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Tristan Péloqin

Archives : Mai 2007

 

Jeudi 31 Mai 2007, 12h07

“Google espionne mon chat”

Je vous parlais hier de cette nouvelle fonction de Google Maps, “Street view“, qui permet de voir des images à 360 degrés des rues d’une dizaine de villes américaines. La technique est assez simple: Google s’est promené dans les rues avec un camion surmonté d’une caméra vidéo qui filme à 360 degrés. Le film a été segmenté et intégré aux cartes numériques.

Les résidents des villes concernées n’ont pas mis de temps à faire de la nouvelle fonction un passe-temps rappelant celui du personnage Marie-Lise Pilote, qui scrutait ses voisins avec des jumelles en disant: “eh que chus mechaaaaaante”.

Par exemple, un résident de San Francisco a vite fait d’aller voir les images autour des bars de danseuses, pour trouver celle-ci, légèrement compromettante pour le monsieur qui sort de l’établissement.

Ici, un monsieur entre dans un magasin de “livres pour adultes”.

Dans un genre plus inquiétant, il y a aussi cette autre résidente de San Francisco, Mary Kalin-Casey, qui trouve la fonction “Street View” un-peu-beaucoup instrusive. En enregistrant les images 360 degrés, Google a surpris son chat en train de ronronner devant la fenêtre de du salon.

“Je suis parfaitement favorable à la cartographie (de Google), mais cette nouvelle application me donne la trouille, a-t-elle écrit aux rédacteurs du blogue Boing Boing. J’ai l’impression qu’il faut maintenant que je ferme mes rideaux en tout temps. Je vais essayer de voir auprès de Google s’il est possible de retirer une photo sur Google Maps. En attendant, je suis contente de montrer aux lecteurs de Boing Boing cette photo d’intérêt illustrant une violation du droit à la vie privée.”

Heureusement, il y a aussi des découvertes d’un genre plus bizarre. Par exemple, cette curieuse manifestation trouvée dans le quartier Brookside, à New York. Un rayon laser ? E.T. qui téléphone à la maison (cliquez sur l’image et regardez de près, je vous jure, on dirait E.T.) ? Allez donc savoir.

Mise à jour: je suis, comment dire, flabergasté. À peine ce phénomène de “street viewing” était il né qu’un site dédié à cette activité a vu le jour: Streetviewr.com (remarquez le nom typiquement web 2.0, à la Flickr ou twttr…)

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Jeudi 31 Mai 2007, 10h12

Cyberguerre: le pare-feu canadien

Tandis que l’Otan enquête sur ce qui pourrait être la première cyberguerre déclenchée contre un État, on peut se demander si le Canada est prêt à faire face à une vague d’attaques semblables à celles essuyées par l’Estonie depuis la fin avril.

Imaginons trois semaines d’assaut à coups de réseaux gigantesques d’ordinateurs piratés contre les sites du gouvernement, des médias, des écoles et des banques. Notre pays branché pourra-t-il tenir le coup ? J’ai posé la question aux gens du Centre de la sécurité des télécommunications. La réponse: “notre mandat est d’aider le gouvernement à faire face à ce genre de menace. Mais nous ne pouvons révéler quelles sont nos stratégies. Allez voir notre site web.”

Désolé de ne pas pouvoir vous éclairer d’avantage. La réponse me laisse, moi aussi, un peu beaucoup sur ma faim.

Par contre, en fouillant ailleurs, je suis tombé sur cet excellent reportage de l’émission Frontline, de PBS, intitulé CyberWar. Frontline donne des détails sur une multitude d’attaques cybernétiques majeures essuyées par des sites stratégiques américains depuis la fin des années 90, dont la très classifiée opération Titan Rain, orchestrée depuis la Chine.

Un des intervenants clé du reportage est Richard Clarke, un ex-membre du U.S. National Security Council, qui a été un des premiers à tirer la sonnette d’alarme au sujet d’Oussama ben Laden et d’Al Quaeda avant le 11 septembre, sans trouver d’oreille attentive. Après l’effondrement des tours, il a pris conscience à quel point les infrastructures stratégiques américaines étaient vulnérables face aux attaques cybernétiques. Lui et d’autres ont prouvé que des dizaines de barrages, de centrales de raffinage et de réseaux électriques majeurs, entièrement contrôlés informatiquement par des systèmes SCADA (Supervisory Control and Data Acquisition, créés par Honeywell et Zynex), peuvent être perdus aux mains d’habiles hackers en moins de minutes. Ils ont aussi prouvé qu’il serait possible de faire planter tout le réseau Internet en s’attaquant à trois ou quatre noeuds du “backbone Internet“.

Et pourtant, le cyberscénario catastrophe annoncé par des types comme Richard Clarke ne s’est toujours pas produit aux États-Unis. Pas de “digital 9/11″, pas de “ePearl Harbour”, comme le disent les Américains. Pourquoi ? Selon José Fernandez, spécialiste de la sécurité informatique à l’École polytechnique de Montréal, il y a deux explications: d’abord, les terroristes ne peuvent pas fonctionner sans la Toile; “c’est leur principal outil de communication, d’information et de recrutement”, affirme-t-il.

L’autre explication: “Sur le plan symbolique, quel seraient les cibles de choix pour des cyberterroristes (ou des cybersoldats). Où est le World Trade Center du Web ?”, demande M. Fernandez.

Mais ça ne veut pas dire que le scénario catastrophe n’arrivera pas. Les Américains le savent bien. Dans son rapport annuel sur la Chine déposé devant le Congrès la semaine dernière, le département américain de la Défense insiste sur les risques que représentent l’arsenal informatique que possèderait la Chine pour mener une attaque cybernétique majeure. Le DoD parle d’un changement important (major shift) dans la stratégie militaire chinoise. Une première, dans un document semblable.

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Mercredi 30 Mai 2007, 6h14

Ottawa, moins plate que jamais

Grosse journée dans le petit univers de cartes satellites, où Google et Microsoft se livrent une dure bataille. Et franchement, on dirait que la concurrence pousse les deux géants à se surpasser.

La première salve d’applaudissement va à Microsoft, qui vient de lancer des versions 3D d’une dizaines de villes américaines sur son site Live Search. Et devinez quoi, notre capitale fédérale fait partie du lot. Oui, oui, Ottawa en 3D.

J’entends déjà les langues sales dire qu’ils n’y voient aucun intérêt, vu qu’il n’y a rien à faire à Ottawa. Mais je vous assure, se promener à vol d’oiseau au dessus du Parlement, du boulevard de la Confédération ou de la rue Sparks a quelque chose d’amusant. En tout cas, vous ne pourrez plus dire qu’Ottawa est une ville plate ! (merci à Lilu pour m’avoir gracieusement fourni ce calembour douteux. Je n’ai pas pu m’empêcher de l’intégrer à ce billet.)

L’autre bon coup vient de Google, qui a littéralement fait descendre l’application Google Maps au niveau de la rue. Dans plusieurs grandes villes comme New York, on peut obtenir une image panoramique de 360 degrés d’à peu près tous les coins de rues. Un petit tour dans le Bronx ?

En fait, cette option n’est pas une véritable nouveauté. Microsoft a damé le pion à Google avec une vue semblable du niveau de la rue il y a près d’un an.

Dans les deux cas, Microsoft et Google n’ont pas précisé quand les options 3D et “street view” seront disponibles pour d’autres villes.

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Tristan Péloquin

Depuis le jour où il s’est branché pour la première fois sur un babillard électronique, Tristan Péloquin est passionné par le cyberespace et les phénomènes sociaux qui s’y déroulent... Lire la suite »

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