Vous me voyez venir dix kilomètres à l’avance: pour arriver à créer un spectacle aussi sophistiqué que ceux dont sont capables les artistes du Cirque du Soleil, ça prend un peu de magie. Ce genre de magie qu’on obtient généralement en utilisant les bonnes technologies, s’entend. Car même s’il ne faut rien enlever aux acrobates, jongleurs et autres clowns d’un spectacle comme Kooza, il faut dire que certaines cabrioles n’auraient pas lieu sans l’aide de quelques appareils à haute teneur électronique savamment placés çà et là.
L’une des particularités de ce show de cirque, qu’on peut voir en ce moment dans le Vieux-Port de Montréal (et qui se déplacera à Québec prochainement, et ailleurs par la suite), c’est la sonorisation. Car en plus des quarante-deux enceintes utilisées pour créer une ambiophonie englobant tous les spectateurs, on y compte une douzaine de micros et quelques oreillettes sans fil, une gracieuseté de l’allemande Sennheiser.
Jean-Michel Caron, le co-créateur de la sono pour ce spectacle, n’est d’ailleurs pas peu fier de son arrangement. «Tout est contrôlé à partir de ma console de son et tout est programmé, mais comme la musique est jouée live par l’orchestre sur scène, on doit quand même tout opérer manuellement», dit-il. Et comme, parfois, il arrive que les acrobates doivent reprendre, allonger ou modifier leur routine, on ne peut évidemment pas se fier à du matériel pré-enregistré…
«Seuls les effets spéciaux sont enregistrés, mais on les déclenche aussi manuellement», ajoute M. Caron. Tout ça tient dans trois consoles hautement sophistiquées munies d’écran tactile. On y retrouve les différents réglages et les effets sonores nécessaires pour chacun des numéros qui défilent chaque soir. C’est plutôt impressionnant.
Ce qui est aussi épatant, c’est que ça ne prend que trois personnes pour gérer tout ça. Jean-Michel Caron et un assistant sont à la console, tandis qu’un troisième acolyte est installé dans une cellule insonorisée où se trouve tous les appareils, amplis, récepteurs, etc. Si tout flanche, c’est ce troisième personnage qui prend la relève au niveau du son.
Dernier truc qui épate, évidemment, c’est que tout ça est entièrement transparent pour le spectateur. Le soir de la démo, un seul coup de canon manquait à l’appel (au lieu du «Boum!» retentissant, on a eu droit à un «flouch» de papier virevoltant dans les airs). Sur une routine qui comprend des centaines d’effets sonores par représentation, c’est un bien mince détail.
Et ça illustre toute l’importance des artistes de l’ombre, ceux qui rendent des numéros déjà pas mal risqués encore plus spectaculaires.
























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23 Août 2009
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31 Août 2009
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