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Tristan Péloqin

Archives : Mars 2009

 

Mardi 31 Mars 2009, 16h09

Adieu Encarta ! Bonne chance Britannica

encarta1.JPGÇa y est. Wikipédia a fini par tuer l’encyclopédie en ligne Encarta, produite par Microsoft. Avec 1,27% du marché des encyclopédies en ligne, contre 97% pour Wikipédia, ce n’était qu’une question de temps.

Les yeux se tournent maintenant vers la vénérable Encyclopedia Britannica, publiée depuis 241 ans et salement malmenée par le « modèle collaboratif » proposé par Wikipdéia.

Dans la tourmente, les éditeurs de Britannica ont annoncé en janvier d’importants changements à la version en ligne de leur encyclopédie. Dès cet été, de simples lecteurs pourront éditer des articles, exactement comme sur Wikipédia, mais à la différence près que chaque modification devra au préalable être approuvée par les gens de Britannica. L’encyclopédie promet aux collaborateurs un temps de réponse de 20 minutes (ce qui, avouons-le, est plus rapide que le système d’approbation des commentaires en vigueur sur ce blogue !). Admettons qu’ils y arrivent, les éditeurs de Britannica élimineraient ainsi le principal désavantage des encyclopédies payantes face à Wikipédia : l’inévitable vétusté des articles dès la seconde où ils sont publiés.

Selon cet article du Boston Globe, Britannica se contentera cependant de maintenir sa base de 112 000 articles, contre 2,7 millions pour Wikipédia (en anglais). Les articles sur les pornstars et les vedettes instantanées, Britannica les laissera à Wikipédia.

Est-ce que ce sera suffisant pour sauver l’encyclopédie de sa mort annoncée ? Peut-être. Après tout, il y aura toujours de gens qui auront besoin de baser leurs travaux sur des sources crédibles, compétentes et avisées.

Mais si ça ne marche pas, s’il n’y a pas à travers le monde une masse critique de personnes prêtes à payer 0,15$ par jour pour avoir accès à du contenu vérifié et fraichement mis à jour, le travailleur de l’information que je suis pourra vraiment commencer à s’inquiéter pour son avenir.

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Lundi 30 Mars 2009, 7h47

Microsoft devra divulguer ses contrats avec l’État

11359460.jpgUn petit scoop est venu à mes oreilles ce week-end. La Cour supérieure du Québec a ordonné à la Régie des rentes du Québec de communiquer à Savoir-Faire Linux les modalités des contrats qu’elle a signés sans appel d’offres avec Microsoft.

C’est une histoire qu’avait couvert mon collègue Denis Lessard il y a quelques mois, et qui survient alors qu’on apprend que le ministère de l’Éducation vient d’attribuer à Microsoft un contrat de 1,32 million de dollars sans appel d’offres.

En mars 2008, Savoir-Faire Linux, une entreprise montréalaise spécialisée dans l’implantation de logiciels libres en entreprise, a poursuivi la Régie des rentes après que celle-ci eut accordé à Microsoft un important contrat sans appel d’offres pour le renouvellement des systèmes d’exploitation de son parc informatique.

Lasse d’être ainsi écartée du marché, Savoir-Faire Linux a décidé de s’attaquer à cette façon de faire, qui est si commune au sein de l’État lorsqu’il est question d’acheter des logiciels. Savoir-Faire Linux prétend que les processus d’attribution des contrats à Microsoft s’est fait sans “recherches sérieuses et documentées” de solutions alternatives, tel que le dicte le Règlement sur les contrats d’approvisionnement de l’État.

Lors des interrogatoires devant le tribunal, Savoir-Faire Linux a demandé à ce que le contrat entre Microsoft et la Régie des rentes lui soit révélé, dans le but d’identifier les signataires du document et “les modalités convenues en regard de la décision de procéder sans appel d’offres.”

Les procureurs de Microsoft et du Centre des services partagés, la branche de l’État québécois qui fournit aux fonctionnaires les outils et services dont ils ont besoin pour accomplir leur tâche, se sont objectés à ce que les contrats soient dévoilés. Les avocats ont affirmé que ces contrats n’étaient, d’une part, pas pertinents à la poursuite, et d’autre part, qu’ils contiennent des informations commerciales strictement confidentielles.

Or, dans sa défense, le Centre des services partagés a affirmé que les contrats en question ont été automatiquement octroyés à Microsoft - sans appel d’offres - parce qu’il s’agit de “contrats ouverts” dont le prolongement est en quelque sorte automatique. Le juge Claude Bouchard, dans sa décision du 12 mars dernier, estime que cet argument rend légitime la demande de Savoir-Faire Linux de voir les contrats. “Cette vérification doit pouvoir être effectuée, sans que l’on doive pour autant communiquer l’entièreté de ces contrats ouverts”, écrit le juge.

“Le Tribunal estime qu’il y a lieu d’autoriser la communication des contrats ouverts à Savoir-Fraire Linux en ne donnant accès toutefois qu’aux informations nécessaires pour lui permettre d’identifier les parties à celui-ci et ses signataires, la nature du contrat et son objet, et en oblitérant les informations commerciales confidentielles propres à l’entreprise Microsoft Licensing General Partnership, ou tout autre renseignement de nature confidentielle”.

Pour l’instant, Savoir-Faire Linux n’a toujours pas eu accès au contrat. J’ai bien hâte d’en entendre des échos. C’est une histoire à suivre.

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Jeudi 26 Mars 2009, 11h37

Pas de bonis pour les milliardaires de Google


google-time-cover.jpg
Alors qu’on apprend que le nouveau président de la Caisse de dépôt, Michael Sabia,  bénéficiera après seulement cinq ans de service d’une rente à vie de 235 000 $ par année, et alors que les Américains n’en finissent plus de sacrer contre les dirigeants d’AIG qui se sont donné pour 220 millions de bonus en pleine débâcle financière, CNet nous apprend que le triumvirat à la tête de Google ne s’est donné ni salaire ni bonis en 2008.

Autre fait intéressant : en 2008, Google a décidé que les compensations à base d’actions octroyées au hauts dirigeants en 2007 « ont été suffisantes pour nous aider à atteindre nos objectifs d’affaires et de rétention de nos employés jusqu’en 2008 », relève Cnet.

Par conséquent, aucune nouvelle compensation par action n’a été octroyée aux hauts dirigeants, sauf à un cadre nouvellement embauché : le Québécois Patrick Pichette, un ancien président à l’exploitation de Bell devenu VP aux finances chez Google en 2007.

Bon, O.K., on est tous d’accord. Les milliardaires de Google n’ont pas vraiment besoin d’un salaire ni de bonis. Ils peuvent largement vivre de leurs actions et même de conférences qu’ils donnent à gauche et à droite. Reste que c’est rafraîchissant de voir ce genre d’attitude alors que le tout Wall Street s’acharne à répéter que sans des salaires mirobolants, il est impossible de garder dans son giron les meilleurs dirigeants. Google répond en disant que c’est de la foutaise. Si vous voulez travailler chez nous, c’est pour le défi et pour le prestige. Vous ferez du gros fric, mais pas démesurément.

À ce titre, je vous invite d’ailleurs à écouter l’excellent podcast de 60 minutes, durant lequel le président Obama fait la leçon aux banquiers de Wall Street: «Je crois au marché. Je crois à l’innovation. Et je crois dans le succès, souligne le président. Je souhaite voir (les banquiers de Wall Street) réussir. Me je constate aussi que le secteur financier est complètement ”débalancé”. Il y a 20 ans ou 25 ans, une personne qui travaillait dans le secteur financier gagnait 20 fois ce qu’un enseignant fait dans une année. Pas 200 fois son salaire. »   

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Tristan Péloquin

Depuis le jour où il s’est branché pour la première fois sur un babillard électronique, Tristan Péloquin est passionné par le cyberespace et les phénomènes sociaux qui s’y déroulent... Lire la suite »

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