>Y’a pas à dire, les derniers jours ont été particulièrement intéressants. Et je ne parle pas de sport, mais de politique et de techno (même si je vous avoue que j’en aurais long à dire sur la télé HD, et comment Fox s’en sert à merveille pour le football, tandis que RDS bafouille et cafouille avec le hockey). Plus précisément, d’Internet et de son rôle dans l’arène politique américaine. Car quiconque est passé par la carte électorale de Google, hier soir, a vu quelque chose d’assez phénoménal, voire de révolutionnaire. Pour tout dire, ça illustre en une minute pourquoi les médias traditionnels sont menacés par Internet en général et par Google en particulier.
Car Google a fait plus que les autres. En fait, il a mis en application une combinaison de services à la Web 2.0 qui ont rendu la couverture des élections de délégués d’hier à la fois informative, interactive et combien… comment dire… démocratique.
Google a joint son service Google Maps à ceux de Twitter et Twittervision. Ces derniers permettent de microbloguer, une forme de publication Web qui permet de signaler en une courte phrase ce qui se passe de bon dans notre monde. (exemple: «10h53. J’écris un article pour mon blogue. Salut maman!»).
Twittervision ajoute à cela une géolocalisation que Google reproduit sur sa carte du monde en temps réel. Autrement dit, en regardant la page de Google Maps relative au «Super Mardi», on voit apparaître à intervalle régulier des bulles publiées par des microblogueurs un peu partout aux États-Unis et dans le monde (Australie, Espagne, Mexique, etc.). Et chaque microblogueur est identifié et situé sur la carte.
Hier soir, ça a créé un dialogue entre internautes qui était beau à voir. Des partisans de tous les candidats en lice (les gros, McCain, Romney, Huckabee, Obama et Clinton) donnaient leur opinion sur l’état du vote dans leur région, dans d’autres États, ainsi de suite, sans jamais tomber dans le commentaire stupide et épais (comme on voit parfois dans certains forums sportifs, si j’ose dire).
Personnellement, si j’étais Bernard Derome (ou un cadre plus haut gradé à la SRC, à TVA ou ailleurs), je m’arrangerais pour reproduire une telle couverture dès la prochaine élection (qui s’en vient, selon les rumeurs). Parce qu’en ça, et la couverture des grands médias (ABC, CBS et PBS sont ceux que j’ai pu observer), il y a un monde!
C’est un peu l’autre extrême médiatique: au lieu de réunir un panel d’analystes qui peuvent dire si peu en trois minutes, et qui sont généralement confinés à un seul bureau régional (même les autres sites Web ont délégué des blogueurs, reproduisant la formule de la télé sans grande originalité, en fin de compte), Google laisse parler quiconque sur la planète estime avoir droit de parole (je soupçonne un filtrage des commentaires avant diffusion, faudra voir).
Bref, si je peux vous donner mon avis sur la question, je pense que c’est là une application réussie de tout ce qui définit Internet à l’heure actuelle: démocratisation des médias, instantanéité de l’information, interactivité, etc. Sans doute qu’à l’inverse, on peut aussi en ressortir des inconvénients (manque d’analyse, objectivité discutable, etc.).
Tout ça pour dire qu’en fin de compte, c’est l’originalité du média qui semble définir son succès. En nous resservant toujours la même recette, les grandes chaînes semblent à court de créativité. D’un autre côté, Internet offre de la nouveauté, bonne ou mauvaise. Et attire les curieux et les blasés. Google, pour un, l’a compris. Allez savoir, ça pourrait redonner le goût de la politique à certains…























