Le Grand Parleur

Mardi 7 février 2012 | Mise en ligne à 17h26 | Commenter Commentaires (33)

Les preneuses d’otage

Image 2

Il se fait du bien mauvais syndicalisme dans les Centres de la petite enfance. Du syndicalisme de dinosaure, comme on en voit malheureusement trop souvent dans le secteur de la fonction publique.

C’est facile, remarquez bien, de décider de ne pas entrer au travail une journée donnée parce qu’on pense que ça va mettre de la pression sur le patron. C’est facile parce qu’il n’y a aucune véritable conséquence à agir de la sorte. Personne ne va perdre son emploi, personne ne sera suspendu. C’est la beauté de travailler dans le secteur public ; personne n’assume ses décisions et ses gestes.

Imaginez une grève d’une journée dans une entreprise privée. La direction ne se poserait pas 36 questions. Bang ! Elle décréterait un lock-out et les grévistes d’un jour se retrouveraient soudainement sans revenus.

On comprend l’entreprise privée de réagir de la sorte. Elle a des obligations envers ses clients. Elle ne peut se permettre des retards dans sa production ou dans ses livraisons. Elle ne peut pas se permettre non plus de céder aux pressions sans tenir compte de sa capacité d’accéder aux demandes de ses employés. Donc, elle va tenter de s’organiser sans ses employés syndiqués le temps de trouver un terrain d’entente avec eux pour renouveler leur convention collective.

Ça, c’est la réalité du monde économique dans lequel nous vivons.

Mais il existe un monde parallèle à celui de la vraie vie : la fonction publique. Dans ce monde, l’Employeur (comprendre le gouvernement) ne peut fermer boutique parce que ses travailleurs décident de ne pas entrer au travail pendant une journée. La machine, quoi qu’il arrive, doit continuer à opérer. Les syndiquées des CPE le savent et en tirent avantage. Ça explique le «courage» qu’elles ont eu de débrayer lundi et celui qu’elles auront vendredi de faire de même. Zéro conséquence pour elles.

On s’étonne d’entendre des éducatrices de CPE affirmer que les parents appuient leur démarche. Mais qu’appuient-ils au juste ? Ils appuient leurs revendications pour obtenir de meilleurs salaires, de meilleures conditions de travail — elles le méritent sûrement, entendons-nous bien. Toutefois, on doute fortement que les parents appuient leur décision de recourir à des journées de grève.

Parce que pour les parents, les grèves dans les CPE sont de véritables casse-têtes de planification : il faut trouver une gardienne pour les marmots ou demander à belle-maman de venir à la maison ou appeler le patron pour lui dire qu’on n’entrera pas au boulot ou qu’on va travailler de la maison (pour ceux qui en ont la possibilité, on s’entend).

Quand on regarde tout ça, on en vient à conclure que les éducatrices mènent leur combat sur le dos des parents — c’est assez ironique, quand on y pense, du fait que plusieurs parents sont loin de bénéficier des avantages et des salaires des éducatrices. En ce sens, elles les prennent en otages.

Le pire, c’est que les négociations dans les CPE progressent, reconnaissent les leaders syndicaux. Très lentement, c’est vrai, mais tout de même elles progressent. Quelle est la pertinence des grèves sporadiques, alors ?

Dans le secteur privé, les syndicats utilisent la grève de 24 heures lorsque les négociations achoppent sur toutes sortes de choses ou quand l’employeur demande des concessions majeures. Dans de tels cas, quand les syndiqués sortent sur le trottoir pour une grève d’une journée, c’est un peu un geste de désespoir. C’est l’équivalent d’une petite bombe atomique dans l’échelle des moyens de pression.

Les éducatrices en sont-elles rendues là ?

Utiliser des grèves de 24 heures à ce stade-ci des négociations, c’est banaliser ce moyen de pression. C’est rendu aussi banal pour les éducatrices de CPE de recourir à de telles grèves que pour des syndiqués du secteur privé de porter des macarons aux couleurs de leur syndicat.

Cette folie nous démontre que les éducatrices des CPE oublient la notion de services publics et que leurs clients sont des parents. Jamais une entreprise privée ne traiterait ses clients de la sorte. Impensable. C’est l’effet pervers d’étatiser un service collectif aussi important.

Cette stratégie de négociation ne fait qu’alimenter la mauvaise perception de la population à l’égard des syndicats. C’est du syndicalisme de l’âge de pierre.

Suivez-moi sur twitter: @Grand_parleur

Lire les commentaires (33)  |  Commenter cet article

 

Vendredi 3 février 2012 | Mise en ligne à 13h17 | Commenter Commentaires (4)

Darth Vader et VW récidivent

Vous vous rappelez de cette incroyable publicité où on voit un jeune Darth Vader pratiquer ses pouvoirs dans une publicité pour la Volkswagen Passat? L’entreprise allemande revient à la charge avec une suite qu’on pourra voir lors du Super Bowl dimanche. Superbe pub!

Pour ceux qui ne se rappelle pas de la première pub:

Suivez-moi sur twitter: @Grand_parleur

Lire les commentaires (4)  |  Commenter cet article

 

Jeudi 2 février 2012 | Mise en ligne à 20h54 | Commenter Commentaires (9)

Payer équitablement

Image 4

La Ville de Waterloo innove en matière de taxation municipale. Dorénavant, elle taxera directement ses contribuables pour les services de la Sûreté du Québec et des incendies. L’approche n’est pas vraiment nouvelle. La Ville procède déjà de cette façon, tout comme la très grande majorité des municipalités au Québec, avec ses services d’aqueduc, des égouts, des ordures et du recyclage.

En entrevue à La Voix de l’Est au moment du dépôt du budget avant les Fêtes, le maire Pascal Russell a expliqué que cette formule de calcul est plus équitable pour partager les coûts de ces services entre les citoyens.

Dans les prochaines semaines, les propriétaires de maison recevront un compte de taxes où on leur facturera 118 $ pour le service des incendies et 119 $ pour celui de la SQ. La facture sera plus élevée pour les propriétaires de duplex, de triplex et des autres édifices à logements puisqu’ils devront multiplier ces taxes de services par le nombre de leurs logements.

Parallèlement à cette décision, le conseil a abaissé son taux de taxation de 20 ¢, le faisant passer de 1,10 $ à 90 ¢ par 100 $ d’évaluation.

L’idée des membres du conseil est la suivante : parce que les policiers et les pompiers sont plus susceptibles d’intervenir dans des édifices à logements que dans des maisons unifamiliales, les propriétaires de ces habitations devraient payer plus. Les élus sont même allés plus loin dans leur raisonnement en ajoutant un facteur de risques sur les services de sécurité publique (police et incendie). Ainsi, plus les édifices comptent de logements, plus le taux de ces taxes spéciales sera élevé. Par exemple, le propriétaire d’un édifice de six logements paiera 50 % de plus par porte.

Les commerces paieront également sur cette base. Toutefois, les commerces où les policiers doivent se rendre plus souvent en raison de leurs affaires, comme les bars, discothèque et institutions financières, seront aussi taxés à partir des risques qu’ils représentent.

On calcule que les maisons évaluées à 150 000 $ — la valeur moyenne à Waterloo, — et plus bénéficieront d’une réduction de leur compte de taxes. Elle sera d’environ 15 $ pour les maisons valant 150 000 $ et de 275 $ pour les maisons de 275 000 $. Plus la valeur de la maison est élevée, plus la réduction du compte de taxes le sera. À l’inverse, les propriétaires de maisons de 125 000 $ verront leur compte de taxes augmenter de 32 $. Les maisons dont la valeur est moindre devront débourser plus et ainsi de suite.

Cette initiative de la Ville de Waterloo est très intéressante. Dans cette ère où le principe de l’utilisateur payeur gagne du terrain dans le monde municipal, elle permet en effet de mieux répartir les coûts de ces deux services (382 000 $ pour la SQ et 304 000 $ pour le service des incendies).

Mais peut-on vraiment parler d’équité ?

La conséquence directe de cette nouvelle façon de faire est que plusieurs propriétaires peu fortunés verront leur compte de taxes augmenter. Les locataires risquent aussi d’être touchés par la mesure puisqu’on peut parier que leur propriétaire augmentera leur loyer en plaidant ces nouvelles taxes de services. De gros soucis pour des gens qui ne roulent pas sur l’or.

Dans une ville comme Waterloo, qui n’a rien de la richesse foncière de sa voisine, Lac-Brome, on peut certainement se demander si la formule retenue est la meilleure. Le conseil aurait-il pu ajouter un système de taxation mixte, basé sur la valeur foncière et les coûts de ces services ?

On notera aussi qu’en taxant de cette façon les contribuables pour les services de la police et des incendies, la Ville de Waterloo modifie artificiellement en quelque sorte son taux de taxation. C’est un gros plus pour la Ville parce que ça lui permet de se rapprocher des taux de taxation en vigueur dans les municipalités des alentours…

La concurrence est vive pour attirer de nouveaux résidants. Surtout que ceux-ci considèrent le taux de taxation avant de choisir la ville où ils s’installeront.

photo La Presse

Lire les commentaires (9)  |  Commenter cet article

 

publicité

  • Catégories

  • Blogues sur Cyberpresse

  • Calendrier

    mars 2011
    L Ma Me J V S D
    « fév   avr »
     123456
    78910111213
    14151617181920
    21222324252627
    28293031  
  • Archives

  • publicité