Archives : Mars 2008
Lundi 31 Mars 2008, 10h16
Internet: Bell a tranché sans demander d’avis
Mon collègue Alain Brunet publie ce matin un article dans La Presse et Technaute au sujet de la neutralité des réseaux. Un sujet un peu heavy pour un lundi matin, j’en conviens, mais qui mérite sa part d’attention.
Pour vous résumer le débat, aux États-Unis, les fournisseurs d’accès et les géants du droit d’auteur (cinéma, musique, industrie du porno et bien d’autres) s’obstinent depuis quelques années sur la pertinence limiter la circulation de certains types d’infos sur le Net. Les contenus jugés moins prioritaires - ou, surtout, pour lesquels les utilisateurs n’auraient pas payé une prime monétaire - circuleraient moins vite que d’autres. En bon français: tout ce qui arrive via BitTorrent avance à pas de tortue. On appelle ça du “traffic shaping” ou du “throttling”.
En dépit des règles établies par la FCC (le CRTC américain), favorables à la neutralité, plusieurs fournisseurs américains contrôlent la circulation de contenus Peer-2-Peer. Les défenseurs du premier amendement de la Consistution, eux, grognent sans arrêt.
Au Canada, le débat ne s’est jamais vraiment fait. Du moins, pas dans l’arène politique, ni dans les hautes sphères du CRTC.
Et pourtant, sans demander l’avis de personne, les grands fournisseurs ont déjà fait leur lit. Bell, pour désengorger ses tuyaux, a par exemple commencé à limiter la circulation de contenus provenant de réseaux Peer-2-Peer pendant les heures de pointe. Un gros scandale dans le petit monde du net a éclaté la semaine dernière à ce sujet là. La raison: sans avertir quiconque, la vénérable entreprise montréalaise a AUSSI décidé de limiter la circulation de contenus Peer-2-Peer pour les clients abonnés à des petits fournisseurs d’accès internet indépendants (qui achètent de grosses quantités de bande passante à Bell et la revendent à leur clients, exactement comme le font les petits fournisseurs de service interurbains)
C’est le propriétaire d’un petit fournisseur du Canada anglais, Techsavvy Solutions, qui s’en est rendu compte après que ses clients aient essayé de télécharger, grâce à BitTorrent, l’émission Canada’s Next Great Prime Minister. Deux heures et demie pour downloader le truc minuscule. Une épreuve longue et pénible. Et pourtant, pas de piratage là. La télé d’État a elle-même décidé de diffuser l’émission via BitTorrent dans le cadre d’un projet pilote.
Le National Union of Public and General Employees, un gros syndicat de 340 000 membres, a officiellement porté plainte contre Bell au CRTC.
L’histoire a aussitôt été reprise par Slashdot, Ars Technica, The Register, Digg et plein d’autres sites anglophones extrêmement influents en matière de technologies.
Branchez-vous ! et l’ami Michel Dumais en ont aussi fait des articles. Mais dans les médias “main stream” on en a très, très peu parlé (à ma défense, j’étais dans les boîtes de déménagement et la peinture…)
Pendant ce temps-là, Rogers et Telus appliquent aussi certaines formes de contrôle du Web.
Personne ne râle. Tout le monde s’en balance. Sujet trop compliqué, et pas juste pour un lundi matin.
Si vous voulez mon avis, ça regarde mal.
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Jeudi 27 Mars 2008, 23h03
La Nintendo Wii pour désarmer des bombes (des vraies)
Les jeux vidéo on la cote sur les champs de bataille. Il y a un an, Gizmodo nous apprenait que les soldats américains se servent de manettes de Xbox 360 pour contrôler des drônes en terrain risqué.
Un gros succès, semble-t-il. Tellement, que deux ingénieurs du laboratoire du US Department of Energy, à Idaho Falls, ont poussé le concept encore plus loin. Ils ont modifié une Wiimote, la manette sensible au mouvement de la Nintendo Wii, pour contrôler le PackBot, un robot militaire multitâche fabriqué à Burlington. Les ingénieurs ont même bidouillé la Wiimote pour qu’elle se mette à vibrer, comme dans un VRAI jeu vidéo, quand les capteurs du robot tombent sur quelque chose d’intéressant.
“La Wiimote est beaucoup plus intuitive (qu’une manette de Xbox) parce qu’elle traduit le mouvement de la main plus fidèlement au robot”, lit-ont dans cet article du New Scientist.

Pour l’instant, le dispositif ne fonctionne (à l’essai) que pour des drônes “pacifiques”. On sait, par contre, qu’il existe une version d’assaut du PackBot, équipée d’une mitraillette de haut calibre. Mais l’armée assure qu’elle ne s’en sert pas encore sur le terrain. Et, rassurez-vous, car de toute façon, les soldats ne manipuleront peut-être pas longtemps ces jouets de guerre. Non, l’armée préfère munir ses bidules de leur propre “intelligence décisionnelle“, nous apprend le New Scientist.
Cou-donc, y’ont jamais vu Robocop, eux ?
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Mardi 25 Mars 2008, 22h37
Le “cerveau de Bush” largue son BlackBerry

Elle est bien bonne celle-là. Vous vous souvenez de Karl Rove, celui qu’on surnommait à Washington le “cerveau de Bush”.
Avant d’être forcé de démissionner dans la disgrâce dans la foulée de l’affaire Valerie Plame, il était considéré comme un redoutable organisateur politique. Son secret: depuis les élections de 2000, son “War Room de poche” - son inséparable BlackBerry - ne le quittait pas d’une semelle.
En 2002, le Time avait écrit ce long article sur ce “Boy Genius”
“Pendant les réunions, même celles en présence du Président, Rove maniait constamment la roulette de son BlackBerry et écrivait frénétiquement des textes sur son petit clavier. “Parfois, on allait même jusqu’à se parler de vive voix et s’envoyer des courriels par BlackBerry en même temps”, indique un collègue.”
Rove a aussi été mêlé à un important scandale lié à son utilisation du BlackBerry. On le soupçonne de s’en être servi pour dissimuler des centaines de courriels gênants pour l’administration Bush.
Or, surprise ! Monsieur-BlackBerry-en-personne, celui à qui certains vont même jusqu’à créditer la paternité de l’utilisation de bidules de Research in Motion dans les cercles politiques, admet dans cet article ne plus pouvoir se séparer de… son iPhone. Fini le BlackBerry. Poubelles. Il est maintenant en amour avec son téléphone Apple:
“Je l’adore. Ma vie a changé. Je suis mainenant cool. J’ai le nom de 3500 personnes dans le carnet d’adresses de mon téléphone, et je peux synchroniser mon calendrier. Je peux même suivre le cours de mes modestes investissements en bourse(…)”, dit-il (Arf!).
“C’est juste fou à quel point je suis plus productif (…) c’est un bidule remarquable.”
Rove va même jusqu’à faire l’éloge de son nouveau MacBook Air, qu’il trouve totalement “cool”.
On s’entend. Ce n’est pas le genre de déclaration qui va faire exploser les actions d’Apple. Mais si j’étais boss chez Research in Motion, je commencerais à m’inquiéter. Parce que si même l’élite politique est rendue à quitter le bateau…
Tristan Péloquin
Depuis le jour où il s’est branché pour la première fois sur un babillard électronique, Tristan Péloquin est passionné par le cyberespace et les phénomènes sociaux qui s’y déroulent... Lire la suite »
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