment où une communauté l’utilise, et peu importe si cette communauté a une région d’habitat précise ou pas. Je parie que vous n’avez jamais lu un seul livre écrit en espéranto (évidemment, si on ne connaît pas la langue :-p ), mais vous en jugez. Sans connaître même des statistiques des travaux qui ont été faits au sujet de l’espéranto… depuis 1906, il y en a eu des dizaines… j’ai une thèse récente de 600 pages, écrite en russe. Vous pouvez aussi jeter un oeil sur le livre “Aux origines des langues et du langage” qui consacre un passage honorable à l’espéranto.
Quant aux étiquettes collées aux espérantophones, c’est tellement aberrant, qu’essayer de prouver le contraire, c’est comme persuader une personne n’ayant jamais vu la neige et qui s’obstine à dire qu’il est vert tacheté de rose, qu’en réalité il est naturellement blanc :-)
En plus, décidez-vous - c’est putride ou en acier inoxydable?.. Un peu de logique même dans vos diatribes, ça ne ferait pas de mal ;-) En passant, regardez dans un dictionnaire la définition d’une langue morte, vous aurez quelques surprises :-))) Comme le disait Mark Twain, “Les rumeurs concernant ma mort sont grandement exagérées”, l’espéranto est bien vivant.
“On veut de l’exclusivité afin d’affirmer notre personnalité unique.”
Alors pourquoi apprenez-vous l’anglais - pour être unique? ;-) Ou je me trompe, et vous vous adonnez à l’étude du dialecte septentrional de la langue mumbo-yumbo?
Vos fantasmes sur la castration méritent une mention à part :-) En russe, les gens ayant une fixette sur les couilles et tout ce qui va avec, on les appelle, entre autres, “sexuellement soucieux”. C’est fort de réussir à attacher une langue aux organes sexuels. Oh, j’ai oublié: en espéranto, le lexique relatif au sexe et les organes correspondants, ainsi qu’à l’utilisation de ces organes, est riche et coloré :-)
Bon, je vous laisse, cher Pol Pot (une autre mention pour votre pseudo). Justement, j’ai un bouquin en cours de lecture, écrit sans doute dans un espéranto différent de celui qui vous connaissez (?), car il est drôle, coloré et plein des jeux de mots.
Gis ;-)
Wàng
Le Vendredi 16 Juin 2006
Je suis content de voir que le débat s’était un peu calmé après que la mayonnaise eut montée ( une mention spéciale pour les jurons québéquois de Nelson, on apprend quand même des choses :-)), mais la dernière intervention m’a choqué. Pas à cause des préjugés et des fantasmes sur l’espéranto, qui sont somme toute hyper communs et pas spécialement recherchés. Freud pourrait en dire des choses…
//Une langue est par définition une entité culturelle. Elle colore et se fait colorer par la culture d’un peuple, d’une région et même d’un bled au fin fond de la Chine. Les ethnologues et anthropologues font des carrières sur l’étude d’un dialecte particulier qu’ils relient à des traditions ancestrales.
-> Bof, il y a toute sorte de langues: une langue régionale possède un substrat culturel local, et est le reflet de culture et coutumes spécifiquement locales, au niveau national, c’est la même chose par rapport à un pays, où la langue est le véhicule d’un mode de pensée particulier, d’une littérature originale. Lorsque les langues locales sont nombreuses, on utilise parfois une langue qui n’est pas liée à une éthnie particulière mais qui permet de communiquer efficacement. Ainsi, en Afrique de l’est, le swahili n’est pas lié à un peuple et il n’existe pas à l’origine de culture swahili particulière, celle-ci se construit par la pratique, on pourrait en dire de même des créolles antillais…et de l’espéranto, qui a déjà produit beaucoup d’éléments culturels. J’ai vu une poésie récemment, mais je crois que vous ne la comprendriez pas, parce que comme beaucoup d’éléments liés à une langue particulière et originale, elle est bien évidemment intraduisible et ne s’apprécie que de l’intérieur.
//Et en plus ils ont le culot d’être fier de nous dire que l’esperanto s’apprend dix fois plus vite que l’anglais. Mais par qui ? Encore les mêmes deux ou trois sautés à lunettes épaisses qui ont le don des langues. C’est pas des statistiques ça Monsieur Dumais, c’est une aberration génétique. Dix fois plus vite mon cul. Pas d’exception, tout est clair et précis qu’ils disent.
-> C’est pas difficile à vérifier, pourtant…je n’ai pas du tout le don des langues, et de toute façon même pour quelqu’un qui apprend les langues facilement le rapport ne doit pas changer. :-) L’Institut de Pédagogie Cybernétique de Paderborn a établi que pour un francophone, le rapport de l’apprnetissage de l’anglais et de l’espéranto a un niveau similaire est respectivement de 1500 et de 150 heures, et 1200 à 160 heures pour un allemand il me semble: même s’il existe une petite différence en faveur des francophones, ou des européens par rapport aux autres, cela ne justifie pas du tout le fait de conseiller l’anglais comme la seule solution et de renvoyer l’espéranto aux oubliettes, parce que l’espéranto reste largement plus facile pour tous.
//L’esperanto c’est le rêve de personnes ayant de fortes tendances à la castration. On invente un langue sans personnalité, lobotomisée, sans couilles que deux ou trois eunuques s’obstinent à maintenir en vie dun souffle fétide pour ne pas dire putride.
->Je crois que vous feriez mieux de vous taire et d’arrêter ces insultes. Vous ne savez pas de quoi vous parlez.
krokodilo
Le Vendredi 16 Juin 2006
À Pol Pot :
“Fétide, putride, mon cul, abérration chromosomique, eunuques, mes couilles”
Votre langue est très imagée, peut-être pourriez-vous investir dans l’achat d’un frappe-sac (punching-ball), ça défoule.
“Avec l’esperanto, j’aurais la personnalité d’un Ken Dryden ”
Je dirais que vous auriez la même personnalité que maintenant.
À Nelson : bravo au Québec pour sa défense de la langue française et la création de mots nouveaux.
Pol Pot
Le Vendredi 16 Juin 2006
Oui, c’est vrai que je n’y connaît rien à l’espéranto (je l’écris avec un accent aigüe maintenant). Pourtant, je vis en ville, exposé à toutes sortes de stimuli autant culturels que scientifiques et l’espéranto n’existe pas. Je ne le vois pas, je ne l’entends pas, je ne le sens pas… donc il n’existe pas .. pour moi. Qu’est-ce que je manque ? À vue de nez, pas grand chose. J’ai des responsabilités familiales, des engagements financiers, de la formation (information) à donner à mes enfants. L’espéranto est un luxe, pas une nécessité. Quand t’as quatre heures par soir consacrées aux devoirs des enfants, à l’entraînement du chien, à la préparation du souper, à la finalisation des contrats hors travail régulier, t’as pas le temps d’apprendre l’espéranto puis de courir la ville pour te trouver un clown excentrique avec qui échanger. La culture, j’en ai pas beaucoup mais j’ai du beurre sur mon pain. Vous étalez la vôtre largement mais c’est aussi mince que quand le pot de Nutella est presque fini et qu’on doit en gratter le fond.
Bravo et vive le petit monde ordinaire qui ramassent vos cochonneries et qui trient vos bacs de recyclage.
Pol Pot
skirlet
Le Vendredi 16 Juin 2006
Dans le monde ordinaire, je trie mes déchets, parce que pour moi l’écologie n’est pas un mot depouvu de sens :-) Je vous signale également que l’espéranto n’est pas réservé aux intellos, bien au contraire - il est accessible à bien plus de bourses et de capacités intellectuelles que l’anglais ;-)
Super, vous ne connaissez pas l’espéranto (chose méconnue de vous n’égale pas chose inexistante), il ne vous intéresse pas. C’est votre droit. Alors pourquoi pensez-vous que les espérantistes sont forcément des clowns, puisque vous n’en avez jamais vu?
Qui plus est, vous qui êtes tellement pris dans vos obligations professionnelles et familiales, pourquoi perdez-vous le temps à discuter sur l’espéranto? Soyez logique - si vous n’en entendez pas parler, alors personne ne vous a agacé à votre domicile avec la pub pro-espéranto. Alors, encore une fois, pourquoi cette agressivité teintée de complexes sexuels? Franchement, je ne m’intéresse pas du tout à la pêche, mais je ne viens pas dans les discussions au sujet de la pêche pour faire de la psychanalyse à deux balles, tout en insultant les participants…
Sylvain Auclair
Le Vendredi 16 Juin 2006
Je ne crois pas qu’on puisse dire que l’espéranto est une langue d’intellos, les intellos étant surtout ici ceux qui ont une opinion sur tout ce qu’ils ne connaissent pas ;-) Il y avait jadis des langues internationales pour intellos: le latin pendant des siècles, puis le français pendant deux ou trois siècles (concurrement avec le latin, qui servait plus dans les sciences). Je crois que c’est Umberto Eco qui disait que, même si l’on a enseigné le latin pendant des sicècles avec beaucoup de moyens, peu d’amants latinistes l’ont utilisé d’emblée dans la chambre à coucher; alors que l’espéranto, que l’on a surtout enseigné avec les moyens du bord, peut servir même dans ces moments-là. Je vous recommande les articles que vous pourrez lire à la page suivante:
hyperlien
Namior
Le Lundi 19 Juin 2006
À Eliz :
“Faut-il donc toujours tout faire par pur intérêt ?”
Non, mais la réalité est que si il n’y a pas de “pur intérêt”, l’esperanto ne se démocratisera jamais. C’est bien que vous ayez décidé d’adopter l’esperanto, comme je peux décider de pratiquer le ping-pong. Ca ne me donne pas le droit, encore moins le devoir, de tamboer à bras raccourci sur un journaliste qui utilise le mot ping-pong d’une façon qui ne me plaît pas.
“Oui, les espérantistes peuvent parfois paraître agressifs”
En utilisant l’échantillon ci-dessus, je diras plutôt que les espérantistes sont définitivement très agressifs.
“vous “partisans (et esclaves?) de l’anglais roi”"
Encore une fois, vous vous trompez. Je choisi consciemment de ne pas apprendre l’esperanto, comme vous pouvez consciemment choisir de ne pas jouer au ping-pong. Si je vous dis que le ping-pong est merveilleurx et qu’il permet de développer des réflexes incroyables et que cela va vous ouvrir une porte intéressante pour engager une conversation avec tous les asiatiques de ce monde, vous allez vous y mettre demain? Probablement pas. De la même façon, je considère que l’apprentissage de l’esperanto est un hobby comme un autre et qu’il est malheureux d’en faire un idéal dogmatique.
De plus, je ne suis pas partisan de l’anglais, mais je suis plutôt capable d’analyser la réalité linguistique du monde de façon réaliste. Si vous désirez combattre l’hégémonie anglophone, allez-y fort. En fait, je crois que ça nous amuse plus que d’autres choses.
“Le plus important, c’est d’avoir le choix, non?”
On est d’accord. Et la réalité est que les gens décident encore, après presqu’une centaine d’années d’existence, de ne pas adopter l’esperanto. Comme d’autre ne sont pas intéressé par le ping-pong. Le jour où il y aura consensus social sur la NÉCESSITÉ d’apprendre l’esperanto, cette langue aura p-e une chance (tout comme le ping-pong risque de devenir le sport mondial dominant si il y a consensus social sur ses vertus). Malheureusement, comme le démontre ce forum, le consensus social, vous êtes (esperantophones) loin, très loin, de l’obtenir.
À Skirlet
“Vous-même, avez-vous expérimenté un tel apprentissage? ”
Oui. Français et anglais simultanément. J’ai toujours été premier de classe en francais et sans difficulté en anglais. Merci.
Pour ce qui est de l’esclavage, cette argument est complètement ridicule. Associer la domination de l’anglais en tant que LANGUE SECONDE à l’esclavage est plus que discutable. Il y avait des arguments moraux et éthique très forts contre l’esclavage. Les arguments moraux pour l’esperanto ne sont pas très puissants en comparaison. On peut justifier n’importe quelle révolution en disant que sans celle-ci on aurait encore de l’esclavage. D’ailleurs, je crois qu’on devrait imposer le ping-pong dès 2 ans dans les gardries québécoises … vous savez, sans des changements radicaux on aurait encore de l’esclavage. N’importe quoi.
Quant aux conneries publiques de Paco Rabanne, puisque vous êtes évidemment au courant de son histoire, pourquoi ne pas vous en être inspiré et avoir éviter les conneries? Moi au moins, je peux prêcher l’ignorance de la merveilleuse histoire de Rabanne, mais vous …
Eliz
Le Mardi 20 Juin 2006
À Namior:
“la réalité est que si il n’y a pas de pur intérêt, l’Eo ne se démocratisera jamais”. Une réalité bien hypothétique, basée sur un raisonnement fort curieux et qui justement, ne tient aucun compte de la réalité. Car actuellement, il n’existe aucune langue au monde plus accessible que l’espéranto : cours gratuits sur internet ou méthode complète à moins de 15 euros, stages à l’étranger superflus, temps d’apprentissage record (et le temps, c’est de l’argent!). En comparaison, l’anglais est sans conteste, infiniment plus élitiste. C’est bien pour cette raison, que les non-anglophones qui se sont hissés à un niveau intéressant dans la pratique de l’anglais (non sans 4000 ou 5000 heures d’étude, quelques cours particuliers et séjours linguistiques coûteux) n’apprécient guère qu’on leur brandisse l’espéranto sous le nez : “Comment! Vous prétendez qu’après 150 heures d’apprentissage, vous êtes en mesure de discuter avec n’importe quel espérantophone du globe! Ouais, mais de toutes façon, vous êtes combien ? - Assez, en tous cas, pour être en majorité sur ce fil de discussion ;-)
“Je choisis consciemment de ne pas apprendre l’espéranto…” C’est votre droit absolu. Mais reconnait-on à tous les enfants d’Europe, le droit de ne pas apprendre l’anglais ?
Et si tous les enfants du monde avaient le DROIT (pas l’obligation) d’apprendre l’espéranto à l’école ? Je vous laisse imaginer la suite…
Si c’est pas de la tolérance, ça ;-))
Namior
Le Mardi 20 Juin 2006
L’esperanto, comme vous le présenter, deviendrait en fait une expérience de réingénierie sociale, une tentative d’implanter une utopie linguistique. Rien de mauvais en soi, mais les réingénierie sociale majeure ont une fâcheuse tendance à se terminer en catastrophe.
Donner le choix aux enfants est louable. Mais dans un système scolaire, il faut prioriser. Le jour ou l’esperanto fera du sens pour la société, elle deviendra une possibilité à l’école. Tout comme le ping-pong …
Quand au non-anglophone hissé à un niveau intéressant, je ne crois pas qu’il “n’apprécient guère qu’on leur brandisse l’espéranto sous le nez”, mais plutôt qu’ils s’en contrefichent carrément car il sont déjà capable de communiquer avec pratiquement toute la planète et que l’esperanto ne leur emmènerai pas grand chose à ce niveau …
Reconnaît-on à tous les enfants européens le droit de ne pas apprendre les mathémathiques? L’anglais est un choix de société qui s’est imposé de lui-même. Je comprends que c’est ce que vous tentez de combattre. Mais pour l’esperanto, ce n’est pas un choix aussi clair que vous essayez de le faire croire. Si l’esperanto était si clairement supérieur et avantageux, les parents plus aisés ne paieraient pas pour que leur enfants participent à des camps linguistiques et autres activités pour améliorer leur anglais, mais plutôt le ferait pour l’esperanto. Ces parents, de par leurs actions, montrent clairement qu’elle est leur position dans ce débat.
Pour moi, l’une des grandes faiblesses de l’esperanto est la dichotomie entre théorie et réalité. L’esperanto, la langue universelle de l’humanité … qui n’appartient aujourd’hui qu’à une très faible minorité de l’humanité. L’esperanto, une langue avec une identité forte et si démocratique … mais seulement pour les initiés, car les autres sont incapables de l’associer à une quelconque culture ou identité (contrairement aux autres langues). Au lieu de nier l’échec de l’esperanto, pourquoi ne pas le reconnaître et tenter de voir quelles sont les raisons derrière la non-démocratisation de ce beau projet? Pourquoi s’y accrocher, après une centaine d’années d’existence. Expliquez-moi car je ne comprends pas. On peut bien vivre d’espoir et de pain, mais bon …
Finalement, associer choix et tolérance me semble un peu exagérer. Dans les sytèmes scolaires, donner le choix aux enfants d’apprendre ce qu’ils veulent semble à première vue louable, mais il faut mettre des balises afin de s’assurer que l’ensemble de la société a une certaine cohérence. Maintenant, choisir de proposer l’esperanto de façon optionelle, comme vous le proposez, pourrait être une solution valable. Mais elle devra faire face aux alternatives, le ping-pong, plus de sciences, etc… Votre phrase sous-entend que ne pas proposer l’Esperanto est intolérant … ce qui implique que de ne pas proposer le ping-pong au lieu des autres cours sportifs ou de favoriser la chimie aux dépends de la physique (c’est un exemple) est également intolérant. Je dirais plutôt que c’est un choix de société. Donc pour la tolérance, on reviendra!
Tout cette discussion m’attriste car elle se fait à deux niveaux: au niveau théorique et idéologique (et pratique pour la faible minorité d’esperantophones) et au niveau réel pour l’ensemble des non-espérantophone, c-a-d la très grande majorité de la société. Le projet est beau, il semble approprié, etc… Tout comme les merveilleux projets de développement d’économistes réputés pondus dans des tours d’ivoires et basés sur une exemple ici et là… Mais dans le quotidien, la réalité est tout autre, d’où le gouffre entre votre position et la position de tous les autres … Bien que je sois d’accord sur les mérites théoriques de l’esperanto, je me retrouve dans une position percue comme anti-esperanto parce que ma discussion ne porte justement pas sur ces mérites théoriques, mais sur la réalité pratique de la langue.
skirlet
Le Mardi 20 Juin 2006
“Je choisi consciemment de ne pas apprendre l’esperanto”
Quelqu’un vous a déjà proposé de l’apprendre avant?
“Français et anglais simultanément. J’ai toujours été premier de classe en francais et sans difficulté en anglais.”
Cela signifie-t-il que vous êtes bilingue de naissance?
“Associer la domination de l’anglais en tant que LANGUE SECONDE à l’esclavage est plus que discutable.”
L’esclavage moral, ça existe. Lisez “Portrait du colonisé”, surtout le passage sur les langues. Je vous rassure: il ne s’agit pas de l’espéranto :-)
“Il y avait des arguments moraux et éthique très forts contre l’esclavage.”
Et pourtant, ces arguments ont mis quelques centaines d’années pour porter… Chacun sa perception, mais je pense que la dignité linguistique et culturelle est une chose très importante.
“On peut justifier n’importe quelle révolution en disant que sans celle-ci on aurait encore de l’esclavage”
Ne généralisons pas, voulez-vous?
“D’ailleurs, je crois qu’on devrait imposer le ping-pong dès 2 ans dans les gardries québécoises … ”
Personne n’a proposé d’apprendre l’espéranto à l’âge aussi bas. Par ailleurs, si l’espéranto est une sorte d’introduction à la linguistique, comparable à l’initiation à plusieurs sports, l’anglais dès la maternelle équivaut à une spécialisation sportive très précoce.
“Quant aux conneries publiques de Paco Rabanne, puisque vous êtes évidemment au courant de son histoire, pourquoi ne pas vous en être inspiré et avoir éviter les conneries?”
Ma foi, indiquez-moi où j’ai dit qu’à telle date précise l’espéranto sera adopté dans un tel endroit, et alors je réfléchirai à votre conseil :-) Je ne m’amuse pas à prédire l’avenir.
“une tentative d’implanter une utopie linguistique”
Les utopies d’aujourd’hui sont les réalités de demain :-)
“Le jour ou l’esperanto fera du sens pour la société, elle deviendra une possibilité à l’école. ”
Donc, seul l’anglais a du sens, car souvent le seul choix possible?..
“il sont déjà capable de communiquer avec pratiquement toute la planète”
S’il sort des hôtels, il verra le contraire.
“Ces parents, de par leurs actions, montrent clairement qu’elle est leur position dans ce débat.”
Ces parents connaissent la pub massive en faveur de l’anglais, mais sur l’espéranto, ils connaissent seulement le mot (et encore…) Le choix est truqué.
“L’esperanto, la langue universelle de l’humanité …”
Les espérantistes préférent le mot “internationale” ou, mieux, “langue-pont”.
“Au lieu de nier l’échec de l’esperanto”
Et à quel étape peut-on parler de l’échec? La même abolition de l’esclavage dont on a parlé plus haut, était-elle un échec avant d’avoir abouti? On peut plutôt parler de l’échec de l’anglais, parce que des dizaines d’années plus tard, vu l’argent investi dans l’apprentissage et même en comptant les anciennes colonies, il n’est pas universellement parlé, et le niveau est le plus souvent faible. En plus, les autres langues commencent déjà à le bousculer :-)
“Dans les sytèmes scolaires, donner le choix aux enfants d’apprendre ce qu’ils veulent semble à première vue louable, mais il faut mettre des balises afin de s’assurer que l’ensemble de la société a une certaine cohérence. ”
On parle beaucoup du multilinguisme. Je ne vois pas en quoi le choix d’une langue à étudier pourrait compromettre la cohérence de la société, il n’y a rien de subversif dedans :-)
“Maintenant, choisir de proposer l’esperanto de façon optionelle, comme vous le proposez, pourrait être une solution valable.”
Je suis d’accord.
“ce qui implique que de ne pas proposer le ping-pong au lieu des autres cours sportifs ou de favoriser la chimie aux dépends de la physique (c’est un exemple) est également intolérant. ”
Si tel était le cas pour la chimie et la physique, évidemment ce serait intolérant, sauf s’il s’agit d’une filière qui met le paquet sur la chimie et si cette filière est librement choisie. Quant au ping-pong que vous aimez tant, s’il était interdit par un decret spécial (comme l’espéranto l’est en France), oui, ce serait aussi l’intolérance.
“Je dirais plutôt que c’est un choix de société”
Non, la société n’a jamais rien signé de tel :-)))
“Bien que je sois d’accord sur les mérites théoriques de l’esperanto, je me retrouve dans une position percue comme anti-esperanto parce que ma discussion ne porte justement pas sur ces mérites théoriques, mais sur la réalité pratique de la langue.”
Encore une fois - si vous ne voulez pas l’apprendre, c’est votre droit. Mais chose curieuse: vous passez tellement de temps pour prouver que c’est une bêtise, pas digne d’être prise en considération… Une bagatelle mérite-t-elle un tel étalage d’arguments?.. L’espéranto n’a jamais été imposé à qui que ce soit, alors pas de crainte qu’on vous forcera de l’apprendre en vous menaçant d’un flingue :-) Et vous êtes sur la défensive. A méditer ;-)
hélène
Le Mardi 20 Juin 2006
bonjour à tous, bonjour à nos “cophones” (??) québécois - quel plaisir de pouvoir parler dans une langue transparente pour soi-même et pour ses interlocuteurs! oui, un vrai plaisir.
Merci à ceux qui se positionnent plutôt contre les arguments des esperantistes de lire le document suivant:
hyperlien
Par ailleurs, bien qu’esperantophone je regrette beaucoup que les esperantistes soient si amers et souvent du coup plutôt négatifs. Certes, ce n’est pas étonnant quand on soutient une si belle idée et qu’on voit la grande majorité de la planète ignorer cette idée, ce projet. Mais je crois qu’on ferait mieux, quand on pense que l’esperanto est soit une bonne soit la meilleure voie, de vivre cela, tout simplement. De créer de l’esperantophonie sous toutes ses formes; au lieu de toujours vouloir défendre cette langue, c’est l’illustrer qu’il faut. Je sais que de plus en plus de gens le font, d’ailleurs. Il est clair que dans le milieu dominant, on ne voit que l’anglais; et que chez ceux qui acceptent l’idée que le monde fonctionne et fonctionnera toujours sur la concurrence, c’est forcément justement la langue dominante qui l’emporte. Cela va de soi. Pourquoi s’y attarder? mais justement il y a d’autres milieux, d’autres mondes dans ce monde, qui est ce que nous en vivons.
Ceci dit, il est clair que l’enfer est pavé des meilleures intentions et je ne pense pas qu’il soit souhaitable de faire avancer l’esperanto à tout prix et à n’importe quelles conditions. Il est logique, ainsi, de tenir absolument à ce que l’esperanto ne devienne jamais une langue obligatoire. Ce serait un contresens, une porte ouverte à n’importe quel totalitarisme, même avec les meilleures naïves intentions.
Le milieu naturel de l’esperanto est celui des altermondialistes, qui veulent, en gros, passer à autre chose, sauter en marche, au lieu de rester coincés comme des veaux dans le camion qui mène à l’abattoir. Et dans ce milieu l’esperanto devrait se développer, tout simplement. Le fera-t-il? eh bien, retroussez vos manches pour cela, faites vraiment qqch avec l’esperanto dans vos combats pour la démocratie, le respect de l’homme et de la nature, le respect de l’homme pour soi-même, la non-violence, la joie, la révolution contre le système bancaire, etc etc… servez-vous en, de l’esperanto, au lieu de toujours vous demander comment le faire progresser, d’essayer de faire de la communication pour l’esperanto, comme tous ces commerciaux que vous vilipendez pourtant (et moi aussi je l’avoue) pour leurs marchandises en tout genre.
On perd son temps à râler et à critiquer: vivez selon vos principes, en accord avec votre conscience et votre âme, et le tour est joué! mais c’est bien sûr beaucoup plus difficile que de râler.
Ceci dit si j’ai conseillé la lecture du document ci-dessus c’est bien aussi parce qu’il faut ouvrir les yeux sur ce qui se passe vraiment, et être conscient de la puissance incroyable et pernicieuse du langage. Cf aussi ce que les nazis ont fait de l’allemand, comment ils ont détourné le sens. Les gens manipulateurs, de façon très quotidienne, abusent très naturellement du langage; c’est une arme insidieuse, d’une force incroyable. Pas étonnant, c’est l’homme qui l’a inventée!!! le langage risque toujours de se faire l’instrument du mensonge et de l’abus de pouvoir.
Et d’autant plus à une époque où on parle et écrit beaucoup plus qu’on ne VIT vraiment. Où est le silence entre nous, le silence fécond? Que fais-je à cet instant? évident, non… au téléphone, à la rigueur, le silence peut encore exister (100 fois moins et 1000 fois moins riche et porteur qu’entre deux personnes qui se rencontrent, bien sûr), mais par mail?
bon, je laisse un peu de blanc
alors, l’esperanto, c’est un truc à vivre tout simplement. Et puis surtout, pas de crainte, c’est aussi un truc malgré tout forcément un peu artificiel - puisque ce n’est pas le reflet aux mille facettes et deux ou trois fois millénaire d’une culture, et que ce n’est pas fait pour être une langue maternelle même si certains l’ont apprise entre leurs deux parents, et qui donc ne risque pas du tout de supplanter les langues naturelles, car si tout le monde communiquait, entre pays, en esperanto, on en aurait vite marre et chacun n’aurait de cesse d’apprendre de vraies langues et de chouchouter sa langue maternelle; oui, vivement le jour où on en aura marre de l’esperanto, où on s’en servira en soupirant comme on prend, bien obligé, son téléphone ou son ordinateur pour communiquer au loin, tout content de raccrocher, d’éteindre, de sortir voir les arbres, d’aller chanter, danser et tutti quanti, dans toutes les belles langues de la biodiversité, qui disent chacune la vérité, une autre part de la vérité insondable, infinie.
Et qu’on ne fasse pas de l’esperanto une langue à imposer, une mesure à appliquer, une politique à mettre en oeuvre.
Merci!
hélène
Le Mardi 20 Juin 2006
Commentaire à mon propre message!!!
les 10 lignes de blanc que j’avais laissées ont tout simplement disparu du message!!!!! CQFD!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Nelson
Le Mercredi 21 Juin 2006
Note à Hélène: Pour générer un alinéa qui paraisse vraiment, il faut taper dans votre texte le code XHTML approprié, c’est à dire “crochet droit, br, espace, barre oblique, crochet gauche” (sans les guillemets). Je vous l’écris ainsi parce que le faire normalement (en format code), le logiciel croirait à un vrai retour de chariot et générerait immédiatement un alinéa.
krokodilo
Le Mercredi 21 Juin 2006
Hélène,
C’est le vieux clivage entre les espérantistes qui pensent qu’il faut profiter de l’espéranto et de toutes les portes qu’il ouvre, de ses possibilités insoupçonnées, et ceux qui pensent qu’il faut militer pour favoriser sa diffusion plus large. Je fais partie de ces militants (récent) râleurs sur Internet, probablement parce que, à cause de l’ostracisme dont souffre encore l’espéranto en France, je ne l’ai appris qu’à 48 ans, ce que je regrette fortement.
Je pense que le militantisme n’est pas étranger aux récentes percées observables en france : site internet d’une grande ville, fascicules dans un grand magasin, candidature électorale, expérimentation à l’école primaire, une école avec un site trilingue, etc. Finalement ces deux attitudes espérantistes différentes sont utiles, et même complémentaires.
Namior et le ping-pong :
OK pour les métaphores sportives : en sport, on apprend d’abord aux élèves un large éventail de disciplines, une initiation à l’athlétisme, aux sports collectifs, plus d’autres options découverte, ce n’est qu’ultérieurement qu’un élève se perfectionnera dans un sport où il se sent des aptitudes.
Or, la même chose est possible dans les langues, et deux universitaires (non-espérantistes) soutiennent cette façon de concevoir l’apprentissage des langues (Michel Candelier, et un autre francophone en Belgique, j’ai oublié son nom, facile à trouver sur le net). On peut très bien enseigner jeune divers alphabets et les sons qui vont avec, car effectivement l’oreille et la prononciation s’apprennent mieux dans l’enfance, et prévoir ensuite des modules de perfectionnement dans les langues préférées, dont l’espéranto en option, ce qui est actuellement impossible en France, même pour une seule année.
Or, la situation actuelle est complètement opposée, c’est une spécialisation ultra-précoce : 90% des enfants vont faire de l’anglais !
La même métaphore est possible en musique : on commence par de l’initiation, souvent à la flute, facile, peu coûteuse, et plus tard éventuellement, on fera du violon ou du piano.
“L’anglais est un choix de société qui s’est imposé de lui-même. ”
Ah bon ? Alors pourquoi alors la commission européenne des langues continue-t-elle à parler en long et en large du multilinguisme comme de la huitième merveille du monde, alors que toute personne un peu sensée peut constater que l’anglais règne en maître à bruxelles ? Pourquoi cette gêne à le revendiquer officiellement comme lingva franca ? Le problème n’est pas aussi simple et clair que vous le pensez.
“Au lieu de nier l’échec de l’esperanto, pourquoi ne pas le reconnaître et tenter de voir quelles sont les raisons derrière la non-démocratisation de ce beau projet? ”
1. Il n’y a pas d’échec, mais une progression régulière dont les signes récents sont évidents, voir plus haut pour la France, et plus encore en Hongrie, en Chine, en Lituanie et, par-dessus tout, sur Internet.
2. C’est l’anglais qui est élitiste, justement à cause des séjours linguistiques coûteux et indispensables à qui ambitionne un niveau fluent pour lui ou pour ses enfants, ce dont vous parlez justement. Ce sont d’ailleurs ces mêmes élites qui s’opposent bec et ongles à l’espéranto, sauf exceptions. C’est l’espéranto qui est démocratique, car facile, gratuit ou presque (un cours sur Internet et une radio suffisent). Méconnu ne signifie pas anti-démocratique, ça veut juste dire peu connu, principalement parce que certaines élites lui font un barrage obstiné et obscurantiste pour diverses raisons.
Paul H
Le Mercredi 21 Juin 2006
Comme la plupart des forums consacrés au problème des langues, celui-ci fait furieusement rage, opposant principalement les personnes favorables à l’espéranto à ses détracteurs (au point d’y être hostiles ou de ne pas en voir l’utilité). La remarque d’un habitant de Toronto à l’encontre des Québecquois qu’il juge immobilistes (ou quelque chose du genre), je pense qu’il devrait élargir sa vision en voyant p.ex. ce qui se passe en europe : oui, l’anghlais s’impose, à un point tel que bon nompbre de textes regorgent de termes anglais qui remplacent purement et simplement des termes de la langue du tecte pourtant bien clairs et compréhensibles. A un point tel aussi que le plus tgrand journal francophone belge publie la moitié des annonces d’emploi en … anglais ! Oui, oui, la Belgique, pays bilingue français-néerlandais voit l’anglais dominer. Pour les termes du crû remplacés par des termes anglais, il me vient actuellement à l’esprit (dans une offre d’emploi) celui de “background” : je suppose qu’il doit s’agir de l’expérience professionnelle. Cela a-t-il du sens d’utiliser “background” ? Des publicités pour des voitures françaises passent avec un fond musical en anglais sur des chaînes françaises ! Il s’agit d’un mouvement qui, si l’on n’y prend garde, va reléguer toutes les langues au rancard, en faire des langues mortes et faire de l’anglais un substrat de lui-même.
Paul H
Le Mercredi 21 Juin 2006
A David dont les réponses ont l’air d’être déposées de Shanghai alors que, d’après un de ses textes, il habiterait au Canada. Vous dites qu’il ne faut pas prendre l’anglais comme un ennemi du fait qu’il s’imposerait. Je pense que vous ne réagissez que d’après la situation particulière du Canada : vous y êtes entouré d’un grand nombre d’anglophones (Canadiens et Etatsuniens) : normal que l’anglais y soit une langue incontournable. je suis d’accord d’utiliser l’anglais si je dois m’adresser fréquemment à des anglophones qui, inversément, n’auraient aucune raison d’apprendre une autre langue parce que leurs contacts ne l’exigeraient pas. Mais l’Europe est une mosaïque multilingue : français, anglais, allemand, espagnol, portugais, itamien, néerlandais, polonais, tchèque, russe, hongrois, roumain, bulgare, grec (qui a façonné un grand nombre de langues notamment à travers le latin), danois, suédois, norvégien, finlandais, maltais, et j’en passe encore beaucoup d’autres, sans compter les langues régionales, dont, pour prendre celles des territoires francophones, les différents wallons (de Liège, de Namur, du sud belge), le picard, le provençal, le breton,…. Je ne suis pas d’accord d’utiliser l’anglais pour parler avec quelqu’un qui ne connaît pas ma langue et dont je ne connais pas la langue. que faire alors ? Doit-on apprendre la langue l’uin de l’autre ? Mais quel temps, quelle énergie pour combien de mots, de phrases ? Je crois que l’espéranto (ou tout autre projet similaire) est la moins mauvaise solution : rapide et efficace. J’ai commencé à l’apprendre voici bientôt 5 ans (à l’âge de 48 ans) et je crois que le très peu que j’en ai appris m’a permis d’en comprendre les textes que je reçois à un niveau équivalent de celui que j’ai atteint en anglais après 3 ans à raison d’une heure semaine, en néerlandais après 10 ans d’études à raison de 4 heures par semaine et de l’allemand, appris sur le tas dans le cadre de mes activités professionnelles. Et cela sans que cela coûte quoi que ce soit à quiconque : pas de deniers publics pour payer des enseignants et des moyens ; pas de cours particuliers ni gratuits ni payants. Et en plus, l’espéranto m’a permis de trouver un jour un renseignement sur un site rédigé en slovène grâce à un de ses petits mots qui, hasard ? est originaire des langues slaves !
Nelson
Le Jeudi 22 Juin 2006
Hier, à la radio publique montréalaise, on parlait de l’écrivaine Nancy Huston, cette parisienne d’adoption dont la langue maternelle, l’anglo-canadien, lui permet d’écrire aussi bien en français qu’en anglais. Mais pour elle, la musicalité des deux langues est très différente. Si elle est pour écrire en français, sa session sera précédée d’une heure de clavecin (elle est également musicienne). Par contre, si elle s’apprête à le faire en anglais, elle jouera une heure de piano. Deux langues, deux modes intimes d’expression, deux formes d’états d’âme, deux cocons culturels.Personnellement, à cause de ma mère irlando-gaspésienne, j’ai été exposé très jeune à la langue anglaise, une langue rude parlée par certains pêcheurs du Golfe Saint-Laurent, des hommes courageux, vaillants et taciturnes ne pouvant imaginer la richesse culturelle anglo-saxonne. En fin d’adolescence, je dus choisir entre Molière et Shakespeare (je vous parle de scolarisation collégiale et universitaire) et je me jetai tête première dans la connaissance et la pratique culturelle francophone. Autrement dit, je fis le plein d’éléments culturels français et n’eut pas le temps ou la possibilité de le faire du côté de la culture anglo-saxonne.Depuis, je vis au cœur d’une communauté française fière de sa langue et très fière de ses contributions artistiques à la mouvance francophone mondiale (cinéma, musique, littérature, etc.). Cela étant dit, je parle très très souvent l’anglais, un anglais assaisonné de condiments irlando-gaspésien-franco-québécois, ce qui le rend parfois suspect à certaines oreilles torontoises. Le pire, c’est que je ne connais à peu près pas la culture américano-canadienne anglaise. En tout cas, celle du quotidien. J’ai lu leurs classiques, vu leurs Oscar Winning Blockbusters et vibré à leur musique rock. Mais j’ignore à peu près tout de leur télé, de leur mode, de leur actualité.Donc, quand je me retrouve en compagnie de collègues canadiens (un voyage, un repas, un événement - ce qui se produit assez souvent), il m’arrive de ne rien comprendre de ce qu’ils disent et de ne parler, somme toute, que très peu (avec mon petit accent). Je sais, “mieux vaut se taire et passer pour idiot que de parler et d’en donner la preuve”. Reste que cela fait de moi, à leurs yeux, une sorte de représentant ethnique. Idéalement, nous pourrions apprendre l’espéranto et créer une sorte de no man’s land culturel ou eux et moi serions à pied d’égalité. Mais, vous vous en doutez bien, cela n’est pas possible : “la loi du plus fort est toujours la meilleure.”Le 20 novembre 1998, je décrivais cet état d’âme dans une courte chronique intitulée “Quand j’ai le bogue à l’âme”, chronique que je vous copie-colle ci-après :Permettez-moi aujourd’hui, de vous parler politique avec, mandat oblige, une certaine connotation informatique. Le prétexte ? Une anecdote survenue récemment à New York lors d’une réception offerte par la transnationale Sun Microsystems. J’y étais pour le lancement de Solaris 7.0, un puissant système d’exploitation qui, avec Linux, est probablement la saveur UNIX la plus populaire auprès de ceux qui gagnent leur vie avec Internet. Je faisais parti d’un petit contingent de journalistes canadiens dont j’étais le seul francophone. Le soir venu, Sun nous avait reçu dans un resto cinq fourchettes où on avait entrepris de picoler, de rigoler et de s’échanger des blagues disgracieuses sur Sheila Cops et Jean Chrétien (croyez moi ou non, les Torontois en ont des aussi méchantes que les nôtres). Quelques bouteilles de Merlot californien plus tard, nous étions passés à la table où m’attendaient des merveilles gastronomiques assaisonnées … d’un casse-tête géopolitique.La salle à manger comptait une dizaine de tables rondes, chacune pouvant convenir à une quinzaine de convives. En suivant mes camarades canadiens, je m’étais retrouvé assis à leur extrême gauche. Autrement dit, ils étaient tous assis à ma droite. Et devinez qui vint prendre place à ma gauche ? La délégation française. Amusant. Je me retrouvais ainsi assis entre deux cultures. À ma droite, l’anglo-canadienne, un bouillon nord américain avec qui je partageais un mode de vie, un dollar bafoué, la Société des postes et les Rocheuses. À ma gauche, la franco-européenne, une référence internationale avec qui je partageais l’esprit d’une langue bafouée, une littérature, le Beaujolais et Lara Fabian.Tout naturellement, j’entrepris de converser avec les français, lesquels s’accommodèrent parfaitement bien de ma parlure XVIIe siècle, malgré quelques petites remarques amusantes. Ce choix machinal de ma part avait toutefois un peu agacé les Canadiens qui, les cons, avaient alors parlé de French Connection. De quoi avons-nous causé, nous les Français ? De la presse européenne, du statut de pigiste en France, de l’Euro et de la situation du bogue de l’An 2000 dans les vieux pays. Mais parle parle, jase jase, voilà qu’après plus d’une heure de bla-bla - nous en étions au dessert - un petit incident me fit décrocher de cette gauche francophone. Pour tout dire, j’arrivai in extremis à éviter une scène disgracieuse. C’est que le correspondant de l’AFP affirma, sourire en coin, être publié dans quelques quotidiens québécois mais qu’il n’en avait rien à foutre puisque ces médias publiaient n’importe quoi. J’arrivai à me contenir - ça doit être ça vieillir - et décidai d’ignorer ce bwana blanc pour tendre plutôt l’oreille du côté droit de la table. Mon manège ne passa pas inaperçu. Un Torontois pouffa de rire en faisant remarquer que le Québec venait de revenir au Canada après un long séjour en Europe. “Ça doit être ça, l’indépendance du Québec !” dit-il. Alors, pendant le reste du repas, je demeurai misérablement canadien. Je me suis ainsi retrouvé en train de débattre des chances du National Post par rapport au Globe and Mail. Je suis même arrivé à exprimer une opinion - faut le faire - sur l’impact qu’aura le Post sur le Edmonton Journal !Soudainement, je me suis senti très seul. Les Français me faisaient chier et les Canadiens m’ennuyaient. Je suis donc allé m’encanailler dans un bar et, comme le font tous les gens seuls, me suis mis à parler au barman. Il s’appelait Sly et était originaire de Saint-Hubert (prononcez You-beurt). Pas croyable ! Un compatriote ! Sauf qu’il ne parlait pas français et ne connaissait du Québec que la seule région de Montréal. Je me suis alors senti encore plus seul, presque unique, et suis allé me coucher.Vous savez quoi ? J’ai l’impression que mes frustrations culturelles me dérangent plus que mes frustrations informatiques, que ce bogue dans mon âme québécoise me ravage le système davantage que celui de l’An 2000.
Nelson
Le Jeudi 22 Juin 2006
Note à Paul HDavid est un informaticien d’origine québécoise qui travaille comme professionnel dans une école de Shanghai.
Le Jeudi 22 Juin 2006
Nelson, j’aime bien ton récit de 1998, car ca me fait beaucoup penser à moi qui suis, merci pour la précision, à Shanghai. Je vis présentement en appartement avec deux colocs, un Anglais d’Angleterre et une Française. Je comprends donc très bien de quoi tu parles. La plupart des gens que je rencontre, ici, viennent d’un peu partout sur la planète. Même chose pour les amis de mon coloc anglais, ils viennent eux aussi d’un peu partout. Par contre, c’est drôle mais tous les amis de ma coloc Française, eux, sont Français! Je ne veux pas généraliser, attention donc à ceux qui sont offensés facilement, je n’avance pas ici que tous les Français sont fermés sur les autres cultures, je ne relate qu’un cas en particulier! Enfin bref ma coloc se demande pourquoi je ne me joint pas souvent à leurs “partys”. C’est simple, je ne me sens pas toujours à l’aise, c’est tout. Oui, je parle la même langue, mais il y a un malaise que j’ai du mal à expliquer quand je suis en leur compagnie. Ce serait exctement la même chose s’ils étaient tous Québecois, Anglais ou Chinois. Ca me fait sentir seul! J’ai donc simplement réalisé que, surtout si je suis dans un autre pays, je préfère de loin avoir des amis qui viennent de pleins d’endroits différents. J’adore ce “melting pot” où l’on a tous nos différences culturelles, ca élimine en quelque sorte tout les préjugés superficiels et racistes, et ca amène des discussions bien plus intéressantes. Et puis comme tu dis Nelson, moi aussi je me sens en quelque sorte “unique”, mais vu que tous les autres sont tout aussi “uniques”, on se sent donc beaucoup moins seuls! ;-) Et juste pour remettre de l’huile sur le feu, quelle langue on parle tous ici? Non non Paul, je ne suis pas au Canada mais bien à Shanghai, et non, ici, contrairement peut-être à l’Europe, la langue la plus parlée (après le mandarin) c’est bel et bien l’a… Ooops… ;-P
skirlet
Le Jeudi 22 Juin 2006
Nelson, merci pour ce témoignage!
Il confirme encore et encore, combien la question des langues est sensible…
“Mais j’ignore à peu près tout de leur télé, de leur mode, de leur actualité.”
Une chose similaire m’arrive après une quinzaine d’années en France. Je ne connais pas grand-chose sur la télé, la mode, l’actualité de mon pays d’origine, qui, de surcroît, n’est plus le même pays. Encore heureux que, grâce à la Toile, je suis au courant des évolutions linguistiques et de l’actualité littéraire :-) Et même quand j’ai la possibilité de me procurer des films récents, je les perçois d’une façon différente, pas comme les films vus à lépoque où je vivais encore là-bas.
“Cela étant dit, je parle très très souvent l’anglais, un anglais assaisonné de condiments irlando-gaspésien-franco-québécois, ce qui le rend parfois suspect à certaines oreilles torontoises. ”
Mon accent ukrainien provoquait des moqueries, quand j’allais à Moscou :-) La condescendance de la métropole envers “les autres” est, je suppose, fortement ressemblante à la condescendence des habitants d’une capitale envers les “provinciaux” :-) Le plus rigolo, c’est que le russe est ma langue maternelle, on parlait russe en famille, et toute ma scolarité était dans cette langue. L’ukrainien est venu se greffer plus tard, mais il était pendant longtemps ma deuxième langue, celle que je maîtrisais le mieux après le russe. Vous qui êtes bilingue de naissance - je vois que vous confirmez encore une fois la chose dont les tenants du bilinguisme précoce ne parlent pas beaucoup: le fait qu’une langue est toujours dominante, il est pratiquement impossible d’avoir le vocabulaire en double pour toutes les choses… Et quand on a des origines mixtes, il n’est pas toujours évident de gérer plusieurs cultures à l’intérieur de soi-même.
C’est vrai que l’espéranto n’est pas un remède à tout. Les gens avec la même langue maternelle ne se comprennent pas toujours à 100%, et les guerres civiles divisent la population pour bien d’autres raisons que la langue… Mais c’est un bon moyen de partager sa culture avec les autres, sans avoir mis des années à apprendre leur langue et sans les avoir forcés à apprendre la nôtre, et également accéder à leur culture de façon directe (au possible), humaine et spontanée. On échappe à la loi du plus fort, et ça procure une sensation difficile à décrire, mais tellement agréable…
skirlet
Le Jeudi 22 Juin 2006
“J’adore ce “melting pot” où l’on a tous nos différences culturelles, ca élimine en quelque sorte tout les préjugés superficiels et racistes”
Justement - moi aussi :-) On avait des étudiants étrangers dans mon université, on parlait tous russe, mais quand mes interlocuteurs cherchaient un mot ou se trompaient dans l’emploi de la langue, c’est moi qui me sentais gênée, moi qui étais native d’une langue pas très simple, donc en quelque sorte une privilégiée. Je ne doute pas que dans certains milieux on parle surtout anglais, mais ce sont des milieux spécifiques, le plus souvent ceux qui arrivent à la bonne maîtrise de cette langue sont issus de familles aisées, qui ont fait des séjours linguistiques, bénéficié de cours particulers, ont pu acheter des dictionnaires assez coûteux etc. Le côté que j’apprécie en espéranto, c’est son accessibilité à tous, riches ou pauvres, doués en langues ou pas. Je sais parfaitement que l’anglais domine, non pour des raisons linguistiques mais pour bien d’autres (même si certains s’imaginent que les espérantistes sont déconnectés de la réalité, de leurs racines etc.), d’autres langues ont dominé avant et d’autres domineront plus tard; cependant je crois que l’espéranto a du potentiel, car il a survécu à tellement de choses… Il y eu des idées qui paraîssait absurdes à leur apparition, et qui maintenant font partie de notre quotidien.
Alex
Le Vendredi 16 Février 2007
Ichhh, c’est ce qui s’appelle de la réaction ça mon homme. C’est presque aussi con, pardon!, bon qu’avec les fatiguants de Linux ou Mac (j’utilise Mac, mais le jour où je serai prêt à partir une bataille pour une quelconque trans-nationale, même si elle fait de bons produits, est très très loin).
Quand à l’espéranto, c’est un beau projet, mais qui ne semble pas décoller trop trop, non ? Une langue artificielle comme en Indonésie avait des chances de fonctionner parce qu’elle a un pays (de 12 ou 13 milles îles !?!) un espace géographique délimité. Une planète c’est peut-être un peu trop grand.
À une certaine époque, le français était la langue des affaires et de la diplomatie. Pourquoi ? Parce que les français étaient les plus forts ! Pas les plus fins ni les plus intelligents; juste les plus puissants. Comme aujourd’hui les États-uniens.
Si notre bon ami W. parlait espagnol, on baragouinerait tous la langue de Cervantes un poco tambien.
C’est ça les langues naturelles; ça naît, ça vit, pis y en a qui meure. C’est la vie mon ami. Il est possible à des peuples riches, même très peu nombreux, de survivre. Exemples; les Danois, les Suédois, les Québécois. Pas parce qu’ils sont plus meilleurs. Juste plus riches. Dans notre cas on a bien sûr l’effet de masse de la francophonie.
L’espéranto, c’est super trippant, mais je préfère, au Guatémala, à Houston ou au Mexique parler avec le monde ordinaire avec mon espagnol un peu carré, mais néanmois efficace. Et à Montréal, Cleveland ou Anticosti, parler aux pôvres unilingues dans mon anglais-qui-manque-de-pratique-mais-crissement meilleur-que-leur-français.
Ce n’est ni de l’asservissement ni baisser les bras, c’est juste la vie. Moi j’aime bien la vie, pas vous ?
J’aime bien aussi le naturel dans mon assiette, j’aime les gens vrais aussi. Pourquoi je ne préférerais pas les langues naturelles ?
À bas les langues bourrées d’on ne sait trop quoi ! À bas le Lojban, le Gestuno, Elfique et autres Esperanto pleines d’additifs. Vive le naturel !
Hasta la victoria, siempre !
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